Une cotisation en plus sur le talon de paie pour financer le soutien à domicile des aînés?
Posté : 15 juillet 2026, 10:32
13 juillet 2026
Un nouveau mouvement — la Coalition québécoise pour vieillir en santé — propose de mettre en place un régime national d’allocation à l’autonomie, qui serait principalement financé par les cotisations des contribuables, au même titre que le régime public d’assurance médicaments ou le régime d’assurance parentale.
Pour la coalition, cela s’avère nécessaire devant les défis liés au vieillissement de la population. Le Régime national d’allocation à l’autonomie (RNAA) servirait à financer le soutien à domicile et à construire davantage de places d’hébergement pour les aînés.
Actuellement, les gens qui souhaitent recevoir des soins à domicile doivent demander une évaluation de leurs besoins au CLSC pour recevoir les services du personnel par le biais de l’Allocation autonomie à domicile, anciennement connue sous le nom de Chèque emploi service.
Le nombre de personnes âgées nécessitant de l’aide à l’autonomie pourrait atteindre près de 350 000 dès 2030, selon un avis de la firme d’économistes Aviseo Conseil, commandé par l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), publié lundi.
Cette année-là coïncide avec la fin d’un mandat du prochain gouvernement, quel qu’il soit, souligne en entrevue Rémy Trudel, ancien ministre de la Santé et co-porte-parole de la coalition, qui regroupe pour l’instant une dizaine d’organisations provenant principalement du milieu de la santé et de l’accompagnement des personnes aînées.
« En 2030, il va y avoir 350 000 personnes âgées au Québec qui sont en besoin de services de différents niveaux, de différentes intensités. Alors, inutile de dire “on va y penser, on va regarder ça”, il faut y penser actuellement », dit-il.
Les besoins en soutien à l’autonomie augmentent avec l’âge. Aviseo indique dans son rapport qu’environ 25 % des personnes de 80 à 84 ans ont besoin d’un soutien à l’autonomie, une proportion qui grimpe à 45 % chez les 85 à 89 ans et à 63 % chez les 90 ans et plus.
Le directeur général de l’ASPQ, Thomas Bastien, déplore que le Québec continue de répondre aux défis du vieillissement de la population en mode réaction.
« Près de 60 % des répondants à une étude Léger qui a été faite dernièrement indiquent qu’ils privilégieraient d’abord des services à domicile si eux-mêmes ou un proche présentaient une perte d’autonomie importante. Donc, ce qu’on comprend, c’est qu’une grande partie de la population a envie de vieillir en santé à la maison et de rester autonome le plus longtemps possible. Et on le voit actuellement, on est avec un système de santé qui a du mal à répondre aux besoins », affirme M. Bastien.
D’ailleurs, le sondage Léger indiquait que 84 % des Québécois appuient l’implantation d’un régime national d’allocation à l’autonomie visant à financer des services comme le soutien à domicile et l’hébergement.
Le sondage a été réalisé du 1er au 3 mai 2026 auprès de 1033 répondants. Un échantillon de cette taille aurait une marge d’erreur présumée de plus ou moins 3,05 %, 19 fois sur 20.
Le poids du financement en amont ou en aval
Est-ce qu’on a les moyens de s’occuper des centaines de milliers de Québécois qui seront en perte d’autonomie dans quatre ans ? demande M. Trudel.
« Dans les paramètres actuels, la réponse est clairement non. On n’a pas la capacité », lâche-t-il.
Aviseo mentionne dans son document que « le financement des soins de longue durée s’impose sous l’effet des pressions démographiques, qu’un régime national d’allocation à l’autonomie soit instauré ou non. L’État devra, dans tous les cas, accroître ses dépenses pour répondre à la hausse des besoins ».
« Et la seule autre porte de sortie qui peut rester pour s’en occuper, c’est les emprunts et la dette, pointe M. Trudel. En faisant cela, on transfère tout le poids sur les autres générations. »
Source: Le Devoir
Commentaire de Maxime Ouimet concernant cette proposition.
-- -- --
Un nouveau mouvement — la Coalition québécoise pour vieillir en santé — propose de mettre en place un régime national d’allocation à l’autonomie, qui serait principalement financé par les cotisations des contribuables, au même titre que le régime public d’assurance médicaments ou le régime d’assurance parentale.
Pour la coalition, cela s’avère nécessaire devant les défis liés au vieillissement de la population. Le Régime national d’allocation à l’autonomie (RNAA) servirait à financer le soutien à domicile et à construire davantage de places d’hébergement pour les aînés.
Actuellement, les gens qui souhaitent recevoir des soins à domicile doivent demander une évaluation de leurs besoins au CLSC pour recevoir les services du personnel par le biais de l’Allocation autonomie à domicile, anciennement connue sous le nom de Chèque emploi service.
Le nombre de personnes âgées nécessitant de l’aide à l’autonomie pourrait atteindre près de 350 000 dès 2030, selon un avis de la firme d’économistes Aviseo Conseil, commandé par l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), publié lundi.
Cette année-là coïncide avec la fin d’un mandat du prochain gouvernement, quel qu’il soit, souligne en entrevue Rémy Trudel, ancien ministre de la Santé et co-porte-parole de la coalition, qui regroupe pour l’instant une dizaine d’organisations provenant principalement du milieu de la santé et de l’accompagnement des personnes aînées.
« En 2030, il va y avoir 350 000 personnes âgées au Québec qui sont en besoin de services de différents niveaux, de différentes intensités. Alors, inutile de dire “on va y penser, on va regarder ça”, il faut y penser actuellement », dit-il.
« La seule autre porte de sortie qui peut rester pour s’en occuper, c’est les emprunts et la dette. En faisant cela, on transfère tout le poids sur les autres générations. »
Rémy Trudel
Les besoins en soutien à l’autonomie augmentent avec l’âge. Aviseo indique dans son rapport qu’environ 25 % des personnes de 80 à 84 ans ont besoin d’un soutien à l’autonomie, une proportion qui grimpe à 45 % chez les 85 à 89 ans et à 63 % chez les 90 ans et plus.
Le directeur général de l’ASPQ, Thomas Bastien, déplore que le Québec continue de répondre aux défis du vieillissement de la population en mode réaction.
« Près de 60 % des répondants à une étude Léger qui a été faite dernièrement indiquent qu’ils privilégieraient d’abord des services à domicile si eux-mêmes ou un proche présentaient une perte d’autonomie importante. Donc, ce qu’on comprend, c’est qu’une grande partie de la population a envie de vieillir en santé à la maison et de rester autonome le plus longtemps possible. Et on le voit actuellement, on est avec un système de santé qui a du mal à répondre aux besoins », affirme M. Bastien.
D’ailleurs, le sondage Léger indiquait que 84 % des Québécois appuient l’implantation d’un régime national d’allocation à l’autonomie visant à financer des services comme le soutien à domicile et l’hébergement.
Le sondage a été réalisé du 1er au 3 mai 2026 auprès de 1033 répondants. Un échantillon de cette taille aurait une marge d’erreur présumée de plus ou moins 3,05 %, 19 fois sur 20.
Le poids du financement en amont ou en aval
Est-ce qu’on a les moyens de s’occuper des centaines de milliers de Québécois qui seront en perte d’autonomie dans quatre ans ? demande M. Trudel.
« Dans les paramètres actuels, la réponse est clairement non. On n’a pas la capacité », lâche-t-il.
Aviseo mentionne dans son document que « le financement des soins de longue durée s’impose sous l’effet des pressions démographiques, qu’un régime national d’allocation à l’autonomie soit instauré ou non. L’État devra, dans tous les cas, accroître ses dépenses pour répondre à la hausse des besoins ».
« Et la seule autre porte de sortie qui peut rester pour s’en occuper, c’est les emprunts et la dette, pointe M. Trudel. En faisant cela, on transfère tout le poids sur les autres générations. »
Source: Le Devoir
Commentaire de Maxime Ouimet concernant cette proposition.
-- -- --