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Terrapure: près du tiers des batteries recyclées proviennent des États-Unis

Posté : 09 janvier 2026, 13:38
par cgelinas
9 janvier 2026


Environnement Canada accuse la compagnie de déverser des substances nocives dans le fleuve Saint-Laurent


Près du tiers des batteries au plomb recyclées par l’usine Terrapure, accusée de contaminer le fleuve Saint-Laurent, ne proviennent pas du Québec, mais bien des États-Unis.

Terrapure est le deuxième plus gros importateur de déchets dangereux américains de la province, devancé seulement par le dépotoir de Stablex pour les années 2018-2022, selon le registre de l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA), auquel notre Bureau d’enquête a eu accès.

Son plus gros fournisseur était à l’époque East Penn Manufacturing, qui possède la plus grande manufacture de batteries au plomb-acide du monde, en Pennsylvanie.

Encore l’an passé, les batteries américaines constituaient environ le tiers des batteries recyclées par Terrapure, selon des données partagées par la compagnie.

Si ces batteries sont recyclables à 99%, le processus même de recyclage peut générer de dangereux rejets polluants s’ils ne sont pas correctement traités.

Environnement Canada accuse d’ailleurs Terrapure de déverser des substances nocives dans le fleuve Saint-Laurent, non loin de son usine de Sainte-Catherine, en Montérégie, comme nous le rapportions récemment.

«Le Canada, et particulièrement le Québec, est perdant dans ce commerce toxique. On paie avec la santé de nos gens et de nos cours d’eau», s’insurge l’environnementaliste Daniel Green, coprésident de la Société pour vaincre la pollution (SVP).

Pas assez de batteries locales

Dans les dernières décennies, l’industrie du recyclage de batteries est devenue essentielle aux constructeurs automobiles, vu les coûts et les ressources nécessaires pour l’extraction du plomb.

Terrapure a su tirer son épingle du jeu au Canada et affirme désormais recycler la majorité des batteries au plomb générées au Québec qui ne sont pas exportées.

Ce n’est toutefois pas suffisant pour «maintenir la productivité de ses opérations», soutient par écrit Denis Beaulieu, directeur général de Terrapure Montréal.

«Si davantage de batteries étaient disponibles au Québec et au Canada, Terrapure serait très heureuse de s’en procurer», ajoute-t-il, en précisant que certaines de nos batteries en fin de vie sont désormais exportées aux États-Unis.

Un commerce critiqué

Des environnementalistes critiquent vertement ce commerce international de batteries usagées, qui peut se révéler très lucratif.

«Quand un déchet quitte les États-Unis, l’exportateur n’est plus responsable, et les Américains sont prêts à payer cher pour se débarrasser de leurs responsabilités», affirme Daniel Green, de la SVP.

Daniel Green, coprésident de la Société pour vaincre la pollution (SVP)

«La réalité, c’est que le Canada n’arrive même pas à gérer ses propres déchets», soutient Sabaa Khan, directrice générale pour le Québec de la Fondation David Suzuki.

À son avis, les autorités environnementales devraient sérieusement réévaluer sous quelles conditions le Canada accepte l’importation de déchets dangereux.

Surtout que les États-Unis ne sont pas signataires de la convention internationale qui en régit l’élimination à l’étranger, et que le pays est en train d’affaiblir ses protections environnementales.



Source: Journal de Montréal



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