Attaque israélo-américaine contre l'Iran

Répondre
Avatar du membre
cgelinas
Administrateur
Messages : 10064
Enregistré le : 25 mai 2010, 22:07
Localisation : Lévis, QC
Contact :

Énorme et explosif: "déposez les armes ou vous ferez face à une mort certaine".

Le samedi, 28 février 2026, Israël et les États-Unis ont lancé une attaque conjointe MASSIVE contre l'Iran, nommée "Roaring Lion" par Israël et "Operation Epic Fury" par les États-Unis.

Cette opération, débutée vers 9h27 heure locale avec environ 200 avions de combat israéliens, a visé des sites militaires à Téhéran, Ispahan, Qom, Karaj et Kermanshah, incluant le complexe du Guide suprême Ali Khamenei (gravement endommagé), des lanceurs de missiles et des défenses aériennes.

Le président américain Donald Trump a confirmé les frappes, appelant les membres des Gardiens de la Révolution (IRGC) à déposer les armes sous peine de "mort certaine" et visant à détruire les capacités nucléaires et balistiques iraniennes pour favoriser un changement de régime.

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a qualifié l'assaut de "préventif".

Des sources indiquent la mort probable de hauts responsables comme Ali Shamkhani et des commandants IRGC ; l'Iran rapporte au moins 201 morts et 747 blessés, dont 85 enfants dans une école à Minab.

Et loin de se rendre, l'Iran a riposté...

Sans délais, l'Iran contre-attaqué avec des salves de missiles balistiques et des drones contre Israël (blessures à Haïfa et Tel-Aviv), des bases US au Qatar (Al Udeid), au Koweït (Ali Al Salem), aux Émirats (Al Dhafra), au Bahreïn (5e flotte), en Arabie saoudite (Riyad) ainsi qu'en Jordanie et en Syrie (4 civils tués).

Les Gardiens de la Révolution ont promis une poursuite de cette riposte "sans relâche" ; les interceptions ont limité les dégâts US, sans victimes américaines rapportées.

Ça pourrait durer plusieurs jours, voir plusieurs semaines.

Cette escalade, survenue malgré des négociations récentes à Oman, a provoqué des fermetures d'espaces aériens et des alertes mondiales, avec des réactions mitigées: condamnations de l'ONU et de la Chine, soutiens d'Israël et des alliés US.

Surveillez les prix du pétrole et les réponses islamistes des réseaux financés et contrôlés, directement ou non, par l'Iran.

La géopolitique mondiale est en effervescence et les diplomaties semblent avoir (au moins temporairement) cédé le pas à l'action cinétique militaire d'un théâtre opérationnel explosif en plein Moyen-Orient.

La situation se poursuit, en ce moment-même...



Source: Ma publication, dans VK, Twitter et Facebook



Références supplémentaires



-- -- --
Fichiers joints
Source: https://www.youtube.com/watch?v=d7w5UEVRA5s
Source: https://www.youtube.com/watch?v=d7w5UEVRA5s
l-iran-attaquee-de-maniere-preventive.jpg (83.26 Kio) Vu 1381 fois
contre-attaque-de-l-iran.jpg
contre-attaque-de-l-iran.jpg (91.67 Kio) Vu 1381 fois
Claude Gélinas, Éditeur
chaudiere.ca

Blogues: Montréal | Lévis | Emploi | Succès
Dons: PayPal | DonorBox Shopping: Amazon via mon lien d'affilié, pour m'encourager...
Avatar du membre
cgelinas
Administrateur
Messages : 10064
Enregistré le : 25 mai 2010, 22:07
Localisation : Lévis, QC
Contact :

Escalade majeure en Iran: Trump confirme les frappes du 28 février 2026

La tension a explosé ce 28 février 2026.

Tandis que la fumée s'élève des bâtiments du centre de Téhéran, le président américain Donald Trump a officialisé le déclenchement d'« opérations de combat majeures » contre l'Iran. Ces frappes aériennes, réalisées conjointement par les États-Unis et Israël, ont ébranlé la capitale iranienne et signalent une escalade dramatique dans la région.

Baptisée « Epic Fury » par le Pentagone, cette offensive suit des semaines de négociations stériles sur le programme nucléaire iranien. Trump l'a décrite comme une « opération massive et continue » pour neutraliser une « dictature radicale et très malfaisante » qui menace les États-Unis et leurs alliés.

L'Iran a riposté sur-le-champ avec des missiles et drones.

Justification de Trump: une « mission noble »

Dans une allocution solennelle, Donald Trump a exposé les buts de l'intervention. « Il y a peu, l’armée des États-Unis a commencé des opérations de combat majeures en Iran. Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes du régime iranien, un groupe vicieux de gens très durs et terribles », a-t-il affirmé.

Il a souligné les périls pour les troupes et alliés américains: « Ses activités menaçantes mettent directement en danger les États-Unis, nos troupes, nos bases à l’étranger et nos alliés à travers le monde. » Conscient des pertes possibles, il a ajouté: « La vie de courageux héros américains pourrait être perdue et nous pourrions avoir des pertes. C’est ce qui arrive souvent en temps de guerre. Mais nous ne faisons pas cela pour le présent. Nous le faisons pour l’avenir, et c’est une mission noble. »

Alliance avec Israël et riposte iranienne immédiate

L'opération s'appuie sur une coordination étroite avec les Forces de défense israéliennes (IDF). Un communiqué de l'IDF indique que leur aviation « opère pour intercepter et frapper les menaces là où c’est nécessaire pour éliminer la menace ». Cela répond à un missile iranien visant Israël, activant des sirènes à Jérusalem et Haïfa.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a présenté ces frappes comme une riposte à une « menace existentielle », créant les conditions pour que « le courageux peuple iranien prenne son destin en main », et saluant le « leadership historique » de Trump. Les Gardiens de la Révolution (IRGC) ont contre-attaqué: « En réponse à l’assaut hostile et criminel de l’ennemi contre la République islamique d’Iran, la première grande vague d’attaques de missiles et de drones de la République islamique d’Iran vers la terre occupée a commencé », selon l'agence Tasnim.

Chaos à Téhéran: pannes et cibles clés

Une frappe israélienne a touché près du bureau de l'ayatollah Ali Khamenei, sans confirmation de sa présence (86 ans, dernière apparition publique il y a des semaines).

Le bilan humain reste flou mais les hôpitaux sont en alerte maximale, avec un black-out internet et GPS quasi total.

Risque d'embrasement régional

Les ripostes ont visé Amman (Jordanie), Bahreïn (base US), et potentiellement Chabahar, Konarak et Ilam.

Le Royaume-Uni, absent de l'opération, convoque le comité COBRA sous Keir Starmer.

Le monde craint un conflit plus large.



-- -- --
Claude Gélinas, Éditeur
chaudiere.ca

Blogues: Montréal | Lévis | Emploi | Succès
Dons: PayPal | DonorBox Shopping: Amazon via mon lien d'affilié, pour m'encourager...
Avatar du membre
cgelinas
Administrateur
Messages : 10064
Enregistré le : 25 mai 2010, 22:07
Localisation : Lévis, QC
Contact :

Quatre pays souverains bombardés la nuit où le Golfe a perdu son illusion de sécurité


Le réveil brutal du Golfe

Ils avaient bâti des tours de verre. Des iles artificielles. Des aéroports-palais. Les monarchies du Golfe avaient construit leur prospérité sur une promesse implicite: la sécurité. L’argent du pétrole, les alliances avec Washington, les systèmes Patriot achetés à prix d’or — tout cela devait garantir que la guerre resterait loin. Que les conflits se régleraient ailleurs. Que Dubai, Doha, Abu Dhabi resteraient des oasis de stabilité dans une région en feu. Cette nuit, des missiles iraniens ont traversé leur ciel. Et l’illusion s’est fracassée.

Le 28 février 2026, l’Iran a frappé des bases américaines au Qatar, au Koweit, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn. Des débris de missile ont tué un civil à Abu Dhabi. Des explosions ont résonné à Riyad. L’Arabie saoudite a condamné les frappes et averti de graves conséquences. Mais au-delà de l’aspect militaire, c’est une question fondamentale qui se pose ce matin: quand un pays tiers bombarde votre territoire pour atteindre les soldats d’un autre pays que vous hébergez, qui est responsable? Qui vous protège? Et surtout: qui vous a mis en danger?

Les monarchies du Golfe se sont réveillées ce matin avec une vérité qu’elles refusaient de voir depuis des décennies: héberger l’armée américaine, c’est acheter de la protection. Mais c’est aussi acheter une cible peinte sur votre territoire. Cette nuit, l’Iran a visé la cible.

La souveraineté en question

Le mot souveraineté revient dans chaque communiqué publié ce matin par les chancelleries du Golfe. L’Arabie saoudite parle de violation flagrante. Les Émirats dénoncent une agression contre un État indépendant. Le Koweit invoque le droit international. Mais cette indignation soulève une contradiction que personne ne veut nommer: ces pays ont volontairement cédé une partie de leur souveraineté en acceptant des bases militaires américaines sur leur sol. Quand vous autorisez un pays étranger à stationner des milliers de soldats, des avions de combat et des missiles chez vous, vous ne contrôlez plus entièrement ce qui se passe sur votre propre territoire. Et quand cet allié utilise vos bases pour bombarder un voisin, ce voisin considère que votre territoire est devenu partie du champ de bataille.

C’est exactement le calcul iranien. Téhéran n’a pas frappé le Qatar, les Émirats, Bahreïn ou le Koweit. Il a frappé les bases américaines dans ces pays. La distinction est juridiquement importante mais physiquement absurde. Un missile ne fait pas la différence entre un hangar militaire américain et un quartier résidentiel situé à trois cents mètres. Un débris qui retombe ne choisit pas sa nationalité. Le civil tué à Abu Dhabi n’était pas américain. Il était émirati.

Le pacte faustien: sécurité contre souveraineté

L’histoire d’un marché

L’alliance entre les monarchies du Golfe et les États-Unis remonte à la Seconde Guerre mondiale, quand Roosevelt rencontra le roi Ibn Saoud sur le USS Quincy en 1945. Le marché était simple: pétrole contre protection. Les Américains garantissaient la sécurité des monarchies. Les monarchies garantissaient l’approvisionnement en pétrole. Pendant des décennies, ce pacte a fonctionné. La Guerre du Golfe de 1991 en fut la démonstration la plus spectaculaire: les États-Unis envoyèrent 500 000 soldats pour libérer le Koweit de l’invasion irakienne.

Mais le pacte avait un prix caché. Chaque base américaine construite dans le Golfe représentait une cible potentielle. Chaque soldat américain stationné était un aimant à missiles. Et pourtant, tant que personne n’osait frapper ces bases, le prix restait théorique. Cette nuit, il est devenu concret. L’Iran a prouvé qu’il pouvait atteindre chacune de ces bases. Et les populations civiles qui vivent à proximité ont découvert que leur sécurité personnelle dépendait de décisions prises à Washington et à Téhéran, pas à Doha ou Abu Dhabi.

Le roi Ibn Saoud pensait acheter une assurance-vie. Ses héritiers découvrent qu’ils ont aussi acheté une police de risque. La protection américaine protège contre certaines menaces. Mais elle en crée d’autres. Et cette nuit, les menaces créées ont rattrapé les menaces évitées.

Les chiffres de la dépendance

La présence militaire américaine dans le Golfe est colossale. Plus de 45 000 soldats répartis dans six pays. Al Udeid au Qatar: plus de 10 000 militaires. Al-Salem et Camp Arifjan au Koweit: environ 13 000. Al-Dhafra aux Émirats: plusieurs milliers. La 5e Flotte à Bahreïn: environ 7 000. Sans compter les navires de guerre en rotation permanente dans le Golfe Persique. Cette infrastructure militaire est si massive qu’elle a transformé certaines zones de ces pays en territoires fonctionnellement américains.

En échange, les pays du Golfe achètent des milliards de dollars d’armement américain. L’Arabie saoudite est le premier client de l’industrie d’armement américaine. Les Émirats viennent de signer un contrat pour des F-35. Le Qatar a commandé des F-15 avancés. Et pourtant, cette nuit, aucun de ces achats n’a empêché des missiles iraniens d’atterrir sur leur sol. Les systèmes Patriot ont intercepté la plupart des missiles — mais pas tous. Et les débris ont tué.

L'Arabie saoudite: le pivot silencieux

MBS entre deux feux

La réaction saoudienne est un chef-d’oeuvre d’ambiguïté calculée. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a appelé chaque dirigeant du Golfe. Le communiqué officiel condamne fermement. L’Arabie saoudite offre toutes ses capacités. Mais un mot est absent de tous les communiqués: Iran. Riyad condamne les frappes. Riyad ne nomme pas directement le responsable. C’est de la diplomatie chirurgicale.

MBS joue une partie d’une complexité rare. D’un côté, la solidarité du Golfe exige qu’il condamne l’attaque contre ses voisins. De l’autre, l’accord de normalisation avec l’Iran, négocié sous l’égide de la Chine en 2023, est la pièce maitresse de sa politique régionale. Rompre avec Téhéran signifierait perdre cet acquis diplomatique. Rejoindre la guerre américaine contre l’Iran signifierait exposer l’Arabie saoudite aux mêmes frappes que celles qui viennent de toucher ses voisins. Et pourtant, rester neutre pendant que des missiles tombent sur des pays amis est une position de plus en plus difficile à tenir.

MBS a passé des années à construire l’image d’une Arabie saoudite indépendante, qui ne prend plus ses ordres de Washington. Cette nuit, il découvre que l’indépendance a un prix: quand vos alliés brûlent, rester silencieux vous rend complice. Parler vous rend cible. Il n’y a pas de bonne option.

Le fantôme d’Abqaiq

L’Arabie saoudite connait déjà le prix des missiles iraniens. En septembre 2019, des drones et des missiles de croisière — attribués à l’Iran — avaient frappé les installations pétrolières d’Abqaiq et de Khurais, réduisant la production saoudienne de moitié pendant des semaines. Les États-Unis n’avaient rien fait. Trump, alors président, avait tweeté que les États-Unis étaient prêts à répondre, puis était passé à autre chose. Ce souvenir hante MBS.

Si l’Iran décide de cibler les installations pétrolières saoudiennes dans cette nouvelle escalade, l’Arabie saoudite sera-t-elle protégée? La réponse, après Abqaiq, est: pas nécessairement. Et pourtant, le royaume a dépensé des dizaines de milliards de dollars en systèmes de défense antimissile. Le paradoxe est cruel: plus l’Arabie saoudite est riche, plus elle a à perdre. Et plus elle a à perdre, plus elle est vulnérable au chantage d’un voisin qui n’a presque rien à perdre.

Les Émirats: le rêve de Dubai face aux missiles

Le mirage de l’invulnérabilité

Dubai s’est construite sur une promesse: être le lieu où le monde vient faire des affaires, vivre dans le luxe et se sentir en sécurité. Le Burj Khalifa, les iles Palm, le tourisme de masse, les zones franches — tout repose sur l’idée que Dubai est hors du conflit. Un havre au milieu d’une région instable. Ce matin, des explosions ont résonné dans la ville. Des résidents expatriés ont été réveillés par des sirènes. L’aéroport international — troisième mondial — est fermé.

L’impact sur l’image de marque des Émirats est potentiellement dévastateur. Dubai attire des millions de touristes et des milliards d’investissements parce qu’elle est perçue comme sûre. Un seul mort civil. Quelques explosions. Et cette perception peut basculer. Les compagnies d’assurance réévaluent déjà leurs primes. Les investisseurs calculent leurs risques. Et les expatriés — qui représentent 88 % de la population des Émirats — se demandent s’ils sont au bon endroit.

Dubai a vendu au monde l’idée que l’argent pouvait acheter la sécurité. Que les gratte-ciels suffisamment hauts étaient au-dessus des guerres. Ce matin, un débris de missile est retombé sur un quartier résidentiel d’Abu Dhabi. L’argent n’achète pas la paix. Il achète du temps. Et le temps vient de s’écouler.

Le dilemme des expatriés

Les Émirats arabes unis comptent environ 10 millions d’habitants, dont seulement 1,2 million de citoyens émiratis. Le reste — 88 % — sont des travailleurs étrangers: Indiens, Pakistanais, Philippins, Occidentaux. Ces personnes vivent aux Émirats pour le travail et la qualité de vie. Elles n’ont aucun attachement politique au conflit irano-américain. Et elles n’ont aucune obligation de rester si la situation dégénère.

Un exode massif d’expatriés serait une catastrophe économique pour les Émirats. L’économie du pays repose sur cette main-d’oeuvre étrangère. Des secteurs entiers — construction, services, finance, tourisme — s’effondreraient. Et pourtant, si les missiles continuent de voler, combien resteront? L’ambassade d’Inde, dont les ressortissants représentent environ 3,5 millions de personnes aux Émirats, a publié un communiqué recommandant la prudence. C’est un euphémisme diplomatique qui peut rapidement devenir un conseil d’évacuation.

Bahreïn: le maillon le plus faible

Un royaume sur une faille

Bahreïn est le cas le plus explosif du Golfe. Ce petit archipel de 1,5 million d’habitants est gouverné par la dynastie sunnite des Al Khalifa, alors que sa population est majoritairement chiite. La présence de la 5e Flotte américaine est perçue par une partie de cette population comme un instrument d’oppression. En 2011, lors des révoltes du Printemps arabe, les manifestants chiites avaient demandé des réformes démocratiques. La réponse fut l’envoi de troupes saoudiennes pour écraser le mouvement.

L’Iran a toujours considéré Bahreïn comme faisant partie de sa sphère d’influence naturelle. Des responsables iraniens ont historiquement qualifié Bahreïn de province iranienne. La population chiite bahreïnienne a des liens culturels et religieux profonds avec l’Iran. En frappant la 5e Flotte à Bahreïn, Téhéran envoie un message à deux destinataires: aux Américains, pour montrer que leur base navale est vulnérable. Et à la population chiite de Bahreïn, pour rappeler que l’Iran n’a pas oublié.

Bahreïn est un pays qui tient ensemble par la force et les alliances. La force saoudienne empêche la majorité chiite de gouverner. L’alliance américaine empêche l’Iran d’intervenir. Cette nuit, un missile a percé la deuxième barrière. Combien de temps avant que la première ne cède aussi?

La rue bahreïnienne

Les autorités bahreïniennes ont imposé un couvre-feu immédiat après les frappes. Internet a été ralenti. Les médias locaux ont reçu des consignes strictes. Le pouvoir craint une chose plus que les missiles: la réaction de la rue. Si la population chiite perçoit les frappes iraniennes comme dirigées contre l’occupant américain plutôt que contre Bahreïn, la solidarité nationale que le gouvernement essaie de construire s’effondre. Et pourtant, les images du missile frappant la zone de la 5e Flotte circulent déjà sur les réseaux sociaux. Le contrôle narratif est une bataille perdue d’avance.

Le roi Hamad fait face à un choix impossible. Condamner l’Iran trop fort risque de provoquer sa propre population chiite. Ne pas condamner assez risque de perdre le soutien saoudien et américain. Et demander aux Américains de renforcer leur présence militaire risque de faire de Bahreïn une cible encore plus grande.

Le Qatar: l'équilibriste pris au piège

Le pays qui parlait à tout le monde

Le Qatar avait fait de sa politique de médiation universelle sa marque de fabrique. Parler aux Américains et aux Iraniens. Aux Israéliens et au Hamas. Aux Talibans et à l’OTAN. Ce petit émirat de 2,8 millions d’habitants assis sur les plus grandes réserves de gaz naturel liquéfié du monde s’était taillé un rôle de médiateur indispensable. Al Jazeera, sa chaine d’information, lui donnait une voix qui dépassait largement sa taille.

Mais la médiation suppose la neutralité. Et la neutralité suppose de ne pas héberger la plus grande base aérienne de l’un des belligérants. Al Udeid est une contradiction ambulante de la politique étrangère qatarie. Le Qatar veut être l’ami de tous. Mais quand des B-2 américains décollent de votre piste pour bombarder l’Iran, vous n’êtes plus l’ami de Téhéran. Vous êtes un co-belligérant. Et pourtant, le Qatar partage avec l’Iran le champ gazier de North Dome/South Pars. Détruire cette relation gazière serait un suicide économique.

Le Qatar a passé vingt ans à construire un réseau diplomatique où il était indispensable à tout le monde. Cette nuit, ce réseau s’est retourné contre lui. Quand vous êtes l’ami de tout le monde, vous êtes aussi la cible de tout le monde. La neutralité n’existe pas quand des missiles traversent votre espace aérien.

L’avenir d’Al Jazeera

La chaine Al Jazeera, financée par le Qatar, couvre les frappes iraniennes en temps réel. Mais son ton est soigneusement calibré. Ni trop pro-américain, ce qui aliénerait son audience arabe. Ni trop pro-iranien, ce qui mettrait le Qatar en danger diplomatique. La couverture médiatique de cette nuit illustre parfaitement le dilemme qatari: comment raconter une guerre qui se déroule sur votre propre sol sans prendre parti?

Et pourtant, Al Jazeera est l’un des rares médias à avoir les ressources et l’accès pour couvrir tous les côtés du conflit. Son réseau de correspondants dans le monde arabe est inégalé. Si le Qatar est forcé de choisir un camp, Al Jazeera perdra cette capacité. Et le monde perdra une source d’information irremplaçable sur une région qui en a désespérément besoin.

Le Koweit: le silence comme stratégie

Le pays qui refuse de parler

Le Koweit a publié le communiqué le plus court et le plus vague de tous les pays touchés. Confirmation de l’interception. Appel au calme. Point final. Pas de condamnation nominative de l’Iran. Pas de déclaration de solidarité avec les États-Unis. Le Koweit fait ce qu’il fait le mieux depuis des décennies: se taire et espérer que la tempête passe.

Cette stratégie a ses limites. Le Koweit héberge 13 000 soldats américains. Il est le point de transit pour toutes les opérations terrestres américaines dans la région. En cas d’escalade, c’est par le Koweit que les renforts arriveraient. Se taire ne changera pas cette réalité. Le Koweit est géographiquement piégé — entre l’Irak au nord et l’Arabie saoudite au sud, à portée directe des missiles iraniens. Son silence n’est pas de la neutralité. C’est de la terreur silencieuse.

Le Koweit a été libéré par les Américains en 1991. Depuis, il paie cette dette en hébergeant des soldats. Trente-cinq ans plus tard, la dette se transforme en danger. Le libérateur est devenu l’aimant à missiles. Le sauveur est devenu le risque.

La mémoire de l’invasion

Les Kowitiens de plus de quarante ans se souviennent de l’invasion irakienne de 1990. Ils se souviennent des chars dans les rues. Des puits de pétrole en feu. De la terreur d’une occupation étrangère. Cette mémoire traumatique explique le lien profond avec les États-Unis. Mais elle explique aussi la peur viscérale de tout ce qui ressemble à un conflit militaire sur le sol kowitien. Les missiles de cette nuit ont réveillé des souvenirs que deux générations ont essayé d’oublier.

Et pourtant, le contexte est radicalement différent. En 1990, l’ennemi était l’Irak, un voisin immédiat qui avait envahi physiquement le pays. Aujourd’hui, l’ennemi potentiel est l’Iran, qui n’a pas envahi le Koweit mais qui vise les Américains présents sur son sol. La nuance est fondamentale mais difficile à expliquer à une population qui vient d’entendre des explosions.

L'économie du Golfe sous le choc

Le pétrole, le gaz, les marchés

L’impact économique des frappes iraniennes dépasse les frontières du Golfe. Le prix du pétrole a bondi de 15 % en quelques heures. Le gaz naturel a suivi. Les bourses du Golfe — qui n’ont pas encore ouvert ce matin — vont subir un choc massif. Les compagnies aériennes du Golfe, qui transportent des millions de passagers entre l’Asie et l’Europe, sont clouées au sol. Le fret maritime dans le Golfe Persique est à l’arrêt. Les assureurs ont classé toute la zone en territoire de guerre.

Les pays du Golfe dépendent encore massivement des revenus pétroliers. L’Arabie saoudite tire 60 % de ses revenus du pétrole. Le Koweit, 90 %. Si le détroit d’Ormuz devient impraticable, c’est toute l’architecture économique de la région qui s’effondre. Le paradoxe est que la hausse du prix du pétrole enrichit temporairement les producteurs — mais si le pétrole ne peut plus être expédié, la richesse reste dans le sol.

Le Golfe produit le pétrole. Le monde le consomme. Entre les deux, il y a un détroit de 34 kilomètres que l’Iran peut fermer. Cette nuit, Téhéran n’a même pas eu besoin de le bloquer. Il a suffi de quelques missiles pour que les assureurs, les armateurs et les compagnies aériennes fassent le travail eux-mêmes.

Vision 2030 en péril

Vision 2030, le plan pharaonique de MBS pour diversifier l’économie saoudienne, repose sur l’attraction de capitaux étrangers, le tourisme de masse et les méga-projets comme NEOM. Tout cela suppose un environnement stable et sûr. Des missiles qui tombent dans la région ne font pas partie du plan marketing. Les investisseurs étrangers que Riyad courtise — fonds de pension, banques d’investissement, géants technologiques — ont des comités de risque qui viennent de voir leur voyant rouge s’allumer.

La même logique s’applique aux Émirats et au Qatar. L’Expo 2020 de Dubai, la Coupe du monde 2022 au Qatar — ces événements étaient censés ancrer l’image de pays modernes, ouverts et sûrs. Un seul missile qui touche un quartier résidentiel peut défaire des années de branding. Et la question que les investisseurs se posent ce matin est simple: si ça recommence, est-ce que je reste?

La question chinoise: le troisième joueur

Pékin observe et calcule

Dans l’ombre de cette crise, un acteur observe avec une attention particulière: la Chine. Pékin est le premier client pétrolier du Golfe. La Chine achète environ 40 % des exportations de pétrole saoudien et une proportion comparable du pétrole émirati et kowitien. L’accord de normalisation Iran-Arabie saoudite de 2023 était une victoire diplomatique chinoise. Si cet accord s’effondre sous les missiles, c’est un revers pour Pékin.

Mais la crise offre aussi une opportunité. Si les pays du Golfe commencent à douter de la capacité américaine à les protéger — et cette nuit leur donne de bonnes raisons de douter — ils pourraient se tourner vers la Chine comme partenaire de sécurité alternatif. Et pourtant, Pékin n’a ni la volonté ni la capacité de projeter une force militaire comparable à celle des États-Unis au Moyen-Orient. La Chine peut offrir du commerce. Elle ne peut pas encore offrir des systèmes Patriot.

La Chine regarde le Golfe brûler avec un mélange de préoccupation et d’opportunisme. Chaque missile iranien qui atterrit sur une base américaine affaiblit un rival. Mais chaque missile qui menace le détroit d’Ormuz menace aussi l’approvisionnement chinois. Pékin est pris dans le même piège que tout le monde: personne ne contrôle cette escalade.

Le corridor sino-golfe

La Route de la Soie maritime passe par le Golfe. Les investissements chinois dans la région se comptent en centaines de milliards. Huawei a construit les réseaux 5G de plusieurs pays du Golfe. Des entreprises chinoises participent aux méga-projets saoudiens et émiratis. Si la crise se prolonge, ces investissements sont en danger. Et si la Chine doit choisir entre l’Iran — son allié stratégique — et les monarchies du Golfe — ses partenaires commerciaux — le choix sera douloureux.

Ce matin, le ministère des Affaires étrangères chinois a publié un communiqué appelant au calme et à la retenue de toutes les parties. C’est le langage diplomatique le plus neutre possible. Mais la neutralité, dans une guerre qui affecte votre approvisionnement énergétique, a une date d’expiration.

Le Golfe après l'illusion

Les questions sans réponse

Ce matin, les dirigeants du Golfe font face à des questions qu’ils ont évitées pendant des décennies. Les bases américaines sont-elles une protection ou une cible? La souveraineté peut-elle coexister avec une occupation militaire étrangère — même consentie? Le modèle économique du Golfe — pétrole, tourisme, investissement étranger — peut-il survivre dans une zone de guerre? Et surtout: si les États-Unis sont incapables de protéger leurs propres bases, comment peuvent-ils protéger les pays qui les hébergent?

Ces questions n’ont pas de réponses simples. Mais elles ne peuvent plus être ignorées. Les missiles iraniens de cette nuit n’ont pas seulement frappé des installations militaires. Ils ont frappé les fondations de l’ordre sécuritaire du Golfe. Un ordre bâti sur la puissance américaine, le pétrole et l’illusion que la géographie pouvait être achetée.

Les monarchies du Golfe ont bâti des empires sur le sable. Du sable très riche, certes. Mais du sable. Cette nuit, des missiles ont rappelé que le sable tremble. Que les tours de verre sont fragiles. Et que la seule sécurité réelle, c’est celle qu’on construit soi-même. Le Golfe a sous-traité sa sécurité pendant quatre-vingts ans. Ce matin, la facture est arrivée.

L’aube d’un nouveau Golfe

Il est possible que cette nuit marque le début d’un réalignement fondamental. Que les pays du Golfe commencent à diversifier leurs alliances sécuritaires. Qu’ils investissent davantage dans leurs propres capacités de défense. Qu’ils reconsidèrent la présence militaire américaine sur leur sol. Et pourtant, le changement sera lent. Parce que la dépendance est profonde. Parce que les alternatives sont limitées. Et parce que, ce matin, le seul pays capable de défendre le Golfe contre l’Iran reste celui dont les bases viennent d’être bombardées.

Maintenant, vous savez.

La souveraineté du Golfe n’a jamais été aussi théorique qu’en cette nuit où des missiles ont traversé le ciel de quatre nations sans que personne ne leur ait demandé la permission.



Source: MSN / Votre dose quotidienne



-- -- --
Claude Gélinas, Éditeur
chaudiere.ca

Blogues: Montréal | Lévis | Emploi | Succès
Dons: PayPal | DonorBox Shopping: Amazon via mon lien d'affilié, pour m'encourager...
Répondre