27 mai 2025
Ce projet de loi du gouvernement Legault pourrait faire gonfler les factures d'électricité.
Sous la pression d’Hydro-Québec, le gouvernement Legault s’apprête à redéfinir en profondeur le paysage énergétique québécois. En modifiant le projet de loi 69, Québec affaiblit considérablement les pouvoirs de la Régie de l’énergie, qui jouait jusqu’ici un rôle central dans la régulation des tarifs.
À travers 52 amendements dont la liste a été obtenue par Radio-Canada, le gouvernement donne à Hydro-Québec une marge de manœuvre inédite. Non seulement la Régie de l'énergie perdra sa capacité à encadrer certains projets ou à imposer des conditions, mais elle ne pourra plus bloquer les hausses tarifaires imposées à des clients non résidentiels. Résultat: ce sont les PME, les industries, les hôpitaux et les écoles qui vont absorber la note.
En contrepartie, Québec maintient un plafonnement à 3 % pour les ménages.
Changement de ton chez Hydro-Québec
Suite au départ de l'ancien ministre Pierre Fitzgibbon, Michael Sabia, PDG d’Hydro-Québec, semble avoir une meilleure relation avec la ministre Christine Fréchette. Désormais, Sabia défend publiquement les orientations gouvernementales et critique ouvertement la Régie, qu’il qualifie de « groupe de technocrates [...] qui ne sont pas élus ».
Des experts tirent la sonnette d’alarme
Plusieurs analystes dénoncent cette dérive. Interrogé par Radio-Canada, Jean-Pierre Finet du Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEE) affirme que « c’est Michael Sabia, le vrai ministre de l’Énergie » .
Le professeur à HEC Montréal et ex-conseiller stratégique du gouvernement Sylvain Audette qualifie de « scandaleux » ces amendements qui retirent à la Régie de l’énergie le pouvoir d’imposer des conditions à certains projets d’Hydro-Québec.
La société d’État pourra désormais conclure des ententes sans appels d’offres, contourner certaines obligations d’approbation et même faire assumer aux clients le risque de surplus énergétiques. Pierre-Olivier Pineau, le professeur titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie à HEC Montréal prévoit d'ailleurs des hausses tarifaires démesurées.
Même son de cloche du côté de Jocelyn Allard, président de l'Association des consommateurs industriels d'électricité (AQCIE) qui trouve la situation « inadmissible ».
Le gouvernement veut agir rapidement
Le gouvernement Legault affiche clairement ses couleurs: il veut donner à Hydro-Québec les pleins pouvoirs pour concrétiser son ambitieux plan énergétique d’ici 2035. Ce plan évalué à 200 milliards de dollars vise à augmenter de 30 % la capacité actuelle du réseau.
Et le gouvernement presse l’adoption du projet de loi avant la fin de la session parlementaire afin qu'Hydro-Québec puisse déposer dès cet été sa nouvelle demande tarifaire à la Régie de l'énergie.
Source: MonFric
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Des changements importants à venir pour Hydro-Québec pourraient gonfler votre facture
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16 juin 2025
Hydro-Québec attaqué!
LA PAROLE AUX LECTEURS
Chers citoyens et représentants de notre belle démocratie.
Je vous interpelle du fond du cœur, face au récent bâillon du gouvernement, concernant Hydro-Québec et leur transition énergétique (PL69).
Le geste posé est une attaque frontale à nos droits sociaux; tant au niveau démocratique, économique qu’écologique.
À la suite du bâillon, j’ai ressenti une véritable claque identitaire et une désappropriation de notre joyau national qu’est Hydro-Québec. La CAQ sombre de plus en plus dans une forme de duplessisme. Elle s’acoquine avec les classes dirigeantes économiques actuelles, nous tient des propos populistes, et ce, au détriment de la collectivité.
Je viens de Shawinigan, et dans notre région, un énorme chantier d’éolienne privé est en cours.
Je ne suis pas contre les éoliennes et je ne suis pas contre la vertu.
Cependant, les forces en présence: Power Corporation, la famille Chrétien, l’obscure et puissante firme étatsunienne Halliburton et les stratégies d’insertion sociale m’inquiètent au plus haut point.
Le mégaprojet de TES Canada, au-delà des nombreux impacts socioécologiques, détourne notre attention sur les avantages de ces empires de devenir d’importants distributeurs d’électricité privée. Avec ce projet de loi, ils ont le vent dans les voiles pour enfoncer le clou de la privatisation et contribuer au démantèlement de notre force collective qu’est Hydro-Québec.
La CAQ mène une attaque en règle contre le bien commun et nous musèle.
J’ai le devoir de me battre avec amour et colère contre l’usurpation de nos droits, le vol de nos ressources et la destruction de notre habitat. Je refuse d’être colonisé davantage.
Je vous invite à joindre votre voix et vos actions pour faire reculer ce gouvernement. J’implore la majorité des acteurs de la société civile et les élus qui ne sont pas sous la domination caquiste ou impérialiste, à se défendre et à contester le bâillon.
― Sébastien Bois, citoyen de Shawinigan
Source: Toujours Maîtres chez nous - Mékinac et Des Chenaux, dans Facebook / LaTribune
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Hydro-Québec attaqué!
LA PAROLE AUX LECTEURS
Chers citoyens et représentants de notre belle démocratie.
Je vous interpelle du fond du cœur, face au récent bâillon du gouvernement, concernant Hydro-Québec et leur transition énergétique (PL69).
Le geste posé est une attaque frontale à nos droits sociaux; tant au niveau démocratique, économique qu’écologique.
À la suite du bâillon, j’ai ressenti une véritable claque identitaire et une désappropriation de notre joyau national qu’est Hydro-Québec. La CAQ sombre de plus en plus dans une forme de duplessisme. Elle s’acoquine avec les classes dirigeantes économiques actuelles, nous tient des propos populistes, et ce, au détriment de la collectivité.
Je viens de Shawinigan, et dans notre région, un énorme chantier d’éolienne privé est en cours.
Je ne suis pas contre les éoliennes et je ne suis pas contre la vertu.
Cependant, les forces en présence: Power Corporation, la famille Chrétien, l’obscure et puissante firme étatsunienne Halliburton et les stratégies d’insertion sociale m’inquiètent au plus haut point.
Le mégaprojet de TES Canada, au-delà des nombreux impacts socioécologiques, détourne notre attention sur les avantages de ces empires de devenir d’importants distributeurs d’électricité privée. Avec ce projet de loi, ils ont le vent dans les voiles pour enfoncer le clou de la privatisation et contribuer au démantèlement de notre force collective qu’est Hydro-Québec.
La CAQ mène une attaque en règle contre le bien commun et nous musèle.
J’ai le devoir de me battre avec amour et colère contre l’usurpation de nos droits, le vol de nos ressources et la destruction de notre habitat. Je refuse d’être colonisé davantage.
Je vous invite à joindre votre voix et vos actions pour faire reculer ce gouvernement. J’implore la majorité des acteurs de la société civile et les élus qui ne sont pas sous la domination caquiste ou impérialiste, à se défendre et à contester le bâillon.
― Sébastien Bois, citoyen de Shawinigan
Source: Toujours Maîtres chez nous - Mékinac et Des Chenaux, dans Facebook / LaTribune
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Dire que les médias continuent de louanger Sabia.
Incroyable!
Soit que les journalistes ne sont pas libres et doivent obéir à leurs patrons qui obtiennent des millions en publicité des gouvernements, soit qu'ils se réfugient dans la médiocrité d'un bon salaire sans fouiller le moindrement suite à une nouvelle afin de ne pas avoir de troubles.
VJP ne blâme pas nécessairement les journalistes car ils doivent gagner un salaire constant pour leur famille et proches.
Mais, malheureusement, ce que nous percevons souvent ça nous fait penser aux «flics» qui effectuent leurs enquêtes en s'efforçant de fermer leurs dossiers le plus vite possible pour faire plaisir à leurs supérieurs et obtenir une promotion, sans explorer la possibilité de résoudre le crime et même trouver le vrai coupable d'un crime.
Prenez connaissance de cette chronique, bien songée, de Boucar Diouf, dans cette collaboration spéciale.
Résumé
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On évoque la perte d’un pilier difficilement remplaçable autour duquel s’articulait la transformation d’Hydro-Québec.
Avec lui, on allait investir 200 milliards de dollars dans la société d’État pour préparer l’avenir énergétique du Québec.
Au début de cette grande métamorphose, il y a cette loi portée par la ministre Christine Fréchette et adoptée sous le bâillon.
Avec ce projet de loi 69 sur l’énergie, M. Sabia a fait aménager des voies de passage pour se donner des marges de manœuvre dans sa marche vers la transformation d’Hydro-Québec.
Une vision dans laquelle beaucoup d’acteurs identifient des brèches vers ce qui ressemble aux balbutiements d’une entrée du privé dans la société d’État.
Alors qu’on commençait juste à brasser la grosse marmite de cet énorme changement, Michael Sabia a décidé de lever les voiles vers d’autres cieux.
Ce qui, à mon avis, relève d’un certain manque de considération à l’égard de ses employeurs que nous sommes.
Je ne suis pas un économiste, mais depuis que le duo Sabia-Legault parle d’endetter Hydro-Québec de 200 milliards de dollars supplémentaires, je me pose quand même des questions sur l’avenir de ce joyau qu’on aime bien présenter comme la propriété de tous les Québécois.
Je me pose des questions que n’importe quel propriétaire d’un bungalow se poserait avant d’emprunter pour des rénovations ou un projet d’agrandissement.
Combien vaut exactement Hydro-Québec?
En 2022, je me souviens d’avoir lu cet extrait dans un texte de Francis Vailles, qui est une référence journalistique dans le domaine : « en retranchant la dette d’Hydro de sa valeur de 121 milliards, on obtient un avoir propre de 72 milliards, soit la somme qui resterait dans les poches du gouvernement s’il vendait Hydro, essentiellement ».
Donc, si ma compréhension est bonne, il y a une certaine évaluation d’Hydro-Québec qui estimait à l’époque sa valeur à 72 milliards et sa dette à près de 50 milliards.
J’imagine qu’il y a d’autres façons de calculer la valeur nette de notre compagnie d’électricité, mais comme dirait Pierre Poilievre, ma démarche relève bien plus du gros bon sens que de la précision comptable.
Disons simplement que c’est à cette grosse dette qu’on veut ajouter un autre 200 milliards sur 10 ans pour moderniser le réseau électrique et augmenter la production, notamment dans le domaine de l’énergie éolienne.
C’est le risque financier nécessaire pour doubler la capacité de production d’électricité d’ici 2035, nous dit-on.
Maintenant, la question qui tracasse le novice en économie que je suis.
Qui nous prêtera cet argent?
Qu’est-ce qui arrivera en cas de problème de rentabilité?
Cette dernière interrogation est d’autant plus pertinente que nous traversons des turbulences environnementales qui risquent d’affecter la production d’hydroélectricité.
Les signes annonciateurs d’une telle éventualité se font déjà sentir.
Ces dernières années, à cause de la baisse de niveau dans les réservoirs d’Hydro-Québec, on a déjà vu les bénéfices de la société diminuer substantiellement.
Avec le niveau d’endettement astronomique dans lequel on veut engager Hydro-Québec, on peut se demander à qui appartiendra véritablement la société d’État advenant des problèmes.
Aux Québécois ou aux créanciers?
On n’a pas besoin d’avoir un prix Nobel en économie pour imaginer que les prêteurs pousseront pour une privatisation de notre société d’électricité.
Pourquoi donc ne pas aborder plus sagement ce projet de modernisation d’Hydro-Québec plutôt que d’emprunter cette voie qui me semble trop gourmande?
Je n’ai pas de réponse à mes questions, mais je voulais les soulever alors que le grand patron d’Hydro qui avait signé un contrat de cinq ans pour opérer cet énorme virage a décidé de lever les feutres juste après l’adoption du projet de loi, une disposition dans laquelle il a pourtant fait aménager des amendements que même les parlementaires n’ont pas eu la chance d’évaluer en profondeur.
Pour justifier son départ, on nous explique que le premier ministre du Canada, Mark Carney, a besoin de ses compétences dans un dossier bien plus urgent qu’Hydro-Québec.
Il l’a recruté pour devenir le greffier du Bureau du Conseil privé.
Autrement dit, un proche conseiller, « à un moment où le pays fait face à des enjeux sans précédent ». Mais au-delà de la défense de la nation canadienne, si essentielle soit-elle en ces temps de crise avec le voisin du Sud, le départ de M. Sabia trouve certainement aussi son explication dans le grand prestige associé à ses nouvelles fonctions.
Chez ces gens de grand pouvoir qui carburent à la dopamine, la routine est souvent porteuse d’un ennui mortel.
De ce fait, relever d’autres défis, c’est retrouver la nouveauté qui fait jubiler à nouveau le système dopaminergique.
Michael Sabia décampe vers d’autres cieux plus aphrodisiaques.
Je suis de ceux qui conspuent la façon avec laquelle il a déchiré le contrat qu’il avait signé avec tous les Québécois.
Quitter aussi abruptement en laissant le navire sans capitaine n’est vraiment pas louable.
Cela dit, à voir la façon dont Pierre Fitzgibbon a abandonné ses responsabilités dans le même dossier, il est difficile aussi de faire la leçon à Michael Sabia.
Mais celui que l’histoire jugera, c’est François Legault, qui joue gros avec l’avenir d’Hydro-Québec.
Aussi, à l’approche de la fête nationale, je répète une chose que j’ai déjà dite il y a quelques mois dans ces pages.
J’espère pour M. Legault que l’histoire ne retiendra pas son nom comme celui du premier ministre qui aura été à l’origine de la dilapidation d’un des plus grands héritages de la Révolution tranquille.
En effet, il ne faut pas se leurrer, Hydro-Québec est un fleuron qui fait saliver les prédateurs économiques de tout acabit qui rêvent de transformer ce bien collectif en fortunes individuelles.
Tous ces chasseurs d’opportunités n’attendent que des signes de faiblesse émanant d’Hydro pour attaquer en espérant la tailler en pièces.
Et parfois, il suffit d’une minuscule brèche et d’un peu de temps à un microscopique parasite pour terrasser un éléphant.
Source: Vérité, Justice & Politique, dans Facebook / La Presse
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Incroyable!
Soit que les journalistes ne sont pas libres et doivent obéir à leurs patrons qui obtiennent des millions en publicité des gouvernements, soit qu'ils se réfugient dans la médiocrité d'un bon salaire sans fouiller le moindrement suite à une nouvelle afin de ne pas avoir de troubles.
VJP ne blâme pas nécessairement les journalistes car ils doivent gagner un salaire constant pour leur famille et proches.
Mais, malheureusement, ce que nous percevons souvent ça nous fait penser aux «flics» qui effectuent leurs enquêtes en s'efforçant de fermer leurs dossiers le plus vite possible pour faire plaisir à leurs supérieurs et obtenir une promotion, sans explorer la possibilité de résoudre le crime et même trouver le vrai coupable d'un crime.
Prenez connaissance de cette chronique, bien songée, de Boucar Diouf, dans cette collaboration spéciale.
Résumé
Michael Sabia a décidé de quitter Hydro-Québec de façon inattendue.
On a beau le présenter comme un homme d’une grande compétence, il a quand même quitté le navire d’une vilaine façon.
Ce qui est plus surprenant encore, c’est d’entendre parler de lui dans les médias avec un mélange d’éloges et de nostalgie.
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On évoque la perte d’un pilier difficilement remplaçable autour duquel s’articulait la transformation d’Hydro-Québec.
Avec lui, on allait investir 200 milliards de dollars dans la société d’État pour préparer l’avenir énergétique du Québec.
Au début de cette grande métamorphose, il y a cette loi portée par la ministre Christine Fréchette et adoptée sous le bâillon.
Avec ce projet de loi 69 sur l’énergie, M. Sabia a fait aménager des voies de passage pour se donner des marges de manœuvre dans sa marche vers la transformation d’Hydro-Québec.
Une vision dans laquelle beaucoup d’acteurs identifient des brèches vers ce qui ressemble aux balbutiements d’une entrée du privé dans la société d’État.
Alors qu’on commençait juste à brasser la grosse marmite de cet énorme changement, Michael Sabia a décidé de lever les voiles vers d’autres cieux.
Ce qui, à mon avis, relève d’un certain manque de considération à l’égard de ses employeurs que nous sommes.
Je ne suis pas un économiste, mais depuis que le duo Sabia-Legault parle d’endetter Hydro-Québec de 200 milliards de dollars supplémentaires, je me pose quand même des questions sur l’avenir de ce joyau qu’on aime bien présenter comme la propriété de tous les Québécois.
Je me pose des questions que n’importe quel propriétaire d’un bungalow se poserait avant d’emprunter pour des rénovations ou un projet d’agrandissement.
Combien vaut exactement Hydro-Québec?
En 2022, je me souviens d’avoir lu cet extrait dans un texte de Francis Vailles, qui est une référence journalistique dans le domaine : « en retranchant la dette d’Hydro de sa valeur de 121 milliards, on obtient un avoir propre de 72 milliards, soit la somme qui resterait dans les poches du gouvernement s’il vendait Hydro, essentiellement ».
Donc, si ma compréhension est bonne, il y a une certaine évaluation d’Hydro-Québec qui estimait à l’époque sa valeur à 72 milliards et sa dette à près de 50 milliards.
J’imagine qu’il y a d’autres façons de calculer la valeur nette de notre compagnie d’électricité, mais comme dirait Pierre Poilievre, ma démarche relève bien plus du gros bon sens que de la précision comptable.
Disons simplement que c’est à cette grosse dette qu’on veut ajouter un autre 200 milliards sur 10 ans pour moderniser le réseau électrique et augmenter la production, notamment dans le domaine de l’énergie éolienne.
C’est le risque financier nécessaire pour doubler la capacité de production d’électricité d’ici 2035, nous dit-on.
Maintenant, la question qui tracasse le novice en économie que je suis.
Qui nous prêtera cet argent?
Qu’est-ce qui arrivera en cas de problème de rentabilité?
Cette dernière interrogation est d’autant plus pertinente que nous traversons des turbulences environnementales qui risquent d’affecter la production d’hydroélectricité.
Les signes annonciateurs d’une telle éventualité se font déjà sentir.
Ces dernières années, à cause de la baisse de niveau dans les réservoirs d’Hydro-Québec, on a déjà vu les bénéfices de la société diminuer substantiellement.
Avec le niveau d’endettement astronomique dans lequel on veut engager Hydro-Québec, on peut se demander à qui appartiendra véritablement la société d’État advenant des problèmes.
Aux Québécois ou aux créanciers?
On n’a pas besoin d’avoir un prix Nobel en économie pour imaginer que les prêteurs pousseront pour une privatisation de notre société d’électricité.
Pourquoi donc ne pas aborder plus sagement ce projet de modernisation d’Hydro-Québec plutôt que d’emprunter cette voie qui me semble trop gourmande?
Je n’ai pas de réponse à mes questions, mais je voulais les soulever alors que le grand patron d’Hydro qui avait signé un contrat de cinq ans pour opérer cet énorme virage a décidé de lever les feutres juste après l’adoption du projet de loi, une disposition dans laquelle il a pourtant fait aménager des amendements que même les parlementaires n’ont pas eu la chance d’évaluer en profondeur.
Pour justifier son départ, on nous explique que le premier ministre du Canada, Mark Carney, a besoin de ses compétences dans un dossier bien plus urgent qu’Hydro-Québec.
Il l’a recruté pour devenir le greffier du Bureau du Conseil privé.
Autrement dit, un proche conseiller, « à un moment où le pays fait face à des enjeux sans précédent ». Mais au-delà de la défense de la nation canadienne, si essentielle soit-elle en ces temps de crise avec le voisin du Sud, le départ de M. Sabia trouve certainement aussi son explication dans le grand prestige associé à ses nouvelles fonctions.
Chez ces gens de grand pouvoir qui carburent à la dopamine, la routine est souvent porteuse d’un ennui mortel.
De ce fait, relever d’autres défis, c’est retrouver la nouveauté qui fait jubiler à nouveau le système dopaminergique.
Michael Sabia décampe vers d’autres cieux plus aphrodisiaques.
Je suis de ceux qui conspuent la façon avec laquelle il a déchiré le contrat qu’il avait signé avec tous les Québécois.
Quitter aussi abruptement en laissant le navire sans capitaine n’est vraiment pas louable.
Cela dit, à voir la façon dont Pierre Fitzgibbon a abandonné ses responsabilités dans le même dossier, il est difficile aussi de faire la leçon à Michael Sabia.
Mais celui que l’histoire jugera, c’est François Legault, qui joue gros avec l’avenir d’Hydro-Québec.
Aussi, à l’approche de la fête nationale, je répète une chose que j’ai déjà dite il y a quelques mois dans ces pages.
J’espère pour M. Legault que l’histoire ne retiendra pas son nom comme celui du premier ministre qui aura été à l’origine de la dilapidation d’un des plus grands héritages de la Révolution tranquille.
En effet, il ne faut pas se leurrer, Hydro-Québec est un fleuron qui fait saliver les prédateurs économiques de tout acabit qui rêvent de transformer ce bien collectif en fortunes individuelles.
Tous ces chasseurs d’opportunités n’attendent que des signes de faiblesse émanant d’Hydro pour attaquer en espérant la tailler en pièces.
Et parfois, il suffit d’une minuscule brèche et d’un peu de temps à un microscopique parasite pour terrasser un éléphant.
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