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Le point sur la rupture des pourparlers Canada–États-Unis

Posté : 28 août 2026, 09:44
par cgelinas
Dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 août 2026, le premier ministre Mark Carney a ordonné à ses négociateurs de rentrer à Ottawa, mettant ainsi fin à plus d'un an de discussions commerciales bilatérales avec les États-Unis.


La rupture est survenue moins d'une heure avant l'échéance fixée par la Maison-Blanche, entraînant l'entrée en vigueur immédiate de nouveaux tarifs américains de 50 % sur environ 20 à 28 milliards de dollars de produits canadiens (CBC News; NBC News; Cabinet du premier ministre).

Les parties en présence

Du côté canadien, l'équipe de négociation était menée par Dominic LeBlanc, ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, et Janice Charette, négociatrice en chef, en compagnie de Kirsten Hillman, ambassadrice du Canada aux États-Unis. Mark Carney supervisait le dossier au sommet et a pris personnellement la décision de suspendre les pourparlers (Le Soleil; Politico). Du côté américain, le représentant au Commerce Jamieson Greer dirigeait officiellement la négociation, mais selon des sources citées par le Globe and Mail, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick aurait joué un rôle central en poussant pour des conditions plus dures que celles envisagées par Greer lui-même.

Ce qui était sur la table

Selon Carney, le Canada s'était dit prêt à retirer ses tarifs de représailles restants sur l'acier, l'aluminium et les autos, à encourager les provinces à remettre l'alcool américain sur les tablettes, et à protéger la gestion de l'offre par des mesures administratives sans toucher au système lui-même — en échange d'une réduction substantielle des tarifs américains sur les secteurs stratégiques canadiens. Les trois points de rupture identifiés par Carney furent : le traitement du contenu canadien dans les véhicules (les Américains voulant limiter les baisses tarifaires aux voitures particulières, excluant camions et véhicules lourds), une clause qui aurait restreint la capacité du Canada à signer des accords commerciaux avec d'autres pays, et des questions liées aux règles sur le contenu culturel et linguistique français.

Deux versions qui s'affrontent

Carney a résumé sa position en disant que les Américains « demandaient trop et offraient trop peu », insistant sur le fait que ces conditions de dernière minute étaient « inéquitables, non rentables » et menaçaient la souveraineté canadienne. Jamieson Greer a rétorqué que c'est Ottawa qui avait introduit de nouvelles demandes et reculé sur des engagements pris plus tôt dans la semaine, alors même que Washington avait proposé de réduire les tarifs sur l'acier, l'autos et le bois d'œuvre. Il a aussi affirmé sur Fox News, le samedi 22 août, qu'aucune reprise des négociations n'était prévue.

En clair : les sources disponibles ne permettent pas de trancher objectivement que l'offre américaine était « raisonnable » — c'est une lecture contestée par le gouvernement canadien lui-même, qui l'a jugée inacceptable pour des motifs de souveraineté et de compétitivité industrielle, tandis que les représentants américains soutiennent l'inverse. Le Canada a répliqué par des tarifs équivalents « au dollar près », entrant en vigueur le 8 septembre 2026, visant notamment l'acier, les produits laitiers, l'électroménager, le matériel agricole, les pâtes et papiers, et l'électronique.



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