Mark Carney persiste et signe, contre les États-Unis, au détriment des intérêts des Canadiens
Posté : 04 septembre 2026, 07:25
La fermeté a un prix
Le premier ministre Mark Carney affiche une ligne dure face à Washington : pas de retour à la table des négociations tant que les responsables américains ne cesseront pas les provocations et ne se montreront pas disposés à discuter sérieusement. Cette posture peut paraître nécessaire pour défendre la souveraineté canadienne, mais elle comporte aussi un risque très concret : celui de faire payer une partie importante de la facture aux ménages, aux travailleurs et aux entreprises du Canada.
Les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50% sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens, dont des articles liés notamment au vin, aux produits laitiers, au ciment, au bois, aux meubles et à certains vêtements. Même si cela représente environ 5% des exportations canadiennes vers le marché américain, les effets peuvent être majeurs pour les secteurs et les régions directement visés.
Le Canada a choisi de répliquer « dollar pour dollar », avec des tarifs visant des importations américaines dans l’acier, les produits laitiers, les électroménagers, la machinerie agricole, les pâtes et papiers et l’électronique. Cette réponse peut donner à Ottawa un levier de négociation et protéger certains producteurs canadiens contre une concurrence américaine moins chère. Mais un tarif est aussi, au bout du compte, une taxe sur les importations : il augmente le coût des produits américains achetés par des importateurs, des détaillants et des fabricants canadiens.
Les consommateurs à risque
C’est là que les Canadiens pourraient souffrir le plus rapidement.
Mark Carney l’a lui-même reconnu : les contre-tarifs canadiens vont « augmenter les coûts et réduire le choix » pour les consommateurs.
Des emplois en jeu
Les tarifs américains ne frappent pas seulement les produits : ils frappent les contrats, les usines et les emplois qui dépendent des ventes aux États-Unis. Or, le marché américain demeure de loin le principal débouché commercial du Canada; près des trois quarts des exportations canadiennes y sont destinées. Cela rend l’économie canadienne plus vulnérable qu’une économie américaine beaucoup plus grande et plus diversifiée.
Les estimations varient mais l’économiste Trevor Tombe, de l’Université de Calgary, a évalué que le maintien de ces tarifs pourrait éventuellement coûter près de 90 000 emplois au pays. Le gouvernement fédéral estime de son côté qu’environ 56 000 emplois pourraient être à risque dans les secteurs touchés.
Au Québec, les inquiétudes sont particulièrement pertinentes pour les entreprises exportatrices, les fabricants de meubles et de matériaux, les producteurs et transformateurs agroalimentaires, les secteurs de l’aluminium et de l’acier, ainsi que les fournisseurs intégrés aux chaînes de production nord-américaines. Une PME qui perd un client américain ne peut pas nécessairement remplacer ce marché rapidement par un client européen ou asiatique.
Se tenir debout, sans s’isoler
La fermeté de Carney peut être politiquement populaire. Un sondage Abacus Data indiquait que 71% des répondants appuyaient la décision de suspendre les négociations plutôt que d’accepter les conditions américaines proposées. Et il serait difficile pour Ottawa d’accepter un accord qui affaiblirait des secteurs stratégiques ou exigerait des concessions jugées incompatibles avec les intérêts du pays.
Mais la popularité d’une position ferme peut s’éroder si les pertes d’emplois, les hausses de prix et l’incertitude économique commencent à se faire sentir. Le défi du gouvernement canadien est donc double : défendre les intérêts du Canada sans transformer un conflit commercial en guerre d’usure contre sa propre économie.
Le Canada doit demeurer prêt à négocier, mais à partir d’une position claire : pas de concessions qui compromettent sa souveraineté ou ses industries essentielles, mais pas non plus d’escalade automatique qui ferait des consommateurs et des travailleurs canadiens les victimes collatérales d’un bras de fer politique avec Washington.
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Le premier ministre Mark Carney affiche une ligne dure face à Washington : pas de retour à la table des négociations tant que les responsables américains ne cesseront pas les provocations et ne se montreront pas disposés à discuter sérieusement. Cette posture peut paraître nécessaire pour défendre la souveraineté canadienne, mais elle comporte aussi un risque très concret : celui de faire payer une partie importante de la facture aux ménages, aux travailleurs et aux entreprises du Canada.
Les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50% sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens, dont des articles liés notamment au vin, aux produits laitiers, au ciment, au bois, aux meubles et à certains vêtements. Même si cela représente environ 5% des exportations canadiennes vers le marché américain, les effets peuvent être majeurs pour les secteurs et les régions directement visés.
Le Canada a choisi de répliquer « dollar pour dollar », avec des tarifs visant des importations américaines dans l’acier, les produits laitiers, les électroménagers, la machinerie agricole, les pâtes et papiers et l’électronique. Cette réponse peut donner à Ottawa un levier de négociation et protéger certains producteurs canadiens contre une concurrence américaine moins chère. Mais un tarif est aussi, au bout du compte, une taxe sur les importations : il augmente le coût des produits américains achetés par des importateurs, des détaillants et des fabricants canadiens.
Les consommateurs à risque
C’est là que les Canadiens pourraient souffrir le plus rapidement.
- Les détaillants peuvent refiler une partie des nouveaux coûts aux clients, notamment pour l’électronique, les appareils ménagers, les matériaux de construction ou l’équipement agricole.
- Les entreprises qui utilisent des pièces, des machines ou des matières premières américaines doivent absorber un coût plus élevé ou augmenter leurs propres prix.
- Les familles pourraient faire face à moins de choix, particulièrement dans les catégories où les produits américains occupent une grande place sur les tablettes canadiennes.
- Une escalade des tarifs risquerait d’alimenter l’inflation au moment même où beaucoup de ménages demeurent vulnérables au coût du logement, de l’alimentation et du crédit.
Mark Carney l’a lui-même reconnu : les contre-tarifs canadiens vont « augmenter les coûts et réduire le choix » pour les consommateurs.
Des emplois en jeu
Les tarifs américains ne frappent pas seulement les produits : ils frappent les contrats, les usines et les emplois qui dépendent des ventes aux États-Unis. Or, le marché américain demeure de loin le principal débouché commercial du Canada; près des trois quarts des exportations canadiennes y sont destinées. Cela rend l’économie canadienne plus vulnérable qu’une économie américaine beaucoup plus grande et plus diversifiée.
Les estimations varient mais l’économiste Trevor Tombe, de l’Université de Calgary, a évalué que le maintien de ces tarifs pourrait éventuellement coûter près de 90 000 emplois au pays. Le gouvernement fédéral estime de son côté qu’environ 56 000 emplois pourraient être à risque dans les secteurs touchés.
Au Québec, les inquiétudes sont particulièrement pertinentes pour les entreprises exportatrices, les fabricants de meubles et de matériaux, les producteurs et transformateurs agroalimentaires, les secteurs de l’aluminium et de l’acier, ainsi que les fournisseurs intégrés aux chaînes de production nord-américaines. Une PME qui perd un client américain ne peut pas nécessairement remplacer ce marché rapidement par un client européen ou asiatique.
Se tenir debout, sans s’isoler
La fermeté de Carney peut être politiquement populaire. Un sondage Abacus Data indiquait que 71% des répondants appuyaient la décision de suspendre les négociations plutôt que d’accepter les conditions américaines proposées. Et il serait difficile pour Ottawa d’accepter un accord qui affaiblirait des secteurs stratégiques ou exigerait des concessions jugées incompatibles avec les intérêts du pays.
Mais la popularité d’une position ferme peut s’éroder si les pertes d’emplois, les hausses de prix et l’incertitude économique commencent à se faire sentir. Le défi du gouvernement canadien est donc double : défendre les intérêts du Canada sans transformer un conflit commercial en guerre d’usure contre sa propre économie.
Le Canada doit demeurer prêt à négocier, mais à partir d’une position claire : pas de concessions qui compromettent sa souveraineté ou ses industries essentielles, mais pas non plus d’escalade automatique qui ferait des consommateurs et des travailleurs canadiens les victimes collatérales d’un bras de fer politique avec Washington.
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