Règles sanitaires-COVID: Un établissement sur cinq pris en défaut

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cgelinas
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Règles sanitaires-COVID: Un établissement sur cinq pris en défaut

Message par cgelinas »

Ce qui suit est un très long compendium d'un "grand média" qui fait l'inventaire des manquements qui auraient mené à la crise-COVID, au Québec.

Ça a pour effet de normaliser les règles oppressives entretenues par la CAQ.

C'est une opération de communication qui fait un bon inventaire des événements mais qui donne l'impression que la CAQ a "fait tout ce qu'elle pouvait".

Le texte est rendu disponible ici pour fins d'archives.


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Alors que le Québec vient de passer le triste cap des 10 000 morts, une enquête de La Presse montre qu’un établissement de santé sur cinq, dont de nombreux CHSLD, ne respectait pas les règles sanitaires liées à la COVID-19 pendant la première vague de la pandémie.

Des règles sanitaires bafouées

Plus de 20 % des CHSLD et établissements de santé visités par les inspecteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) ont fait fi des règles sanitaires qui visaient à freiner la propagation du nouveau coronavirus durant la première vague de la pandémie, révèle une enquête de La Presse. Nombre de ces mêmes établissements ont connu certaines des pires éclosions de la province.

Des employés forcés de travailler malgré des symptômes. D’autres qui se promènent entre les zones chaudes et froides durant des mois. D’autres encore qui portent des sarraus de laboratoire et des serviettes au cou en guise de blouse de protection. Des patrons qui n’ont aucune idée du nombre de cas dans leur propre établissement. Des patients positifs et négatifs dans une même zone parce que leur lit ne passe pas dans le cadre de porte.

La Presse a obtenu les rapports d’interventions menées par la CNESST dans plus de 230 établissements de santé (CHSLD, hôpitaux, résidences privées et ressources intermédiaires) entre mars et septembre 2020 relativement à la gestion de la pandémie. Résultat : 52 établissements, soit plus d’un sur cinq, ont transgressé une ou plusieurs règles ayant pour but de protéger patients et soignants. Des lacunes graves ont été observées parfois des mois après le début de la pandémie. Les inspecteurs ont exigé plus d’une centaine de correctifs.

Au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), on estime que les éléments cités dans notre enquête « reflètent les constats effectués par le ministère, le réseau et leurs partenaires pendant la première vague et ayant mené au plan d’action pour rehausser la prévention et le contrôle des infections (PCI) dans les milieux ». Quelque 19 000 travailleurs ont ainsi été formés en PCI, fait valoir Robert Maranda, porte-parole du MSSS. L’ajout de plus de 300 gestionnaires dans les CHSLD ainsi qu’un apport massif de 8000 préposés aux bénéficiaires ont également fait partie de la solution, ajoute-t-il.

Ex-ministre de la Santé et expert du Collectif Action COVID, le Dr Réjean Hébert n’est « pas étonné du tout » de nos constatations. « Nous, ce qu’on entend du réseau, c’est que les directives ministérielles sont d’une part mal comprises et d’autre part mal appliquées. […] Il y a un non-respect flagrant », déplore le gériatre, qui a publiquement qualifié d’âgicide l’hécatombe dans les CHSLD.
Les CIUSSS sont des mégastructures. Avant qu’un problème soit signalé en haut et qu’une solution redescende, ça peut prendre des jours, voire des semaines.

Le Dr Réjean Hébert, ex-ministre de la Santé et expert du Collectif Action COVID
« Dès que la première vague est partie, ça a été terrible pour nos membres, résume Sylvie Nelson, présidente du Syndicat québécois des employées et employés de service, qui représente 20 000 membres dans 200 établissements publics et privés. Dans la plupart des endroits qu’on couvrait, il n’y en avait pas, d’équipement de protection, ou de zones vertes et rouges. » Les problèmes ont perduré tout au long de la première vague, et persistent encore à certains endroits, dit-elle.

Des lits trop larges

Le va-et-vient d’employés et de résidants entre les zones chaudes et froides au sein d’un même établissement a été maintes fois constaté par les inspecteurs de la CNESST, et ce, alors qu’il était largement connu que le personnel était un important vecteur de transmission. Tout comme la proximité des patients infectés avec les autres qui n’étaient pas malades.

Au CHSLD Jeanne-Le Ber, que la CNESST a visité à la fin du mois de juin, plus de trois mois après les premières éclosions dans les résidences pour aînés du Québec, les bénéficiaires déclarés positifs côtoyaient encore les négatifs dans une même unité. Certains lits de l’établissement de Montréal, où, depuis un an, 226 bénéficiaires ont été malades et 52 sont morts, étaient trop larges pour passer dans les cadres de porte afin de déplacer les patients vers un secteur « dédié ». La capacité de la zone chaude prévue en cas d’éclosion a, en plus, été « rapidement dépassée ».
Des bris de services ont nécessité des déplacements de travailleurs entre différentes zones durant un même quart de travail.

Extrait du rapport de la CNESST, à propos du CHSLD Jeanne-Le Ber
Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, qui chapeaute la résidence, assure que la situation est réglée. « Il arrive que des résidants positifs et négatifs demeurent sur la même unité pendant une courte période, le temps que les transferts se fassent et que les différentes zones soient déployées. Les résidants négatifs sont alors isolés dans leurs chambres », commente le porte-parole Christian Merciari. Une seconde visite de la CNESST a confirmé que les mesures en place étaient conformes.

Mais le cas de Jeanne-Le Ber n’est pas unique. Les inspecteurs ont trouvé de tels exemples dans des dizaines d’établissements. Idem pour le manque d’équipement, qui a mené à des situations presque loufoques.

Ainsi, au CHSLD Joseph-François-Perrault à Montréal (64 morts), préposés et infirmières ont soigné des résidants vêtus de sarraus de laboratoire durant quelques jours en avril, en pleine éclosion. Pour contourner le problème du col en V, la direction avait proposé de porter les sarraus à l’envers et de mettre une serviette de bain autour du cou. Le sarrau est une « mesure exceptionnelle » encadrée par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) en cas de pénurie d’équipement, précise le CIUSSS.

À la résidence Berthiaume-Du Tremblay, dans le nord de Montréal, où, au total, 134 résidants ont été malades et 64 sont morts, le syndicat a raconté à la CNESST à la fin d’avril que les employés devaient partager leurs visières à usage unique, dont bon nombre étaient munies de mousse pour absorber la sueur au niveau du front. La direction a répondu cette semaine à La Presse ne jamais avoir manqué de visières et avoir suivi les directives de l’INSPQ pour les désinfecter. La CNESST avait pourtant demandé des correctifs à l’établissement pour « contrôler les risques de transmission ».

Au Centre d’hébergement de Weedon, le manque de masques était encore criant à la fin de mai, si bien que l’on demandait aux travailleurs de ranger leur masque chirurgical dans un sac à la pause du midi et de le remettre ensuite sur leur visage pour continuer leur quart de travail. À la résidence Desjardins, à Senneterre, une gestionnaire a couru acheter des lunettes de protection à la quincaillerie en catastrophe au mois de mai parce qu’elle n’en avait toujours pas reçu.

Forcés de travailler

Dans au moins quatre CHSLD, des employés ont été forcés de se rendre au travail malgré des symptômes de la COVID-19. Le cas du CHSLD de Sainte-Dorothée, où des employés malades incités à travailler pourraient être à l’origine de l’éclosion, a choqué les Québécois au printemps. Mais des situations semblables sont aussi arrivées aux CHSLD Angelica et Notre-Dame-de-la-Merci, dans le nord de la métropole, et au Centre d’hébergement Laflèche, à Grand-Mère.

Au CHSLD Angelica (68 morts) : « Bien que l’employeur affirme avoir informé les travailleurs de ne pas se présenter au travail en présence de fièvre ou de symptômes respiratoires, les trois associations syndicales rapportent des cas contraires, écrit l’inspecteur Régis Lachance, dans un rapport daté du 1er juillet. Une salariée a appelé sa supérieure pendant la nuit pour l’informer qu’elle faisait de la fièvre tout en lui demandant de la remplacer. N’ayant pas de thermomètre, celle-ci a reçu la directive de rentrer au travail pour se faire évaluer. À son arrivée à la résidence et malgré la confirmation de fièvre, celle-ci a dû compléter sa journée de travail. Par la suite et de sa propre initiative, la travailleuse est allée dans un centre de dépistage et le test s’est avéré positif. »

À l’autre extrémité du spectre, lorsque l’employée chargée de la désinfection de la résidence Ferland à Danville s’est placée en isolement après avoir présenté des symptômes de la COVID-19, elle n’a pas été remplacée. Résultat : aucune désinfection durant plus d’une semaine, peut-on lire dans le rapport. Le virus s’est répandu comme une traînée de poudre : 23 cas, 6 morts.

Dans la grande majorité des établissements fautifs, les inspecteurs ont aussi déploré le fait que les travailleurs n’avaient pas assez d’information sur les mesures à suivre et les risques liés à leur travail pour se protéger, ce qui entraînait un risque réel de contamination et de propagation du virus.

À la résidence Bleu Horizon, à Rouyn-Noranda, la direction a dit à l’inspecteur qui l’a contactée en avril, en pleine éclosion, qu’elle n’était pas au courant du nombre de cas dans son établissement. « Elle explique qu’il s’agit d’une information confidentielle et que si les résidants ne l’informent pas eux-mêmes, elle ne peut pas savoir qui est [déclaré] positif. Elle m’explique qu’il y a une bonne collaboration et que la majorité des résidants l’informent lorsqu’ils ont la COVID-19 », lit-on dans le rapport.

De plus, des employés du CISSS viennent de l’extérieur donner des soins à certains résidants. « Les employés de Bleu Horizon ont démontré de l’inquiétude face à cette situation où le personnel externe se promène sur tous les étages avec du linge possiblement contaminé. »

Joint par La Presse, Groupe Sélection, propriétaire de l’établissement, affirme qu’au début de la pandémie, c’est la Santé publique et le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue qui ont refusé de lui divulguer l’identité des résidants positifs pour des raisons de confidentialité « et puisqu’ils le jugeaient non nécessaire étant donné que le complexe était en confinement », explique la porte-parole Mylène Dupéré. « Nous avons effectué plusieurs communications auprès des instances gouvernementales afin que la situation soit corrigée. Au mois d’avril, nous avons commencé à recevoir ces informations et nous avons ainsi pu nous assurer de prendre des mesures supplémentaires pour protéger nos employés et résidants. »

Sur la question des vêtements contaminés, Mme Dupéré indique que les employés du CISSS devaient porter des vêtements fraîchement lavés lorsqu’ils donnaient des soins aux résidants et déposer tout ce qui ne l’était pas dans un sac à l’entrée. « Il est arrivé que certains employés du CISSS refusent de se conformer à cette mesure qui, à ce moment, n’était pas une mesure ministérielle. »

« La CNESST nous a recommandé de désigner un endroit spécifique afin que les employés du CISSS puissent y déposer les vêtements souillés, cette recommandation a été mise en place et communiquée au CNESST, ce qui a été confirmé dans un rapport subséquent du CNESST le 21 avril 2020. »



Des manquements parfois élémentaires

Aperçu des lacunes relevées par les inspecteurs de la CNESST


Pas de désinfection pendant une semaine

Résidence Ferland, Estrie, 23 cas, 6 morts

À la résidence privée Ferland, à Danville, l’ensemble du personnel a contracté la COVID-19, de même que 23 de ses 27 résidants, dont six en sont morts. « Une histoire devenue tristement célèbre en Estrie », commente la porte-parole des TUAC Canada, Roxane Larouche, qui représente les travailleurs de la ressource.

Lorsque l’employée chargée de la désinfection de l’établissement s’est placée en isolement après avoir présenté des symptômes de la COVID-19, ses tâches n’ont pas été déléguées à un collègue, ce qui a conduit à une « absence de protocole de désinfection entre le 4 et 11 avril », peut-on lire dans un rapport de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) daté du 25 juin 2020.

« Tout s’est passé tellement vite, c’était la panique », témoigne une employée de la ressource, qui a demandé à ne pas être nommée par crainte de représailles.

Selon le rapport, la résidence aurait efficacement mis en application les mesures de prévention après la confirmation du premier cas, n’eût été un intervenant du CLSC « qui leur a dit de ne pas utiliser les EPI [équipements de protection individuelle] tel que prévu au Guide, étant donné la pénurie anticipée ».

« Il était demandé aux établissements de santé de s’assurer d’une gestion rigoureuse et judicieuse de ces équipements », indique Félix Massé, conseiller en communication au CIUSSS de l’Estrie – CHUS. Les propriétaires de la résidence Ferland au moment de la première vague ont décliné notre demande d’entrevue. La résidence a depuis changé de mains.

Des employés de la salubrité qui ne parlent que l’espagnol.



Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal

Plusieurs éclosions, dont une majeure à la fin d’avril

Les problèmes ne touchaient pas que de petits établissements : l’hôpital du Sacré-Cœur a ainsi été épinglé par la CNESST pour avoir mal protégé ses employés travaillant à l’hygiène et à la salubrité, un secteur d’activité évidemment crucial en temps de pandémie.

« Les travailleurs de l’hygiène et salubrité ne sont pas informés adéquatement sur les protocoles de désinfection et les risques liés à leur travail. Des travailleurs rapportent ne pas connaître les directives pour la désinfection des chambres, d’autres ne connaissent pas l’utilité de tel ou tel équipement EPI », établit l’inspectrice Sophie Marsolais en date du 21 mai, alors que la première vague est déjà très bien entamée.

Mme Marsolais souligne que bon nombre de ces travailleurs proviennent d’agences de placement et que certains d’entre eux parlent seulement l’espagnol. Vrai, confirme Benoît Taillefer, responsable de la santé et de la sécurité du travail au Syndicat des travailleuses et travailleurs du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal (CSN).
Dans un contexte de pandémie, dans un milieu où il y a non seulement des gouttelettes, mais aussi des aérosols, c’est important que les gens sachent quoi faire, comment le faire, et avec quel produit. Au départ, l’employeur a minimisé cela.

Benoît Taillefer, responsable de la santé et de la sécurité du travail au Syndicat des travailleuses et travailleurs du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal
« Nous avons dû faire appel à beaucoup de nouveaux travailleurs, certains provenant d’agences et n’ayant pas d’expérience dans le domaine médical ou ne parlant pas le français couramment », admet la porte-parole du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Émilie Jacob. Le CIUSSS a donc dû trouver des façons de communiquer autrement avec ces employés, par exemple au moyen de pictogrammes. Des employés hispanophones ont aussi fait office de traducteurs.



Le « Sarraugate »

CHSLD Joseph-François-Perrault, Montréal, 134 cas, 64 morts

Les employés appellent ça le « Sarraugate ».

Le 4 mai, préposés et infirmières du CHSLD Joseph-Francois-Perrault, alors en pleine éclosion, apprennent qu’ils devront désormais porter des sarraus de laboratoire de façon temporaire, « car les commandes de jaquettes [blouses] ne sont pas encore disponibles », dit le rapport de la CNESST. Le vêtement a un col en V. Il est ouvert aux manches. On leur propose de « le porter à l’envers pour mieux protéger le cou ». Une procédure écrite propose l’ajout d’un bavoir ou d’une serviette au cou ainsi que d’élastiques aux manches pour assurer une meilleure étanchéité.

En apprenant la nouvelle, les employés paniquent. « On s’est dit : ça n’a pas d’allure. Ils nous envoient à l’abattoir, raconte un préposé de l’établissement. Depuis des jours, ils nous amenaient à peu près n’importe quoi. On voyait que la qualité de l’équipement se dégradait. On avait reçu une batch de jaquettes extra small tellement cheap qu’on aurait dit des rideaux de douche du Dollarama. Puis, un jour, ils nous ont dit qu’il n’y en avait plus. »
Ils ont improvisé. Il y avait une rupture de stock et ils ont dit : si on manque de blouses, prenez ça. Entre mettre ça et rien… Imaginez changer des couches.

Éric Clermont, vice-président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Le CIUSSS explique ceci : « L’utilisation de sarraus était permise comme mesure exceptionnelle par l’INSPQ [Institut national de santé publique du Québec]. La CNESST nous a par la suite confirmé que l’usage de ces équipements de protection était justifié dans les conditions puisque nous n’avions plus de blouses de protection jetables disponibles à ce moment. » Précisons que la CNESST a estimé qu’« il n’y avait pas de mesures sécuritaires spécifiques » quant au port du sarrau au CHSLD.



Un transfert de zone rouge « chaotique »

Résidence Angelica, Montréal, 123 cas, 68 morts

Le transfert de la zone rouge, à la résidence Angelica, a été la source d’importants problèmes, fait valoir la CNESST. Au départ, la zone rouge était établie dans un centre de jour. Faute de place, elle a été transférée aux étages de la résidence. « Le transfert de la zone rouge d’un centre de jour aux étages a été plus ou moins chaotique », écrit l’inspecteur de la CNESST.

« C’était le gros bordel », résume plus directement la conseillère syndicale du Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES), Guylaine Migneault. Le SQEES représente les préposés aux bénéficiaires de la résidence Angelica. « Le personnel se promenait entre les zones, les résidants rouges se retrouvaient avec des jaunes ou des verts, ça a été épouvantable. Une catastrophe », ajoute Mme Migneault.

La fermeture du centre de jour était nécessaire, plaide la direction. « Elle a permis de rapatrier notre personnel vers les unités du CHSLD et ainsi de renforcer nos équipes sur toutes les unités. Il fallait également limiter le nombre de zones rouges dans l’établissement, afin de faciliter la gestion de l’équipe dédiée », fait valoir le porte-parole de la résidence, Roland Mailhot.

Pendant la première vague, la résidence a perdu près de 50 % de son personnel, tombé malade ou en dépistage. Mais même si certains employés présentaient des symptômes, l’employeur insistait tout de même pour qu’ils se présentent au travail, déplore la CNESST.

La direction plaide avoir respecté rigoureusement les directives de Québec pour déterminer si le personnel était en mesure de travailler ou pas. « Toute demande de retour au travail faite à un employé par la direction de la Résidence Angelica était justifiée par les consignes et la documentation fournies par ces organismes ainsi que par le [ministère de la Santé et des Services sociaux]. Ces décisions nous ont permis d’assurer les services essentiels nécessaires tout au long de la première vague. Tous nos bras ont été utilisés afin d’offrir des soins et des services directs à nos résidants. »



Employés malades, mouvements de personnel et rupture de stock

CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci, Montréal, 225 cas, 97 morts

Les problèmes relevés au CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci, dans le nord de Montréal, sont nombreux au début de mai, lorsque l’inspectrice Carole Grenon fait enquête.

« Il est arrivé que des travailleurs se sont fait demander de compléter leur quart de travail après avoir ressenti des symptômes », note-t-elle. Un manque de personnel a aussi forcé des déplacements d’employés entre les zones chaudes et froides de l’établissement.

« L’employeur dit qu’il n’y a pas eu de bris de services. Ça n’a pas de bon sens. En pratique, on l’a sérieusement échappé », dit Benoît Taillefer, vice-président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

L’inspectrice note aussi, le jour même de sa discussion avec le représentant syndical dans le cadre de son inspection, que « les blouses de protection sont en rupture d’inventaire ».
Un employé m’avait appelé pour me dire qu’on lui demandait d’entrer dans la chambre d’une personne suspectée d’avoir la COVID et qu’il n’y avait pas d’équipement. La personne a refusé et la coordonnatrice a fait entrer quelqu’un d’autre.

Benoît Taillefer, vice-président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal
« Les soucis de distribution des blouses de contagion ont aussi été réglés en moins de 48 heures, précise la porte-parole du CIUSSS, Marie-Hélène Giguère. Il n’y a jamais eu de problèmes d’approvisionnement [en ce qui concerne] les désinfectants et les masques. La question de la mobilité du personnel était toujours, à cette époque, liée à des risques de bris de services. Le personnel était toujours déplacé de zone froide à zone chaude, et jamais l’inverse. Heureusement, cette problématique est maintenant aussi réglée, notamment grâce au programme accéléré de formation de nos préposés aux bénéficiaires. »



Des mesures « essentielles » manquantes

CHSLD de Sainte-Dorothée, Laval, 220 cas, 101 morts

La direction du CHSLD de Sainte-Dorothée a tardé à mettre en place certaines mesures « essentielles » visant à prévenir la propagation du virus même après l’apparition de la maladie dans l’établissement, tranche la CNESST.

La CNESST souligne notamment le fait que « des employés présentant des symptômes compatibles avec la COVID-19 ont continué à travailler ».

Le 3 avril 2020, la mère de Jean-Pierre Daubois, résidante du CHSLD de Sainte-Dorothée, est morte de la COVID-19. Quelques jours plus tard, son fils a déposé une demande d’enquête du coroner pour négligence criminelle.

Déplacements entre les unités du personnel et des usagers, modification des plans de soin, absence de communication : il dit avoir été témoin des nombreuses lacunes soulevées dans le rapport, et n’hésite pas à qualifier les membres de la direction de l’établissement d’« amateurs irresponsables ».

« Un jour, ils m’ont appelé pour me dire : écoutez, la COVID-19 risque d’engorger les hôpitaux et comme les résidants sont vieux, on ne va pas les déplacer pour rien et on va les laisser dans leur chambre [s’ils tombent malades]. Je ne me suis pas opposé à ça, sauf qu’ils ont oublié de me dire que tous les respirateurs resteraient à l’hôpital. Ma mère et tous les autres qui sont morts pendant cette période-là, ils n’ont jamais eu les équipements qui auraient pu sauver leur vie. »

Le CISSS de Laval a décliné la demande d’entrevue de La Presse.




Source: La Presse




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au CHSLD Joseph-François-Perrault
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Exemple du port du sarrau de laboratoire 
au CHSLD Joseph-François-Perrault
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Le CHSLD Joseph-François-Perrault, à Montréal
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PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE<br /><br />L’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal
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L’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal
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Claude Gélinas, Éditeur
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