Qu’est-ce que ce nouveau «métier»? De la prostitution spécialisée, tout simplement. Les mots sont importants.
Il consiste à engager des personnes prostituées pour «soulager» sexuellement des personnes en situation de handicap et même des aînés en perte d’autonomie.
Le plus triste dans le martelage de cette propagande prostitutionnelle, payée à même nos impôts, est la mise sous silence des survivantes de la prostitution et l’utilisation des personnes en situation de handicap et des aînés.
Des documentaires biaisés, des projets de recherche orientés, des entrevues avec des sexologues voulant importer des façons de faire discutables et j’en passe.
On veut nous faire croire qu’il y a une bonne prostitution et une mauvaise.
Ces propagandistes utilisent alors des termes aseptisés, nettoyés de leur laideur intrinsèque, pour vous faire gober la pilule.
Qu’on se le dise: la prostitution est un viol tarifé. Le consentement n’est jamais libre. Il est vicié par les traumatismes et l’argent.
On aura beau lui donner un habillage clinique pour se donner bonne conscience, cela ne changera rien à sa nature.
Et, un consentement obtenu dans une relation marchande et asymétrique n’est jamais neutre.
Le droit à la sexualité?
Connaissez-vous ce faux argument du droit à la sexualité pour tous?
Il est abondamment utilisé par les tenants de ce courant protravail du sexe qui utilisent des personnes vulnérables pour faire avancer leur propagande.
Or, dire que la sexualité est un droit est une imposture dangereuse. Il ne peut exister un droit au corps d’autrui.
En liant ainsi sexualité et droit, tout en invoquant le consentement pour clore le débat, on normalise l’idée que certains besoins de certaines personnes justifieraient l’accès au corps d’autrui.
Cet argument du droit est d’autant plus pervers qu’il se pare de justice sociale. Il instrumentalise le handicap pour forcer l’acceptabilité d’une idée qui serait rejetée dans un autre contexte.
Donner de la tendresse
Au discours du droit, il y a aussi celui de la tendresse, du toucher. «L’assistance sexuelle» consisterait alors à soutenir la sexualité des personnes en situation de handicap; à leur permettre de vivre de l’intimité, etc.
Ajouter du romantisme à une réalité marchande est, dans les faits, une bonne performance.
En réalité, la tendresse ne peut être fournie en service. Elle suppose une dimension relationnelle plus profonde, en l’occurrence un désir partagé, une présence sincère et une vulnérabilité mutuelle. La moyenner revient à une simulation émotionnelle, voire un simulacre.
Nier la sexualité des personnes handicapées
Cette approche s’inscrit dans l’idée que les personnes en situation de handicap sont exclues de facto de toute vie sexuelle et amoureuse.
Elles sont juste bonnes à recevoir une sexualité de substitution, et ce, à condition de payer. Une sexualité de seconde zone, administrée, compensatoire et appauvrie.
En réalité, les personnes en situation de handicap et les aînés en perte d’autonomie ont besoin d’occasions et d’espaces pour connecter, pas d’acheter du sexe.
Plutôt que de s’attaquer à l’isolement social, à l’exclusion et à la ségrégation, à l’infantilisation et l’invisibilisation de ces personnes, on propose encore une mesure simpliste et portant une charge symbolique violente.
Au fond, ce qu’on leur dit, c’est: vous n’êtes pas désirables et l’intimité a un prix.
Source: Maria Mourani, Journal de Montréal
Éditeur:
Pour fins de contextualisation, je tiens à préciser qu'aucune annonce du gouvernement du Québec ne valide l'assistance sexuelle comme service public.
- https://www.quebec.ca/famille-et-soutie ... ressources
- https://www.quebec.ca/gouvernement/poli ... -2021-2026
- https://frq.gouv.qc.ca/lancement-de-lac ... au-quebec/
- https://www.quebec.ca/securite-situatio ... n-sexuelle
En fait, les efforts du gouvernement du Québec, en ce moment, visent la protection contre l'exploitation sexuelle des jeunes.
Au Québec, des organismes comme le RAPLIQ ont revendiqué une décriminalisation en 2022 mais sans réponse gouvernementale positive.
Heureusement parce que cette idée-même m'apparaît odieuse, pour les mêmes raisons que celles qu'explique bien Maria Mourani dans son texte d'opinion.
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