Les États-Unis mènent des frappes au Venezuela : le président Nicolás Maduro enlevé

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cgelinas
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3 décembre 2025


Les États-Unis ont enlevé le président vénézuélien Nicolás Maduro lors d'une opération militaire spectaculaire menée tôt samedi matin, destituant de facto le dirigeant vénézuélien en exercice.

Le président Donald Trump a insisté sur le fait que le gouvernement américain dirigerait le pays, au moins temporairement, et que c'était déjà le cas.

Cette action marque l'aboutissement d'une campagne de pression croissante menée par l'administration Trump sur ce pays sud-américain riche en pétrole, ainsi que de plusieurs semaines de planification visant à surveiller les habitudes de M. Maduro, notamment son alimentation et son lieu de résidence.

M. Maduro et son épouse, arrêtés dans la nuit à leur domicile situé sur une base militaire, se trouvaient à bord d'un navire de guerre américain en route pour New York, où ils devaient être inculpés dans le cadre d'un acte d'accusation du ministère de la Justice les accusant de participation à un complot de narcoterrorisme.

M. Trump a indiqué que les États-Unis prévoyaient de diriger le Venezuela jusqu'à ce qu'une transition du pouvoir puisse avoir lieu. Il a affirmé que la présence américaine était déjà en place, bien qu'il n'y ait aucun signe immédiat indiquant que les États-Unis dirigeaient le pays. La télévision d'État vénézuélienne a continué de diffuser de la propagande pro-Maduro, notamment des images en direct de partisans manifestant dans les rues de Caracas.

«Nous allons diriger le pays jusqu'à ce qu'une transition sûre, légitime et judicieuse puisse avoir lieu», a fait savoir M. Trump lors d'une conférence de presse à Mar-a-Lago, où il s'est vanté que cette «opération extrêmement réussie devrait servir d'avertissement à quiconque menacerait la souveraineté américaine ou mettrait en danger des vies américaines».

Le fondement juridique de cette attaque, qui rappelle l'invasion américaine du Panama en 1990 ayant conduit à la reddition et à la capture du dirigeant Manuel Antonio Noriega, n'était pas immédiatement clair. Le gouvernement américain ne reconnaît pas M. Maduro, dont la dernière apparition à la télévision d'État remonte à vendredi, lors d'une rencontre avec une délégation de responsables chinois à Caracas.

M. Maduro et d'autres responsables vénézuéliens ont été inculpés en 2020 pour complot en vue de commettre du «narcoterrorisme». Cependant, le ministère de la Justice a publié samedi un nouvel acte d'accusation contre M. Maduro et son épouse, Cilia Flores, qualifiant le régime de «gouvernement corrompu et illégitime» alimenté par un trafic de drogue qui a inondé les États-Unis de cocaïne.

Le président Trump a publié sur son compte Truth Social une photo de M. Maduro, les yeux bandés et en survêtement, à bord du navire.


Attaque au petit matin

Très tôt samedi, de multiples explosions ont retenti et des avions volant à basse altitude ont balayé Caracas, la capitale du Venezuela. Le gouvernement de Maduro a accusé les États-Unis d’attaquer des installations civiles et militaires. Le gouvernement vénézuélien a qualifié l'attaque «d'impérialiste» et a exhorté les citoyens à descendre dans la rue.

L'attaque a duré moins de 30 minutes et les explosions, au moins sept, ont poussé les gens à se précipiter dans les rues, tandis que d'autres utilisaient les réseaux sociaux pour témoigner de ce qu'ils avaient vu et entendu. Des civils et des militaires vénézuéliens ont été tués, a déclaré la vice-présidente Delcy Rodríguez, sans préciser de nombre. M. Trump a indiqué que des soldats américains avaient été blessés au Venezuela, mais qu'aucun n'avait été tué.

Des vidéos obtenues de Caracas et d'une ville côtière non identifiée montrent des traînées lumineuses et de la fumée obscurcissant le paysage, tandis que des explosions sourdes et répétées illuminent le ciel nocturne. D'autres images montrent des voitures circulant sur une autoroute, les explosions illuminant les collines derrière elles. L'authenticité des vidéos a été confirmée par l'Associated Press.

De la fumée s'élevait d'un hangar d'une base militaire à Caracas, tandis qu'une autre installation militaire de la capitale était privée d'électricité.

Le chef du parti au pouvoir au Venezuela, Nahum Fernández, a déclaré à l'Associated Press que M. Maduro et Mme Flores se trouvaient chez eux, dans l'enceinte militaire de Fort Tiuna, lorsqu'ils ont été capturés.

«C’est là qu’ils ont bombardé, a-t-il expliqué. Et là, ils ont perpétré ce que l’on pourrait qualifier d’enlèvement du président et de la première dame du pays.»

Selon la loi vénézuélienne, Mme Rodríguez doit succéder à M. Maduro. Aucune confirmation n’a été apportée à ce sujet, bien qu’elle ait publié une déclaration après la frappe, exigeant une preuve que M. Maduro et son épouse étaient en vie.

Plus tard, s'adressant à la nation vénézuélienne lors d'un discours retransmis par la télévision, Mme Rodriguez a demandé la libération de M. Maduro tout en laissant ouvert la porte à des discussions avec Donald Trump.

Des mois de tensions

La frappe est survenue après que l’administration Trump eut passé des mois à augmenter la pression sur le leader vénézuélien, y compris une forte concentration de forces américaines dans les eaux au large de l’Amérique du Sud et des attaques contre des bateaux dans l’est du Pacifique et des Caraïbes accusés de transporter de la drogue.

La semaine dernière, la CIA était derrière une frappe de drone sur une zone d’amarrage censée avoir été utilisée par les cartels de drogue vénézuéliens — la première opération directe connue en territoire vénézuélien depuis que les États-Unis ont commencé les frappes en septembre.

En date de vendredi, le nombre de navires ciblés d'élevait à 35 au total et le nombre de personnes tuées au moins à 115, selon l’administration Trump. Ce dernier a déclaré que les États-Unis sont engagés dans un «conflit armé» avec les cartels de la drogue et a justifié les frappes contre les navires comme nécessaires pour endiguer le flux de drogues vers les États-Unis.

Nicolás Maduro a dénoncé les opérations militaires américaines comme une tentative à peine voilée de l’évincer du pouvoir.

Le parti au pouvoir au Venezuela est aux commandes depuis 1999, date à laquelle le prédécesseur de M. Maduro, Hugo Chávez, a pris ses fonctions, promettant d'améliorer le sort des plus démunis et, plus tard, de mettre en œuvre une révolution qu'il qualifiait de socialiste.

M. Maduro a succédé à Hugo Chávez à sa mort en 2013. Sa réélection en 2018 a été largement considérée comme une mascarade, car les principaux partis d'opposition ont été interdits de participation. Lors des élections de 2024, les autorités électorales, fidèles au parti au pouvoir, l'ont déclaré vainqueur quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, mais l'opposition a rassemblé des preuves accablantes démontrant qu'il avait perdu avec un écart de plus de deux contre un.



Source: MSN / La Presse canadienne



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Claude Gélinas, Éditeur
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