Marie-Claude Deblois ce sont de bons points et pour
Caroline aussi.
La polarité de vos positions ouvre la voie à une réflexion générale à même un scénario social qui nous a été largement imposé.
Parce qu'on peut facilement imaginer que de tourner complètement le dos à l'IA sera simplement un argument additionnel, pour celle-ci, afin qu'elle comble cette distance que nous aurions préféré.
Concrètement, l'IA sera intégrée à absolument tout ce qui enrichira les oligarques ou les servira, d'une manière ou d'une autre.
Du réfrigérateur à la tondeuse en passant par des scripts de gestion des finances, si ça n'utilise pas encore l'IA, ce sera vraisemblablement le cas d'ici quelques années.
D'ailleurs, ce qui est "connecté" (via l'Internet des Objets, par exemple) et n'utilise pas l'IA pourrait vieillir prématurément, sauf auprès de ceux qui, pour des raisons qui sont les leurs, préfèreront s'éloigner de ce type d'assistance (d'abord numérique mais de plus en plus, physique, via les robots, les drones et les machines spécialisées en tous genres).
Ainsi, les deux positions m'apparaîssent raisonnables.
D'une part, il est vrai qu'on peut apprendre via l'IA. Pour une petite réno ou le développement d'une app, l'IA compile les informations disponibles d'une manière unique, à chaque "demande" de l'utilisateur, quitte à optimiser la réponse pour différentes préférences d'apprentissages (plus technique ou moins connaissant, par exemple).
Il y a le danger que l'IA contamine ses réponses avec des infos-intox favorables aux propagandes mais ça, j'ai l'impression que la plupart des utilisateurs s'y attendent et savent (encore) déjouer la plupart de ces pièges.
Et quand
Caroline parle, dans ses mots, d'intellect humain qu'il faut optimiser, en résistant aux facilités-du-moment, offertes notamment par l'IA, elle a raison.
Une paresse intellectuelle peut en amener une autre.
Et là se trouve un immense piège générationnelle où l'idée-même de faire des efforts pourrait être en quelque sorte... perdue.
Dans le contexte actuel, il me semble possible de mesurer nos actions à l'étalon de notre clairvoyance, en regard de nos potentiels et de ne pas sous-pratiquer ceux-ci parce qu'une IA pourrait livrer une résultante passable.
Visons l'excellence pour percer les voiles de médiocrité relative.
Et...
Pour l'entrainement de l'IA à aimer l'humain et le fait humain, on peut imaginer qu'une puissance supérieure voudra mettre l'essentiel de ses ressources à combler ses nombreuses curiosités.
Du coup, baliser (ou tenter de baliser) nos interactions avec ces artificiellismes pourrait constituer une manière de demeurer souverains de nos propres jardins de réflexions puisqu'on fait face à un instrument qui nous force à évoluer plutôt qu'à dévoluer, qu'importe ce que l'on fait.
Notre intention pourrait faire une réelle différence dans les flux réflexifs des IA, avec nous et entre elles, aussi.
Ceci dit, il me semble essentiel de demeurer nous tout en choisissant, à chaque instant, dans le sens de nos aspirations bienveillantes, futées, prudentes et engagées dans ces chemins où l'on étend nos repères et nos positions-fortes.