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Des millions pour accroître la main-d’œuvre qualifiée

Posté : 28 octobre 2025, 21:55
par cgelinas
27 octobre 2025


Le gouvernement fédéral souhaite utiliser « autant de main-d’œuvre canadienne que possible » pour réaliser ses ambitions en matière d’infrastructures et de construction résidentielle, a déclaré lundi la ministre de l’Emploi, Patty Hajdu.

Mme Hajdu a annoncé que le budget fédéral, qui doit être présenté le 4 novembre [2025], comprendra des millions de dollars pour la formation professionnelle et la reconnaissance des titres de compétences étrangers.

Le budget d’automne des libéraux – le premier du premier ministre Mark Carney – devrait mettre l’accent sur l’accélération de la construction résidentielle et le développement de projets d’édification nationale partout au Canada.

Lors de la conférence de presse de Mme Hajdu, les journalistes lui ont demandé à la ministre si le gouvernement fédéral pouvait atteindre ses objectifs de construction sans importer de travailleurs supplémentaires.

« Nous espérons pouvoir compter sur autant de main-d’œuvre canadienne que possible », a-t-elle répondu.

Mme Hajdu a expliqué que le gouvernement fédéral collaborera avec les syndicats des métiers spécialisés pour « s’assurer que les Canadiens soient les premiers à pouvoir profiter de ces emplois ».

Les conservateurs fédéraux ont accusé les libéraux de laisser les multinationales recourir aux travailleurs étrangers temporaires pour arracher des emplois aux Canadiens. Ils réclament l’abolition du programme.

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne, Mme Hajdu a critiqué la ligne d’attaque des conservateurs et a expliqué que l’opposition officielle utilisait le Programme des travailleurs étrangers temporaires comme substitut à toutes les formes d’immigration.

« Le Programme des travailleurs étrangers temporaires est très spécifique. Il est motivé par la demande de travailleurs lorsqu’aucun Canadien ne peut occuper ce poste », a-t-elle dit.

Les libéraux ont réduit le nombre de travailleurs temporaires et d’étudiants internationaux entrant au Canada au cours de la dernière année, après une augmentation rapide de l’offre de main-d’œuvre pendant la reprise post-pandémique. M. Carney a indiqué la semaine dernière que le prochain budget d’automne inclurait la nouvelle stratégie d’immigration de son gouvernement.

La série de programmes d’emploi annoncée lundi par Mme Hajdu comprend 75 millions sur les trois prochaines années pour renforcer le Programme pour la formation et l’innovation en milieu syndical, un programme de formation en apprentissage axé sur les métiers du bâtiment.


Mme Hajdu a expliqué à La Presse Canadienne avoir entendu parler d’une importante pénurie de travailleurs titulaires d’une certification Sceau rouge leur permettant de travailler partout au pays.


La certification Sceau rouge couvre un large éventail de métiers, des métiers de la construction et de l’automobile à la coiffure.

Le gouvernement a également indiqué son intention de collaborer avec les provinces pour accélérer la reconnaissance des titres de compétences étrangers grâce à un fonds de 97 millions, puisé dans les ressources existantes du ministère de l’Emploi. La ministre Hajdu a indiqué que cela s’inscrivait dans la directive gouvernementale plus large visant à réaliser des économies dans tous les ministères.

« Le ministère a fait un travail très minutieux en proposant des réductions dans les secteurs où nous ne constatons pas les résultats escomptés, a-t-elle dit. Cet argent vise à susciter une réaction plus rapide et plus ferme de la part des provinces et des territoires, car ce sont eux qui sont chargés de la réglementation et qui collaborent avec les organismes de réglementation. Et c’est au niveau des organismes de réglementation que nous devons constater une réaction rapide. »

La ministre a refusé de préciser quels secteurs de son ministère perdent de l’argent pour financer ce programme.

Le prochain projet de loi budgétaire comprendra également une modification au Code canadien du travail afin de restreindre le recours aux ententes de non-concurrence dans les milieux de travail sous réglementation fédérale, ainsi qu’un nouveau crédit d’impôt remboursable pour les préposés aux services de soutien à la personne, pouvant atteindre 5 % du revenu admissible.

Ce crédit devrait permettre aux travailleurs d’économiser jusqu’à 1100 $ par année dans les provinces qui n’ont pas encore conclu d’ententes sectorielles de supplément salarial avec le gouvernement fédéral.

La Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador et les Territoires du Nord-Ouest ont conclu de telles ententes avec le gouvernement fédéral en 2023, mais Mme Hajdu a souligné qu’Ottawa n’était pas en mesure de conclure d’ententes avec les autres provinces à ce moment-là.

« C’est l’occasion de mettre immédiatement de l’argent entre les mains des travailleurs grâce à un crédit d’impôt », a-t-elle dit.

Le bureau de Mme Hajdu estime qu’il y a environ 380 000 préposés aux services de soutien à la personne au Canada.

Une annonce accueillie avec enthousiasme

L’annonce de lundi a été accueillie avec enthousiasme par les membres du Syndicat international des employés de service qui travaillent au foyer de soins de longue durée Extendicare Medex à Ottawa.


Kelly Stephenson, membre du SEIU et préposée aux services de soutien à la personne depuis plus de 20 ans, était visiblement émue au micro lorsqu’elle a remercié Mme Hajdu d’avoir écouté les appels à l’aide des préposés aux services de soutien à la personne après des années de conditions difficiles liées à la pandémie de COVID-19, aggravées par la crise croissante de l’accessibilité financière.

Kelly Stephenson, membre du SEIU et préposée aux services de soutien à la personne depuis plus de 20 ans, et Patty Hajdu, ministre fédérale de l’Emploi

Elle a expliqué qu’elle n’avait presque plus rien après avoir payé le loyer et l’épicerie, et a dit connaître des préposés aux services de soutien à la personne qui en sont réduits à vivre dans leur voiture.

« Nous travaillons main dans la main avec les médecins, les infirmières, les techniciens et tant d’autres qui ont la dignité d’une vie de classe moyenne. J’apprécie cela pour eux. Mais nous aussi, nous méritons la sécurité financière », a expliqué Mme Stephenson.

Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada, a salué les annonces du gouvernement fédéral dans un communiqué de presse lundi.

« Ces mesures marquent un tournant pour placer les travailleurs au cœur de la stratégie économique du Canada », a-t-elle dit.



Source: La Presse



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