Brise-glace «Polar Max»: la pièce maîtresse de la stratégie canadienne dans l’Arctique construite à Lévis
Posté : 31 mars 2026, 09:48
31 mars 2026
Le chantier naval Davie, à Lévis, amorcera mardi une étape déterminante du virage sécuritaire du Canada dans l’Arctique en lançant officiellement la construction du plus imposant brise‐glace jamais construit au pays.
Ce monstre d’acier long de 138 mètres et capable de fendre plus de deux mètres de glace doit être livré à la Garde côtière canadienne en 2030, pour 3,25 milliards $.
Le Polar Max pourra se frayer un chemin en Arctique tout au long de l’année. Le Canada ne possède actuellement aucun autre outil maritime offrant une telle puissance.
« Ce sera le seul actif canadien capable d’opérer en continu dans le Grand Nord », indique Lindsey Kettel, la présidente de Chantier Davie. Le navire pourra ravitailler des communautés isolées, intervenir lors d’urgences majeures et soutenir la Garde côtière dans sa mission de surveillance nordique, énumère-t-elle.
Les limites de l’approvisionnement national
Ce gigantesque chantier est « un retour structurant à la construction navale lourde au Québec », annonce Mme Kettel. Davie privilégie en effet l’approvisionnement canadien dans la construction, comme le prévoit la Stratégie industrielle de défense dévoilée le mois dernier.
La composition du Polar Max montre cependant les limites de cette stratégie, car, si l’acier de la superstructure provient d’Algoma Steel, en Ontario, celui de la coque est introuvable au pays parce que nos aciéries n’ont pas investi pour fabriquer ce matériau hautement sophistiqué.
Ce sont donc des Européens qui fournissent l’acier de la coque qui est actuellement en construction au chantier naval d’Helsinki, en Finlande, un chantier racheté par Davie en 2023. Le brise-glace sera aussi propulsé par des moteurs européens puisqu’aucune entreprise d’ici ne fabrique un système de propulsion assez puissant.
Un atout pour l’OTAN
Mais, pour Mme Exner-Pirot, le Polar Max doit être compris avant tout comme un instrument de sécurité nationale, et non de développement économique.
Elle insiste sur le fait que l’Arctique est désormais perçu comme un espace stratégique épineux. La montée des tensions internationales transforme la région en zone de surveillance prioritaire pour l’Alliance, notamment en ce qui a trait aux trajectoires de missiles et aux capacités de déploiement militaire.
La région est aussi convoitée pour le commerce, car, à mesure que les glaces du pôle fondent, de nouvelles routes maritimes se dessinent. Ce n’est pas pour rien que le gouvernement Carney veut favoriser le développement de ports polaires.
Dans un tel contexte, « un seul Polar Max ne suffira pas à long terme », prévient Mme Kettel, qui rêve déjà de construire d’autres géants des glaces dans ses cales sèches québécoises.
Source: Journal de Montréal
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Le chantier naval Davie, à Lévis, amorcera mardi une étape déterminante du virage sécuritaire du Canada dans l’Arctique en lançant officiellement la construction du plus imposant brise‐glace jamais construit au pays.
Ce monstre d’acier long de 138 mètres et capable de fendre plus de deux mètres de glace doit être livré à la Garde côtière canadienne en 2030, pour 3,25 milliards $.
Le Polar Max pourra se frayer un chemin en Arctique tout au long de l’année. Le Canada ne possède actuellement aucun autre outil maritime offrant une telle puissance.
« Ce sera le seul actif canadien capable d’opérer en continu dans le Grand Nord », indique Lindsey Kettel, la présidente de Chantier Davie. Le navire pourra ravitailler des communautés isolées, intervenir lors d’urgences majeures et soutenir la Garde côtière dans sa mission de surveillance nordique, énumère-t-elle.
« Il nous permettra d’aller où la Russie va », ajoute Heather Exner-Pirot, spécialiste des infrastructures arctiques et directrice « Énergie, ressources naturelles et environnement » à l’Institut MacDonald Laurier.
Les limites de l’approvisionnement national
Ce gigantesque chantier est « un retour structurant à la construction navale lourde au Québec », annonce Mme Kettel. Davie privilégie en effet l’approvisionnement canadien dans la construction, comme le prévoit la Stratégie industrielle de défense dévoilée le mois dernier.
La composition du Polar Max montre cependant les limites de cette stratégie, car, si l’acier de la superstructure provient d’Algoma Steel, en Ontario, celui de la coque est introuvable au pays parce que nos aciéries n’ont pas investi pour fabriquer ce matériau hautement sophistiqué.
Ce sont donc des Européens qui fournissent l’acier de la coque qui est actuellement en construction au chantier naval d’Helsinki, en Finlande, un chantier racheté par Davie en 2023. Le brise-glace sera aussi propulsé par des moteurs européens puisqu’aucune entreprise d’ici ne fabrique un système de propulsion assez puissant.
Un atout pour l’OTAN
Mais, pour Mme Exner-Pirot, le Polar Max doit être compris avant tout comme un instrument de sécurité nationale, et non de développement économique.
« Personne d’autre au sein de l’OTAN, pas même les États‐Unis, ne sera capable de se comparer au Canada », soutient-elle.
Elle insiste sur le fait que l’Arctique est désormais perçu comme un espace stratégique épineux. La montée des tensions internationales transforme la région en zone de surveillance prioritaire pour l’Alliance, notamment en ce qui a trait aux trajectoires de missiles et aux capacités de déploiement militaire.
La région est aussi convoitée pour le commerce, car, à mesure que les glaces du pôle fondent, de nouvelles routes maritimes se dessinent. Ce n’est pas pour rien que le gouvernement Carney veut favoriser le développement de ports polaires.
Dans un tel contexte, « un seul Polar Max ne suffira pas à long terme », prévient Mme Kettel, qui rêve déjà de construire d’autres géants des glaces dans ses cales sèches québécoises.
Source: Journal de Montréal
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