La révolte à venir des automobilistes

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cgelinas
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11 mars 2026


La hausse brutale du prix de l’essence entraînée par la guerre en Iran aura, de manière presque inévitable, contribué à replacer la question de la taxe carbone au cœur de l’actualité.

Je résume la chose ainsi: certes, les pétrolières s’enrichissent sur le dos des automobilistes, mais l’État le fait aussi, et dans une proportion considérable.

Il le faisait traditionnellement pour assurer le maintien du système routier. Mais, depuis quelques années, il s’est laissé gagner par la tentation des taxes vertueuses.

Ainsi, on taxe, et on taxe encore le commun des mortels, au nom de la transition énergétique qu’il faudrait piloter technocratiquement.

Taxe

C’est le principe de la taxe verte, rééducatrice.

Mais derrière cela, le commun des mortels, dès lors qu’il réfléchit un peu et cherche à comprendre son mauvais sort, est bien obligé de constater qu’on ne cesse d’inventer de nouvelles raisons pour le spolier, et cela, pour entretenir l’immense bureaucratie étatique.

Revenons-y: la diabolisation de l’automobiliste est au cœur du discours public depuis une vingtaine d’années.

Petit rappel historique: dans la seconde moitié du XXe siècle, la voiture a d’abord été considérée, avec raison, comme un symbole de liberté.

Grâce à elle, on gagnait pour la première fois dans l’histoire la possibilité de se déplacer librement loin de chez soi, sans dépendre de structures collectives autres que les routes, sans être prisonnier d’un circuit préétabli. La voiture représentait la meilleure part de l’individualisme.

Mais nos sociétés aiment de moins en moins l’individu et ont de plus en plus la tentation de l’enfermer dans sa communauté, chez lui, sans qu’il ne puisse s’arracher à son patelin.

Le culte du transport en commun est aussi le symbole d’un socialisme vert qui ne dit pas son nom.

Quant au vélo, il est sacralisé, même si souvent, dans les grandes villes, le cycliste, convaincu d’incarner la vertu et la morale, se comporte comme un chevalier de l’armée verte, agressif et vengeur.

J’ajoute, car ce n’est pas un détail, qu’on trouve de plus en plus de propositions pour taxer très lourdement le transport aérien, pour limiter, encore une fois, la capacité qu’a le commun des mortels de se déplacer.

Ouvrons le débat plus largement: derrière la taxe carbone, il y a les centaines de manières qu’a trouvées l’État pour nous dévaliser fiscalement.

Bureaucratie

De temps en temps, des politiciens sensibles à la colère des électeurs détroussés disent: « Nous allons rendre l’argent prélevé au commun des mortels. On lui fera des chèques. On lui fera des crédits d’impôt. On lui fera de nouveaux programmes sociaux. On lui fera des petits aménagements fiscaux circonstanciels, même. »

Mais le commun des mortels aurait envie de dire: « Fichez-nous la paix, cessez de vouloir organiser notre vie malgré nous. Cessez de vous emparer du fruit de nos efforts. »

Et dans les circonstances actuelles, abolissez dès maintenant la fichue taxe carbone. Et abolissez-en d’autres. Notre argent ne vous appartient pas.



Source: Mathieu Bock-Côté, Journal de Québec



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