Qui est derrière le projet du nouveau pont de l'Île-d'Orléans?

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cgelinas
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Le pont de l’Île-d’Orleans sera construit au coût (que je considère) excessif de 2,8 milliards (ou plus, beaucoup plus) pour desservir une population de 7000 habitants.

https://www.quebec.ca/transports/infras ... le-orleans

Construire un pont à hauban n’était nullement nécessaire alors qu'on sait tous que les navires de commerce n’utilisent plus le Chenal Nord de l’Île-d'Orléans.

De ce que j'en sais, ce sont presqu'exclusivement des remorqueurs qui empruntent ce chenal pour se rendre à leur chantier de l’île-aux-Coudres.

On peut aussi penser au Louis-Jolliet de Croisières AML qui voudrait montrer les Chutes Momontrency de proche ainsi que quelques bateaux de plaisance qui l’utilisent parfois pour raccourcir leur route au lieu de l'usuel Chenal Sud (le chenal commercial).

Autrement dit, la construction d'un coûteux pont à hauban m'apparaît être un choix qui n'a pas été correctement justifié au public.

Au fil des informations qui ont filtré jusqu'au grand public, on peut retenir que le constructeur veut livrer une infrastructure qui est réputée respecter les plus hautes normes environnementales de la région tout en érigeant un pont qui sera, selon certains "experts", plus "facile à entretenir" tout au long de sa durée utile, sur plusieurs décennies.

Une jetée (fabuleusement moins chère) avec un petit pont au milieu n'aurait-il pas pu être un meilleur choix? Surtout que pour cette version, il aurait pu être immensément plus facile d'avoir 4 ou 6 voies (avec les voies d'arrêt d'urgence et même des haltes pour regarder le fleuve et la ville).

Enfin bref, des choix ont été faits mais c'est comme si le grand public, payeur de cette coûteuse infrastructure, se fait mettre devant un (autre) fait accompli, décidé derrière des portes closes.

Est-ce qu'on parle des tabliers (nécessaires et ultra-dispendieux pour un pont à hauban) qui devraient être fabriqués... au Portugal? Et oui, on demeure prudents avec cette information mais le plan rapporté publiquement l'annonce sans toutefois confirmer, officiellement, le fabricant, le contrat et la production effective — expliquez-moi comment un projet de 2,8MM$ peut être engagé sans connaître ces "détails"?

Pour rénover une cuisine, il faut un permis de la ville et là, pour un pont de 2,8MM$, rien n'est confirmé. Ça sent l'improvisation.

Et l'incident...

Oui, cet incident qui s’est produit le 30 août 2026 et qui explique la suspension partielle du chantier depuis plus d’une semaine. J'en parle ici:

viewtopic.php?t=7015

Dans une nouvelle rapportée par Radio-Canada, à propos de l’infiltration du batardeau no 9, Nicolas Vigneault, porte-parole du MTMD ne donnent pas le nom du directeur de projet du consortium ni celui du responsable de ce lot.

Mystère!

Et pourtant, il aurait été opportun de rappeler que même si le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) est le donneur d’ouvrage, c'est Tarik Chouqi qui est directeur du projet pour le Groupe Héritage Île-d’Orléans.

https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-conte ... 024-04.pdf

Quelqu'un d'autre se demande quelle est la responsabilité de Tariq Chouqi dans l'incident concernant les travaux à l’intérieur du batardeau qui, rappelons-le, demeurent suspendus en attendant les analyses et l’autorisation de reprise de la CNESST?

Via son profil LinkedIn, on apprend que Tarik Chouqi serait vice-président des opérations pour le Québec pour FlatironDragados en plus d'avoir été directeur de projet pour Dragados Canada inc. d'avril 2022 à novembre 2024 et depuis juin 2025, il est directeur du projet du nouveau pont de l’Île-d’Orléans pour le Groupe Héritage Île-d’Orléans, consortium EBC–Dragados Canada.

https://www.linkedin.com/in/tarik-chouqi-53886a5/

Autrement dit, il en mène large.

Mais là, on assiste à une sorte de silence-radio, de sa part et je n'ai trouvé, au moment de publier ceci, aucune sortie publique de Tariq Chouqi à propos de l'incident, ce qui m'apparaît préoccupant.

Pourquoi ne prend-t-il pas la peine d'expliquer publiquement ce qui s'est passé, au moment de l'incident?

Aussi...

Qui sont les "tenants" de ce consortium nommé "Groupe Héritage Île-d’Orléans S.E.N.C.", exactement?

Et bien, c'est une société en nom collectif est formée de Dragados Canada inc. et d’EBC inc. Ces 2 entreprises en sont donc les partenaires dans le cadre spécifique du contrat de conception-construction du nouveau pont.

Le Consortium, dans ce cas-ci, fait donc office de véhicule contractuel commun.

Intéressons-nous d'abord à Dragados Canada inc.

C'est la filiale canadienne de Dragados qui fait partie du groupe espagnol ACS (Actividades de Construcción y Servicios).

Depuis l’intégration nord-américaine (annoncée en 2024), les activités de Dragados North America et de Flatiron sont regroupées sous la bannière Flatiron Dragados et les actionnaires sont ACS Group d'Espagne à 61,8% et HOCHTIEF d'Allemagne à 38,2%.

0% Québécois.

ACS est donc une société espagnole cotée en Bourse ce qui signifie que son capital est réparti entre des actionnaires plutôt qu’entre les mains d’un seul propriétaire.

Parmi ces actionnaires, on retrouve:

-- Florentino Pérez Rodríguez, via Rosán Inversiones à 15,02%;

-- Fundación Bancaria “la Caixa” / CriteriaCaixa à 10,65%;

-- BlackRock pour environ 5,06%; et

-- Alberto Cortina de Alcocer à 4,68%.

Et plusieurs autres plus petits détenteurs d'actions.

Mais oui, BlackRock fait partie de ceux qui vont capitaliser sur la construction du pont de l'Île-d'Orléans.

Selon MarketScreener, près de 65% des actionnaires d'ACS seraient "inconnus". La belle affaire, pas vrai? Pour la "transparence", telle que celle qu'avait annoncée la CAQ, on repassera. On devrait, en principe, savoir vers les poches de qui nos fonds publics sont déboursés, non?

https://uk.marketscreener.com/quote/sto ... reholders/

Et pour EBC (anciennement "anciennement Entreprises Bon Conseil"), là, c'est davantage Québécois. EBC a été fondée en 1968 par les frères Fernand Houle et Germain Houle et elle est toujours décrite par l’entreprise comme une "société familiale" avec Marie-Claude Houle, Martin Houle et François Houle.

Aussi, en novembre 2022, deux institutions sont devenues actionnaires minoritaires d’EBC, à la suite d’investissements de 20M$ chacun, soit le Fonds de solidarité FTQ et Investissement Québec.

Il y a aussi Canam Ponts (une division de Groupe Canam, qui est une entreprise privée détenue par la famille Dutil) qui a obtenu le contrat de fabrication des batardeaux, selon l’article du Soleil publié en juin 2025.

Rappelons qu'en 2020, la famille Dutil a rapatrié le contrôle des activités canadiennes avec la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) et le Fonds de solidarité FTQ qui détiennent désormais des parts égales des activités canadiennes du groupe, incluant les usines de Canam Ponts.

Notons également Bauer Foundations Canada (basée à Calgary mais appartenant au BAUER Group d'Allemagne) qui réalise les opérations de forage complexe associées aux pieux et aux fondations profondes.

Et ce n'est pas tout, il y a ceux qui ont conçu ce pont.

Soit TYLin (anciennement anciennement T.Y. Lin International) qui appartient au groupe Sidara, un groupe privé international de services de conception et d’ingénierie et AtkinsRéalis (anciennement SNC-Lavalin) qui est une société canadienne cotée en Bourse.

Sidara (anciennement Dar Group et aujourd'hui détenue à 100% par les associés actifs du groupe) a acquis T.Y. Lin International en 1989 puis le groupe s’est rebaptisé Sidara, en 2023 et rassemble notamment les marques Dar, Perkins&Will et TYLin, basée à San Francisco, en Californie.

Le groupe Sidara (fondé par le Jordanien Kamal A. Al-Shair et dirigé par son fils Talal K. Shair) est organisé comme un partenariat global enregistré au Dubai International Financial Centre, avec une présence opérationnelle importante à Londres.

Donc...

Dans le projet du nouveau pont de l’Île-d’Orléans, TYLin et AtkinsRéalis interviennent comme firmes de conception et d’ingénierie, tandis que le consortium Groupe Héritage Île-d’Orléans — EBC et Dragados Canada — détient le contrat de conception-construction. Leur participation au projet ne veut donc pas dire qu’elles possèdent le consortium ou qu’elles sont propriétaires du chantier bien qu'elles y jouent un rôle central.

Je ne sais pas combien de Québécois comprennent la structure via laquelle des milliards de fonds publics sont engagés pour cette infrastructure.

Ceci dit, au sens large, en marge de l'incident, je déplore le manque de transparence, d'une part, les choix techniques qui engendrent des coûts pharaoniques, de l'autre et plus que tout, l'occasion manquée de créer, de toute pièce, des filières d'expertises locales qu'on pourrait ensuite exporter, comme le font nos actuels fournisseurs d'Espagne, des États-Unis, de l'Alberta et du Portugal (pour ne nommer qu'eux).

La CAQ joue gros dans cette élection et si l'on se fie au projet du nouveau pont de l'Île-d'Orléans, avec des boulons rouillés qui n'ont JAMAIS été correctement entretenus, sur l'ancien pont, plusieurs s'interrogent sur leur capacité à défendre les intérêts des Québécois.

Là, on a l'impression de devenir un autre pion des mouvances mondialistes (d'endettement perpétuel intentionnel) où, justement, par exemple, Christine Fréchette avait fait parler d’elle à l’occasion de sa mission au Forum économique mondial (FEM) de Davos, en Suisse, en janvier 2025.

Rappelons qu'à ce moment, Christine Fréchette était ministre québécoise de l’Économie et elle y est notamment allée dans un contexte de crainte de nouveaux droits de douane américains, afin de promouvoir le Québec et de chercher des débouchés et partenaires commerciaux alternatifs en Europe.

On s'entend qu'à part exporter nos fonds publics vers les poches profondes de fournisseurs étrangers, la CAQ a (visiblement) très mal joué les cartes (pourtant initialement favorables) des Québécois et aujourd'hui, on subit de plein fouet les effets des droits de douane et malgré ça, Christine Fréchette reste "docile" et "solidaire" des décisions pro-mondialistes de Mark Carney.

Où les Québécois gagnent-ils, dans ça?

Décidément, quand on y regarde de plus près, le projet du pont de l'Île-d'Orléans nous permet de mieux prendre le pouls des conséquences des décisions politico-économiques qui sont prises derrière des voiles de non-transparence, aux frais et aux dépens des Québécois.

Sans dire que tout est négatif, dans un contexte économique difficile, il semble y avoir des choix qui auraient pu être mieux pensés et exécutés mais bon, ce qui a cours dépasse le pont, à proprement parler mais en même temps, un pont aussi dispendieux ne peut pas faire autrement que de nous offrir de nombreux indices à propos de notre capacité à être "Maîtres chez nous".



Source: Ma publication, dans Substack, VK, Twitter et Facebook



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