En plus de leur hausse de salaire de 50 % sur cinq ans, les ministres et députés toucheront cette année la prime de protection contre l’inflation accordée aux employés de l’État.
Les élus de l’Assemblée nationale ont adopté à toute vapeur en 2023 une loi controversée augmentant leur rémunération de 30 % d’un coup. Un salaire qui n’a cessé de croître depuis, car il est désormais indexé à l’échelle de traitement des mandarins de l’État, qui sont eux-mêmes tributaires des gains accordés aux employés du secteur public.
Les 125 parlementaires bénéficieront donc cette année de la clause d’ajustement à l’indice des prix à la consommation (IPC) octroyée par le gouvernement caquiste aux enseignants, travailleurs de la santé ou fonctionnaires des ministères et organismes dans le cadre du renouvellement des conventions collectives.
Les employés de l’État ont obtenu une augmentation de rémunération de 17,4 % sur cinq ans lors des derniers pourparlers avec Québec. Mais l’entente contenait aussi une prime de protection contre l’inflation pour les trois dernières années, variant entre 0 et 1 %.
Puisque l’IPC a été plus élevé que les prévisions, les employés du secteur public toucheront 0,11 % de plus que la hausse de salaire de base de 2,6 % en 2025-2026.
330 $ pour la PM Christine Fréchette
Par ricochet, les élus québécois aussi. « En vertu de la Loi sur les conditions de travail et le régime de retraite des membres de l’Assemblée nationale, un ajustement salarial de 0,11 % est effectivement appliqué à l’indemnité annuelle des parlementaires. Cette majoration découle de l’indexation des échelles des titulaires d’emploi supérieur au 31 mars 2026 en fonction de l’IPC », a précisé la porte-parole, Béatrice Zacharie.
Et l’ajustement s’applique rétroactivement à compter du 30 mars 2026.
Évidemment, plus le traitement est élevé, plus la bonification est significative. Si la prime à l’inflation sera de 55 $ pour un fonctionnaire gagnant 50 000 $ par an, elle atteindra 330 $ pour la nouvelle première ministre Christine Fréchette, qui touche désormais une rémunération de 300 069 $.
Rappelons que depuis 2023, le salaire des élus québécois a explosé.
Un député n’exerçant pas de fonction parlementaire ou ministérielle gagnait 101 561 $ par an avant l’adoption de la loi. Le traitement de base est maintenant de 146 375 $.
La loi sur la rémunération des députés avait été appuyée par les caquistes et les libéraux, alors que le Parti québécois et Québec solidaire s’y étaient opposés. Depuis, les péquistes et certains solidaires ont remis une partie de cette hausse de salaire à des organismes de charité.
Rémunération annuelle des députés depuis le 1er avril 2026
- Première ministre : 300 069 $
- Ministre : 256 156 $
- Présidente de l’Assemblée nationale : 256 156 $
- Chef de l’opposition officielle : 256 156 $
- Vice-président de l’Assemblée nationale : 197 606 $
- Chef du deuxième groupe d’opposition : 197 606 $
- Chef du troisième groupe d’opposition : 197 606 $
- Leader parlementaire de l’opposition officielle : 197 606 $
- Whip en chef du gouvernement : 197 606 $
- Député n’exerçant pas de fonction parlementaire ou ministérielle : 146 375 $
Source: Journal de Montréal
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