Le pétrole vénézuélien, en partie expédié vers Israël

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En février 2026, le premier cargo de brut vénézuélien « libéré » par l’allègement des sanctions américaines est parti vers Israël, alors même que les États‑Unis sont en manque chronique d’approvisionnements énergétiques bon marché.


Faits clés et chronologie

  • 3 janvier 2026: des forces américaines capturent Nicolás Maduro, ouvrant la voie à une reprise contrôlée des exportations de pétrole du Venezuela.
  • 29 janvier 2026: l’administration Trump lève une partie des sanctions, via une licence générale permettant à des sociétés américaines et européennes (Vitol, Trafigura, etc.) de commercialiser le brut vénézuélien déjà produit ou stocké.
  • 9–10 février 2026: Bloomberg révèle qu’un cargo de brut vénézuélien est en route vers la raffinerie du Bazan Group, principal raffineur israélien à Haïfa, première livraison depuis le milieu de l’année 2020.
  • 11 février 2026: Argus détaille qu’environ 200 000 barils de ce brut, chargé au terminal de José, sont destinés à Israël via un cargo Suezmax opéré par Vitol.

Volumes, quantités et comparaisons

Les chiffres publics permettent de cadrer les ordres de grandeur:

  • La dernière livraison connue avant la pause (vers mi‑2020) s’élevait à environ 470 000 barils de brut vénézuélien pour Israël.
  • Le nouveau flux identifié en février 2026 représente environ 200 000 barils sur un cargo d’environ 1 million de barils, le reste allant notamment en Europe (raffinerie Saras en Italie, Espagne).
  • À titre de comparaison, 470 000 barils couvrent à peine une journée de consommation de pétrole d’Israël (environ 250 000–300 000 barils/jour) et une fraction minuscule de la demande américaine, qui dépasse 20 millions de barils/jour.
  • Les accords plus larges évoqués à Washington parlent de 50 millions de barils de brut vénézuélien re‑orientés via des négociants occidentaux, dont une partie seulement finit au Proche‑Orient.

En d’autres termes, l’« huile prête pour le marché » issue du Venezuela ne sert pas d’abord à soulager la facture énergétique américaine, mais à réalimenter des circuits d’exportation lucratifs vers l’Europe et Israël.

Acteurs et intérêts énergétiques

Les principaux acteurs de cette opération sont:

  • États‑Unis: administration Trump, qui reprend la main sur les ventes de brut vénézuélien en échange d’un allègement ciblé des sanctions.
  • PDVSA (compagnie nationale vénézuélienne), dont la production existante était bloquée par les sanctions et se retrouve subitement redirigée vers de nouveaux clients « approuvés ».
  • Vitol et autres maisons de négoce, autorisées à gérer, mélanger et revendre ce brut vers l’Italie, l’Espagne, Israël, l’Inde et les États‑Unis.
  • Bazan Group, principale raffinerie israélienne à Haïfa, bénéficiaire direct de ce premier cargo post‑2020.

Pour Washington, le contrôle des flux vénézuéliens permet de:

  • sécuriser des volumes pour des alliés stratégiques comme Israël,
  • créer de nouvelles marges pour des traders occidentaux,
  • garder une pression politique sur Caracas en conditionnant chaque cargaison à des décisions américaines.

L’angle: ce pétrole dont les Américains auraient eu besoin

Sur le plan strictement énergétique, les États‑Unis auraient pu absorber sans difficulté ces cargaisons pour réduire leurs importations d’autres origines plus coûteuses ou plus sensibles géopolitiquement.

  • Les volumes en jeu (centaines de milliers de barils par envoi soit des dizaines de millions de barils sur l’accord global) restent modestes par rapport à la demande américaine, mais suffisants pour alimenter des raffineries du Golfe du Mexique habituées aux bruts lourds.
  • Pourtant, les premiers barils « débloqués » sont orientés vers Israël et l’Europe, via Vitol et d’autres négociants, au lieu de converger prioritairement vers le marché intérieur américain.
  • Ça confirme que la logique dominante est géopolitique: Washington préfère utiliser la ressource vénézuélienne comme levier d’influence et comme outil de soutien énergétique à ses alliés, plutôt que comme réponse directe à la pression sur les prix à la pompe chez les consommateurs américains.

Un exemple parlant: le cargo Suezmax transportant environ 1 million de barils dont 200 000 destinés à Israël représente à peine une heure de la consommation totale de pétrole des États‑Unis, mais il a une valeur politique disproportionnée pour montrer qu’Israël reste approvisionné en pleine tourmente au Proche‑Orient.



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Fichiers joints
Le pétrolier Ionic Anax, affrété par Chevron, est vu près du port de Bajo Grande, dans le lac Maracaibo au Venezuela, après son chargement pour l'exportation, à San Francisco, État de Zulia, Venezuela le 13 décembre 2025. REUTERS/Isaac Urrutia<br /><br />Source: https://gcaptain.com/venezuela-ships-first-crude-cargo-to-israel-as-oil-exports-reopen/
Le pétrolier Ionic Anax, affrété par Chevron, est vu près du port de Bajo Grande, dans le lac Maracaibo au Venezuela, après son chargement pour l'exportation, à San Francisco, État de Zulia, Venezuela le 13 décembre 2025. REUTERS/Isaac Urrutia

Source: https://gcaptain.com/venezuela-ships-first-crude-cargo-to-israel-as-oil-exports-reopen/
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Bazan Group (Oil Refineries Ltd.) est une société cotée en bourse, sans propriétaire unique, mais avec un noyau dur de contrôle autour d’Israel Petrochemical Enterprises et d’un bloc d’investisseurs institutionnels israéliens et internationaux.


Structure générale de l’actionnariat

  • Bazan est cotée à la Bourse de Tel-Aviv (TASE), ce qui fait qu’une grande partie du capital est détenue par le public (petits porteurs, fonds, institutions).
  • Les données récentes indiquent environ 50–51% du capital entre les mains du public (investisseurs individuels et diverses institutions), le solde étant détenu par un ou plusieurs actionnaires de référence et de gros investisseurs institutionnels.

Actionnaire de contrôle

  • Israel Petrochemical Enterprises Ltd. (IPE) détient environ 24% des actions de Bazan et en est l’actionnaire de contrôle.
  • IPE elle‑même est une société cotée au TASE ; ses principaux actionnaires sont les hommes d’affaires Yaakov Gutenstein, Alex Passal, David Federman et Adi Federman, qui contrôlent indirectement Bazan via IPE.

Grands investisseurs institutionnels

Parmi les principaux investisseurs institutionnels identifiés dans le flottant de Bazan, on trouve:

  • Alverstone Ltd (environ 24,8% dans certaines déclarations consolidées d’investisseurs).
  • Phoenix Investments & Finance Ltd.
  • Fonds internationaux et maisons de gestion comme The Vanguard Group, BlackRock, Dimensional Fund Advisors, American Century, Mirae Asset, ainsi que plusieurs maisons de fonds israéliennes (Migdal, Meitav, Harel, KSM, Tachlit, etc.), chacun avec des participations individuelles de l’ordre de 1 à 3%.

Synthèse rapide

En pratique, on a:

  • un bloc de contrôle autour d’Israel Petrochemical Enterprises (contrôlée par quelques familles/individus israéliens),
  • et un large flottant détenu par des fonds israéliens, des géants mondiaux de la gestion d’actifs (Vanguard, BlackRock, etc.) et le public de la Bourse de Tel‑Aviv.


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Derrière la raffinerie de Haïfa, Bazan Group, on ne trouve pas un État mais un montage typique du capitalisme globalisé : un actionnaire de contrôle, Israel Petrochemical Enterprises (IPE), lui‑même dominé par quelques familles et hommes d’affaires israéliens, et un large flottant réparti entre grands fonds et petits porteurs.

Au capital de Bazan se côtoient ainsi des acteurs locaux (fonds israéliens comme Migdal, Meitav, Harel, etc.) et des poids lourds mondiaux de la finance comme Vanguard, BlackRock ou Dimensional, chacun avec quelques pourcents ou moins, mais ensemble capables d’orienter la stratégie de l’entreprise.

Autrement dit, le pétrole vénézuélien livré à Haïfa ne profite pas seulement à l’« économie israélienne » au sens large, il alimente aussi les rendements d’un réseau d’investisseurs transnationaux qui captent la rente énergétique, bien au‑delà des besoins réels des consommateurs américains ou israéliens.



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Une partie significative du pétrole vénézuélien a bien été envoyée vers les États‑Unis, en parallèle des cargaisons parties vers Israël et l’Europe.


Les flux vers les États-Unis

  • Depuis fin 2025, Chevron expédie régulièrement du brut vénézuélien lourd vers les raffineries de la côte du Golfe (Texas, Louisiane, Mississippi), sous licences spéciales accordées par Washington.
  • Début 2026, les cargaisons se situent déjà autour de 100 000–150 000 barils/jour, avec un plan d’augmentation vers environ 300 000 barils/jour à partir de mars 2026.
  • Chevron est pendant plusieurs mois la seule entreprise autorisée à exporter du brut vénézuélien vers les États‑Unis, avant que des négociants comme Vitol et Trafigura reçoivent à leur tour des licences pour livrer le marché américain (et d’autres destinations).

Décisions politiques et volumes potentiels

  • Le 29 janvier 2026, le Trésor américain (OFAC) publie une licence générale (GL46) qui ouvre plus largement la possibilité aux entreprises américaines d’acheter, transporter et raffiner du pétrole d’origine vénézuélienne.
  • La Maison‑Blanche évoque un « plan » pour que le Venezuela « remette » entre 30 et 50 millions de barils de brut à haute valeur aux États‑Unis, ce qui représenterait plusieurs mois de flux soutenus vers le marché américain.
  • Concrètement, les données de suivi des cargos montrent déjà plusieurs tankers Chevron (Mediterranean Voyager, Canopus Voyager, Searuby, Nave Neutrino, etc.) déchargeant du brut vénézuélien dans les ports américains à la fin 2025 et au début 2026.

Mise en perspective avec Israël

  • Une partie du brut « débloqué » part donc vers Israël (via Bazan à Haïfa) et l’Europe, mais une autre partie — plus importante en volume — est captée directement par les raffineries américaines du Golfe.
  • L’angle politique reste le même : Washington utilise l’assouplissement des sanctions pour contrôler la répartition de ces barils, entre sécurité énergétique intérieure (USA) et soutien stratégique à des alliés comme Israël.


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Les futures cargaisons de pétrole vénézuélien sont prévues dès mars 2026, avec une accélération notable grâce à l’utilisation de supertankers (VLCC) et une diversification des destinations.


Calendrier et volumes prévus

  • Mars 2026: au moins 3 VLCC (Very Large Crude Carriers) chargés au terminal de José (70% des exportations vénézuéliennes), soit environ 6 millions de barils au total (2 millions par VLCC). Chevron vise 300 000 barils/jour vers les USA (contre 230 000 b/j en février et 100 000 en décembre 2025).
  • Fin mars 2026: arrivée prévue d’un 4e VLCC (Olympic Lion), environ 2 millions de barils supplémentaires, sans charterer précisé.
  • Horizon 1–2 mois: accélération générale des flux grâce aux charters de dizaines d’Aframax et Panamax (450 000–700 000 barils chacun) par Chevron, Valero, Phillips 66 et Citgo, pour écouler les stocks accumulés (plusieurs millions de barils).

Contexte et perspectives

Ces flux s’inscrivent dans l’accord USA‑Venezuela (30–50 millions de barils au total, dont 40 millions déjà vendus fin février à ~50 $/baril), avec des coûts de transport réduits grâce aux gros porteurs et une réorientation vers l’Inde pour pallier la baisse chinoise (exportations totales vénézuéliennes en baisse de 6,5% en février).



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