Un expert estime que la Maison-Blanche veut envoyer un message pour le discours de Davos d’il y a quatre mois
Dans un apparent acte de vengeance envers Mark Carney pour son discours de Davos, la Maison-Blanche a suspendu l’un des plus vieux accords de défense entre le Canada et les États-Unis.
Un haut responsable du Pentagone, Elbridge Colby, a annoncé sur son compte X, lundi, la mise sur pause de la Commission permanente mixte de défense, créée en 1940.
- https://x.com/USWPColby/status/2056348930078630134
- https://x.com/USWPColby/status/2056348931471090160
- https://x.com/USWPColby/status/2056348933387858125
- https://x.com/USWPColby/status/2056348054106619957
- https://x.com/USAmbNATO/status/2053098661748641863
L’organisme regroupe de hauts fonctionnaires et militaires des deux pays qui ont la responsabilité de formuler des avis sur la défense du continent au président et au premier ministre.
Message politique
« Ça fait quand même presque 90 ans que ça existe, explique Justin Massie, spécialiste en défense à l’UQAM. Aucun président n’a jugé bon de la suspendre. Le choc est plus que symbolique. Il est politique. »
Le responsable américain accuse dans son message le Canada de sous-investir en défense, pour justifier la suspension du comité.
« Malheureusement, le Canada n’a pas réussi à réaliser des progrès crédibles sur ses engagements en matière de défense », a-t-il écrit.
Pourtant, Ottawa vient pour la première fois depuis des décennies d’atteindre la cible de dépenses militaires à laquelle il s’est engagé.
Elbridge Colby a aussi joint à son message sur les réseaux sociaux un lien vers le texte du discours de Mark Carney à Davos en janvier dernier.
Le premier ministre a fait tourner des têtes avec cette allocution qui fait école, particulièrement en Europe.
Mark Carney avait alors appelé les pays de taille moyenne à résister aux pressions des puissances comme les États-Unis, la Chine ou encore la Russie, sans les nommer directement.
Pas de menace ni de demande
Le comité de défense suspendu par la Maison-Blanche avait peu d’importance pour Donald Trump, selon M. Massie.
La dernière rencontre connue remonte à novembre 2024, c’est-à-dire avant l’assermentation du président républicain.
« Mon intuition c’est qu’ils se sont dit : “On s’en fout de cette rencontre-là, donc on va juste passer un message à Carney qu’on n’est pas content”. »
M. Massie n’y voit pas une tactique de négociation, mais purement un acte de vengeance.
« En suspendant la commission, on veut passer un message politique » en pointant le discours de Davos, soutient le professeur.
« Ça ne vient avec aucune menace, aucune demande, souligne-t-il. On fait juste annoncer cela, sans préavis. »
Source: TVA / relayé dans Facebook
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