Finies les hausses moyennes de 7 % par an
Posté : 14 décembre 2025, 11:19
13 décembre 2025
Le niveau de stress des locataires pourra baisser d’un cran au printemps prochain. Les hausses de loyer à l’échelle du Québec seront moindres que l’an dernier, selon l’organisme fédéral en habitation.
La détente s’est amorcée cette année, assure la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) dans son plus récent rapport sur l’état du marché locatif dans les grandes villes canadiennes, même si les loyers ont continué leur escalade.
À preuve, le Québec compte actuellement plus de logements inoccupés que l’an dernier.
À la fin 2024, 1,7 % des logements étaient inoccupés au Québec. Un an plus tard, ce taux s’élève à 2,7 %, beaucoup plus près du taux historiquement établi par les regroupements de locataires – 3 % – pour qualifier le marché d’équilibré.
Les propriétaires se résignent déjà à l’idée de devoir offrir des petites douceurs pour séduire de futurs locataires le printemps prochain.
Tant la SCHL que le regroupement de propriétaires CORPIQ expliquent que les propriétaires commencent déjà à offrir un mois gratuit ou l’ajout d’électroménagers, par exemple.
Les locataires s’impatientent pourtant
Mais cette hausse de la disponibilité n’a pas empêché les loyers de grimper à une vitesse accélérée en 2025, un constat que s’expliquent mal les regroupements de locataires de la province.
Au Québec, le loyer moyen – soit pour un appartement de deux chambres – a augmenté de 7,2 % entre 2024 et 2025, selon la SCHL.
« Pour nous, ce qui a été le constat immédiat [à la lecture du rapport], c’est que la stratégie gouvernementale d’uniquement construire pour régler la crise du logement, elle n’est pas efficace et ne fonctionne pas », a réagi Émile Boucher, organisateur communautaire au Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).
Le rapport révèle aussi que le taux d’inoccupation est plus élevé chez les constructions neuves, dont le prix se situe souvent dans les gammes supérieures. De fait, le taux d’inoccupation dans les constructions âgées de trois ans ou moins a doublé à Montréal, et se situe maintenant à 8 %.
« Les chiffres parlent d’eux-mêmes », a de son côté déclaré Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).
Toutefois, la pression semble aussi diminuer dans les gammes de loyers moins chers, tient à souligner Francis Cortellino, même si les taux d’inoccupation restent bas.
Moins de visites, diminution des clics sur les annonces en ligne, appartements disponibles affichés plus longtemps : le porte-parole de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, Éric Sansoucy, confirme avoir constaté des changements dès le mois de mai dernier sur le marché, et ce, dans toutes les gammes de prix.
Le taux suggéré par le TAL
Selon le rapport, le Québec est la province qui a connu la croissance des loyers la plus accélérée au pays. En cause, notamment : la hausse suggérée aux propriétaires par le Tribunal administratif du logement (TAL) en début d’année, de 5,9 %, qui n’avait jamais été aussi élevée.
Le loyer des locataires qui sont restés à la même adresse a connu une variation plus importante que le loyer des locataires qui ont déménagé, révèle la SCHL.
Selon l’organisme, plusieurs propriétaires dont les loyers étaient en dessous de ceux du marché ont suivi la suggestion, ce qui expliquerait cette différence.
Selon le RCLALQ, certains en ont profité au détriment de la capacité de payer de leurs locataires.
Après ces augmentations record, le gouvernement du Québec a modifié la formule de calcul de la hausse suggérée, pour la première fois en 40 ans. Cette nouvelle méthode simplifiée sera utilisée dès 2026.
Baisse de l’immigration en plus
En plus des nouvelles constructions, l’économiste Francis Cortellino estime que le ralentissement de la demande a aussi contribué à faire baisser la pression sur le marché locatif de la métropole.
« Ce ralentissement s’explique principalement par la baisse du nombre de résidents non permanents : les travailleurs temporaires et les étudiants internationaux », explique le rapport. Le centre-ville de Montréal en est un bon exemple, souligne le spécialiste, où beaucoup d’étudiants internationaux logeaient dans des appartements neufs.
Source: La Presse
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Le niveau de stress des locataires pourra baisser d’un cran au printemps prochain. Les hausses de loyer à l’échelle du Québec seront moindres que l’an dernier, selon l’organisme fédéral en habitation.
La détente s’est amorcée cette année, assure la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) dans son plus récent rapport sur l’état du marché locatif dans les grandes villes canadiennes, même si les loyers ont continué leur escalade.
À preuve, le Québec compte actuellement plus de logements inoccupés que l’an dernier.
- https://www.cmhc-schl.gc.ca/professionn ... habitation
- https://www.cmhc-schl.gc.ca/professionn ... habitation
À la fin 2024, 1,7 % des logements étaient inoccupés au Québec. Un an plus tard, ce taux s’élève à 2,7 %, beaucoup plus près du taux historiquement établi par les regroupements de locataires – 3 % – pour qualifier le marché d’équilibré.
Avec 26 000 appartements locatifs en construction à Montréal et un ralentissement de la croissance de la population, je pense qu’on peut anticiper que le marché va continuer de se détendre en 2026. Ce serait une surprise si c’était le contraire.
— Francis Cortellino, économiste responsable de l’analyse du marché de l’habitation du Québec à la SCHL
Les propriétaires se résignent déjà à l’idée de devoir offrir des petites douceurs pour séduire de futurs locataires le printemps prochain.
Tant la SCHL que le regroupement de propriétaires CORPIQ expliquent que les propriétaires commencent déjà à offrir un mois gratuit ou l’ajout d’électroménagers, par exemple.
Les locataires s’impatientent pourtant
Mais cette hausse de la disponibilité n’a pas empêché les loyers de grimper à une vitesse accélérée en 2025, un constat que s’expliquent mal les regroupements de locataires de la province.
Au Québec, le loyer moyen – soit pour un appartement de deux chambres – a augmenté de 7,2 % entre 2024 et 2025, selon la SCHL.
« Pour nous, ce qui a été le constat immédiat [à la lecture du rapport], c’est que la stratégie gouvernementale d’uniquement construire pour régler la crise du logement, elle n’est pas efficace et ne fonctionne pas », a réagi Émile Boucher, organisateur communautaire au Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).
Le rapport révèle aussi que le taux d’inoccupation est plus élevé chez les constructions neuves, dont le prix se situe souvent dans les gammes supérieures. De fait, le taux d’inoccupation dans les constructions âgées de trois ans ou moins a doublé à Montréal, et se situe maintenant à 8 %.
« Les chiffres parlent d’eux-mêmes », a de son côté déclaré Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).
Toutefois, la pression semble aussi diminuer dans les gammes de loyers moins chers, tient à souligner Francis Cortellino, même si les taux d’inoccupation restent bas.
Moins de visites, diminution des clics sur les annonces en ligne, appartements disponibles affichés plus longtemps : le porte-parole de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, Éric Sansoucy, confirme avoir constaté des changements dès le mois de mai dernier sur le marché, et ce, dans toutes les gammes de prix.
Le taux suggéré par le TAL
Selon le rapport, le Québec est la province qui a connu la croissance des loyers la plus accélérée au pays. En cause, notamment : la hausse suggérée aux propriétaires par le Tribunal administratif du logement (TAL) en début d’année, de 5,9 %, qui n’avait jamais été aussi élevée.
Le loyer des locataires qui sont restés à la même adresse a connu une variation plus importante que le loyer des locataires qui ont déménagé, révèle la SCHL.
Selon l’organisme, plusieurs propriétaires dont les loyers étaient en dessous de ceux du marché ont suivi la suggestion, ce qui expliquerait cette différence.
Selon le RCLALQ, certains en ont profité au détriment de la capacité de payer de leurs locataires.
Après ces augmentations record, le gouvernement du Québec a modifié la formule de calcul de la hausse suggérée, pour la première fois en 40 ans. Cette nouvelle méthode simplifiée sera utilisée dès 2026.
Baisse de l’immigration en plus
En plus des nouvelles constructions, l’économiste Francis Cortellino estime que le ralentissement de la demande a aussi contribué à faire baisser la pression sur le marché locatif de la métropole.
« Ce ralentissement s’explique principalement par la baisse du nombre de résidents non permanents : les travailleurs temporaires et les étudiants internationaux », explique le rapport. Le centre-ville de Montréal en est un bon exemple, souligne le spécialiste, où beaucoup d’étudiants internationaux logeaient dans des appartements neufs.
Source: La Presse
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