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General Motors met fin à la production de BrightDrop à Ingersoll, en Ontario

Posté : 22 octobre 2025, 09:17
par cgelinas
21 octobre 2025


General Motors a annoncé qu'il renonçait à la production de sa fourgonnette de livraison électrique à son usine d'Ingersoll, en Ontario, une semaine seulement après que Stellantis a annoncé le transfert en Illinois de la production prévue à son usine de Brampton.

Le retrait de projets dans la province par deux constructeurs automobiles en autant de semaines a incité des dirigeants syndicaux et des politiciens à redoubler d'efforts pour faire pression sur les entreprises afin de sauver l'industrie canadienne.

«Nous devons nous lever et dire que ça suffit, que nous allons riposter», a déclaré Lana Payne, présidente nationale d'Unifor.

Elle souhaite que le gouvernement soit prêt à utiliser des droits de douane de rétorsion contre les constructeurs automobiles, qui bénéficient actuellement d'un sursis tant qu'ils conservent une empreinte et des emplois au Canada.

S'il faut trouver un équilibre entre courtiser les entreprises et les punir, Mme Payne a déclaré que l'approche actuelle ne fonctionne manifestement pas, puisque l'avenir est compromis pour quelque 3000 travailleurs de Brampton et plus de 1000 à Ingersoll.

Pour enrayer cette tendance, les entreprises doivent subir une pression autre que celle de l'administration Trump, a-t-elle fait valoir.

«La seule façon de maintenir la production au Canada, de garantir le maintien des emplois et de sauver l'industrie automobile, c'est que ces entreprises subissent également la pression de notre part. C'est crucial», a-t-elle ajouté.

Les responsables provinciaux et fédéraux ont également laissé entrevoir une réponse plus ferme, le gouvernement fédéral menaçant notamment la semaine dernière de poursuivre Stellantis pour rupture de contrat en raison de la réduction de son empreinte canadienne.

Une concertation entre le syndicat et les gouvernements

La ministre fédérale de l'Industrie, Mélanie Joly, a déclaré mardi qu'après avoir discuté avec Unifor et les dirigeants ontariens, ils avaient convenu de créer un groupe d'intervention afin de mieux coordonner la lutte pour l'industrie automobile.

«Nous devons nous assurer de défendre ces emplois, de garantir le retour de nouveaux modèles à Ingersoll et d'assurer à GM un brillant avenir ici, au Canada», a fait valoir la ministre avant de se rendre à une réunion du cabinet.

Le ministre du Développement économique de l'Ontario, Vic Fedeli, a indiqué avoir déjà exprimé sa déception à GM.

«Le message était très clair: c’est inacceptable, a-t-il déclaré. Mais le véritable enjeu, c’est que cette attaque contre le secteur automobile canadien doit cesser.»

Il a indiqué que le gouvernement de l'Ontario réexaminait les contrats en vigueur avec GM et Stellantis, après que le gouvernement fédéral et la province ont accordé des fonds aux entreprises pour investir dans les usines automobiles qu’elles ont maintenant laissées en suspens.

Les trois parties ont rencontré Stellantis lundi, et Mme Payne s’est dite encouragée par le soutien des deux gouvernements.

«Nous allons collaborer avec les deux ordres de gouvernement pour mettre ces entreprises sous pression et leur dire: vous avez pris des engagements, nous nous attendons à ce que vous les respectiez», a déclaré Mme Payne.

La demande n'était plus là

General Motors a fait valoir que la décision de mettre fin à la production des véhicules BrightDrop était liée à la demande et qu’elle ne délocalisait pas la production.

GM avait déjà temporairement réduit sa production en avril avant de fermer complètement l'usine en mai, entraînant la mise à pied temporaire de plus de 1200 syndiqués. L'usine devait reprendre ses activités en novembre avec un seul quart de travail, ce qui aurait permis à environ la moitié de ces employés de retourner au travail.

Kristian Aquilina, président de GM Canada, a affirmé en entrevue qu'aucun plan précis n'était en place pour l'usine.

«Avec cette nouvelle fraîche, nous allons maintenant évaluer les perspectives pour l'usine, a déclaré M. Aquilina. Cette nouvelle nous motive à trouver d'autres solutions, mais nous ne voulons pas anticiper. Nous étudions différentes possibilités.»

M. Aquilina a soutenu que la décision de mettre fin à la production des véhicules BrightDrop n'avait rien à voir avec les droits de douane, mais d'autres affirment que la guerre commerciale influence les décisions de l'entreprise.

«En réalité, CAMI a été frappée de plein fouet par Donald Trump, qui a agressivement supprimé les aides aux véhicules électriques et imposé des droits de douane de 25 % aux usines canadiennes d'assemblage automobile», a déclaré Lana Payne, présidente nationale d'Unifor, dans un communiqué.

«Aujourd'hui, plus de 1000 travailleurs et leurs familles paient le prix de l'ingérence politique de Trump et de l'incapacité de GM à maintenir le cap», a-t-elle ajouté.

Flavio Volpe, président de l'Association des fabricants de pièces d'automobile, a déclaré que l'incertitude causée par les droits de douane a probablement contribué à la décision de mettre fin purement et simplement à la production, plutôt que de la remplacer par un autre produit.

«Ils auraient pu reprendre la production d'Equinox d'où ils l'avaient initialement déplacée, a affirmé M. Volpe. Ils ont choisi de ne pas le faire en raison de l'incertitude entourant la guerre tarifaire de Trump.»

L'usine produisait auparavant le populaire modèle Chevy Equinox avant de fermer ses portes en 2022 pour rééquiper l'usine en vue de la production de la série BrightDrop.

M. Volpe s'est dit encouragé par le fait que l'entreprise ait suspendu l'activité à l'usine, plutôt que de la fermer officiellement, mais a ajouté que le gouvernement fédéral doit également être prêt à utiliser tous les moyens à sa disposition pour garantir le maintien des constructeurs automobiles au Canada.

Cela comprend à la fois des mesures incitatives, comme le fonds de restructuration de 5 milliards $ pour aider les entreprises à produire pour le marché canadien, ainsi que des mesures contraignantes comme les droits de douane.

«Il faut utiliser tous les leviers dont on pense disposer», a-t-il argué.



Source: MSN / La Presse canadienne



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