Les dangers de trop dire "oui" facilement et l'impératif d'apprendre à dire "non"

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cgelinas
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Soyons conscients de notre valeur.

Pour chaque fois où nous répondons "oui", d'une manière ou d'une autre, nous venons (presque toujours) de dire "non", à... autre chose.

En prenant conscience de notre valeur, chaque "oui" passe par un filtre de raison, de retenue et sens commun, sans oublier notre jeu unique de préférences personnelles (ou collectives, selon la nature du choix à propos duquel notre réponse fait l'objet d'une sollicitation, explicite ou indirecte).

Et il y a le niveau second à considérer, aussi, à savoir que derrière chaque "oui" peut se dessiner un schème qui pourrait influer sur des tiers.

Au fil du temps, un "oui" au singulier peut devenir une sorte de normalisation du "oui" pour un ou plusieurs contextes.

Et à force de dire "oui", quiconque reçoit cette approbation et les autres dans le même sens pourrait, au fil du temps ou des événements, finir par prendre ceux-ci pour acquis. Comme la normale sur laquelle asseoir d'autres demandes, qu'importe le danger de déséquilibres incombant au consentiste (un peu trop systémique et rapide-sur-le-"oui").

Nous sommes responsables de notre gouverne.

Chaque "oui" ou "non" devient un bloc stratégique (ou éventuellement stratégique) dans l'édifice de nos valeurs.

Trop de "oui" non-désirés peut mener à la ruine psychologique, physique, professionnelle, amoureuse, sociale ou autre. Ou parfois, c'est l'inverse et la liesse de "oui" se transforme en félicité. Certaines doctrines vont d'ailleurs en ce sens mais dans un monde de sursollicitation, cette approche pourrait s'avérer toxique pour quiconque n'y prend pas garde (de se protéger plutôt que de vouloir "acheter la paix" par des consentements-à-la-volée).

Ce qui nous amène à la logique du "non".

Un mot de 3 lettres qui peut nous éviter des rivières de regrets.

Je suis certain que vous avez des exemples qui vous viennent en tête de moments ou, au lieu de dire "oui", presque machinalement, vous auriez dû écouter votre voix intérieure, votre intuition et vos ressentis du moment et dire... "non".

Ce n'est pas pour contrarier ou indisposer mais pour protéger ce jardin intérieur et écosystémique, tout autour de vous qui prend de l'énergie, du temps, de l'intention et de la conscience (voire de l'amour) à faire croître et prospérer.

Je parle ici de notre choix d'exister pour se réaliser pleinement.

Et non de se contenter de se faire l'outil des volontés d'autrui qui, soyons francs, profitent et abusent de ce flots de "oui" qui ne font qu'ouvrir la porte à la prochaine demande qui va, une fois de plus, nous éloigner de notre proverbiale force vive-propre (et ce qui l'engendre, comme le repos, l'absence de stress indu, l'exercice, les relations positives et enrichissantes et bien sûr, l'excellence, sous toutes ses formes, au jour-le-jour).

Vous ne vous sentez pas d'attaque? Dites "non".

Vous avez besoin de temps, pour vous? Dites "non".

Vous sentez que c'est toxique? Dites "non".

Dire "non" est peut-être l'un des plus grands cadeaux que nous puissions nous faire, aussi bien à nous qu'à tous ceux qui comptent sur nous pour user de notre meilleur jugement.

Reprendre son pouvoir, c'est comme aller au gym, il faut s'entrainer à exister à ses propres yeux. Exister si fort qu'on comprend notre valeur. À un tel point qu'on se sait sur notre X quand on dit "oui" ou qu'on dit "non", du moment que c'est bel et bien ce qui vibre le plus fort, en nous.

Et dans le doute, on s'abstient.

Le doute est un mécanisme de défense, il ne faut pas auto-neutraliser ce rempart contre l'impulsivité. Notre réflexion a parfois besoin de temps et d'espace pour advenir.

En cas de pression indue ou de tentative de coercition, soyons rapides à dire "non" quitte à se ménager un "oui" advenant un changement, à notre satisfaction.

À chaque fois que nous décidons en conscience de notre valeur, nous rendons service à notre propre personne mais aussi, à toutes celles qui apprennent non-pas en nous écoutant mais en observant nos choix et notre gestion de ceux-ci.

Comme nos enfants et ceux qui comptent sur nous pour briser les bancs de brume afin de cheminer intelligemment et non de devenir le pont sur lequel des priorités autres que les nôtres piétinent nos potentiels pour achever des médiocrités qu'autrui n'a même pas la volonté de prendre en charge (d'où les demandes).

Les enfants ont déjà le réflexe de dire "non" est c'est une excellente chose.

Les ados et les adultes aussi doivent renouer avec ce réflexe d'auto-protection afin de faire pour soi ce qui fait du sens, ce qui ajoute à la cohérence collective, fois après fois, tout en préservant nos forces desquelles émanent nos potentiels.



Source: Ma publication, dans Substack, VK, Twitter et Facebook



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