Non, ils n'étudient pas de l'ARNm inhalable à McMaster, à Hamilton
Posté : 02 mai 2025, 13:37
Le 11 mars 2025, dans "Brighter World" de l'université McMaster à Hamilton, en Ontario, on apprenait que le "vaccin" inhalé contre la COVID-19 (fabriqué à McMaster) entamait son essai clinique de phase 2, sur l’homme.
https://brighterworld.mcmaster.ca/artic ... cal-trial/
L’étude AeroVax, financée à hauteur de 8 millions de dollars par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), mettra à l’essai des "vaccins" sans aiguille mis au point pour offrir une protection contre le SRAS-CoV-2.
https://aerovax.ca/
Dirigé par les chercheurs Fiona Smaill et Zhou Xing de l’Institut Michael G. DeGroote de recherche sur les maladies infectieuses (IIDR) de l’université McMaster, l’essai multicentrique évaluera le nouveau vaccin dans un vaste groupe d’étude, tout en confirmant l’innocuité.
Bon...
Ça, c'est le "pitch" officiel.
En marge de cette info, il y a de plus en plus de publications qui dénoncent ce "vaccin" inhalé en prétendant que ce serait lié à l'ARNm... ce qui n'est pas le cas (et je vais vous expliquer pourquoi... ce n'est pas "mieux", ce n'est juste pas de l'ARNm).
https://x.com/liz_churchill10/status/19 ... 2143268086
Pour expliquer qu'il ne s'agit pas d'ARNm, lisez ce qui suit.
AeroVax (ChAd-triCoV/Mac) n'est pas un vaccin à ARNm.
Il s’agit d’un vaccin à vecteur viral faisant usage d'un adénovirus de chimpanzé pour délivrer des antigènes du SRAS-CoV-2.
Comme je l'écrivais, ce n'est pas "mieux" mais ce n'est pas de l'ARNm, si l'on se fie à ce qui a été publié dans des sources dites "officielles".
Cette distinction est essentielle.
Certaines publications vont encore plus loin en pressentant que ce type de "vaccin" aérosolisé pourrait être utilisé de manière plus large...
https://x.com/richstucky/status/1918306029265436830
Ce n'est évidemment pas l'objet de l'étude mais à ce point-ci, personne ne peut deviner les usages futurs qui pourraient être faits d'une telle technologie qui, pour l'instant, vise les gens déjà vaccinés (au moins 3 fois) et qui auraient besoin d'une "protection" plus ciblée, pour les poumons.
Concrètement, l'étude d'AeroVax (à ce point-ci) est un essai clinique de phase 2 qui évalue l’innocuité et l’immunogénicité d’un "vaccin" contre la COVID-19 inhalé de nouvelle génération nommé ChAd-triCoV/Mac, soit un vaccin à vecteur viral utilisant un adénovirus de chimpanzé déficient en réplication (ChAd) pour délivrer des gènes codant pour 3 protéines du SRAS-CoV-2 (domaine S1 de la glycoprotéine Spike, nucléocapside et ARN polymérase ["RdRp, RNA-dependent RNA polymerase"]). Le vaccin est administré via un nébuliseur à jet soit un dispositif qui délivre une fine brume inhalée pendant 2 minutes, ciblant les poumons pour induire l’immunité des muqueuses.
Pour être parfaitement clair, contrairement aux vaccins à ARNm (comme ceux de Pfizer ou Moderna) qui utilisent une molécule d’ARN messager pour instruire directement les cellules humaines à produire une protéine virale, AeroVax livre un fragment d’ADN encapsulé dans l’adénovirus. Cet ADN est transcrit en ARNm dans les cellules humaines mais le mécanisme est distinct, à savoir que le vecteur viral agit comme un "transporteur" stable et non comme un ARNm synthétique.
Qui plus est, l’ARN polymérase mentionnée dans la description d’AeroVax fait référence à une protéine virale du SARS-CoV-2 (RdRp) et non à un composant du vaccin lui-même. Le SARS-CoV-2 utilise cette ARN polymérase pour répliquer son génome viral dans les cellules infectées. AeroVax inclut le gène codant pour cette protéine comme l’un des 3 antigènes pour stimuler une réponse immunitaire.
En d’autres termes, le "vaccin" entraîne le système immunitaire à reconnaître l’ARN polymérase virale (ainsi que la Spike et la nucléocapside) pour offrir une protection plus large contre le SARS-CoV-2 mais il ne contient pas d’ARNm comme principe actif.
Voilà.
Et juste pour que ce soit super-clair pour tout le monde, à propos des "vaccins" à vecteur viral, ils utilisent un virus modifié (ici, un adénovirus) pour livrer un ADN codant pour des protéines virales. Cet ADN est transcrit en ARNm dans le noyau cellulaire puis traduit en protéines, par exemple: AstraZeneca, Johnson & Johnson, AeroVax.
Donc...
AeroVax est plus proche du "vaccin" d'AstraZeneca que des "vaccins" à ARNm (de Pfizer et de Moderna), en termes de technologie.
Je considère important de bien clarifier ces points parce que c'est important de comprendre la nature de l'étude en cours, à McMaster.
-- --
À propos des sources de financement...
Parce qu'on se demande tous qui se cache derrière ce genre d'étude où la nébulisation pourrait éventuellement servir de "transport" à bien plus que ce "vaccin"-COVID.
Pour l'heure, il y a des subventions gouvernementales et publiques, des dons philanthropiques (d'individus liés historiquement à McMaster) et des réseaux et initiatives de recherche comme le "Canada’s Global Nexus for Pandemics and Biological Threats" et le "Canadian Pandemic Preparedness Hub".
https://globalnexus.mcmaster.ca/
https://www.uottawa.ca/research-innovat ... edness-hub
Mais il y a aussi des partenariats industriels potentiels car bien que le laboratoire soit principalement académique, il a des antécédents de collaboration avec des partenaires industriels. Par exemple, des vaccins antérieurs développés par l’équipe de McMaster (comme un vaccin contre la tuberculose) ont été soutenus par CanSino Biologics, une entreprise chinoise. Aucun partenariat industriel spécifique n’est mentionné pour AeroVax mais de tels accords pourraient émerger si le vaccin atteint la phase de commercialisation.
C'est donc un dossier à suivre.
Mais ne vous laissez pas tromper par ceux qui prétendraient, à tort qu'il s'agirait d'ARNm inhalable. Ça viendra peut-être à ça un jour et les raisons de s'en inquiéter sont multiples mais pour l'heure, ce n'est pas ça.
À mon sens, les fonds publics seraient bien mieux utilisés ailleurs mais là, on est devant un fait accompli alors il faut redoubler de vigilance pour voir la direction que pourrait prendre l'étude et ses suites.
Source: Ma publication, dans Facebook
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https://brighterworld.mcmaster.ca/artic ... cal-trial/
L’étude AeroVax, financée à hauteur de 8 millions de dollars par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), mettra à l’essai des "vaccins" sans aiguille mis au point pour offrir une protection contre le SRAS-CoV-2.
https://aerovax.ca/
Dirigé par les chercheurs Fiona Smaill et Zhou Xing de l’Institut Michael G. DeGroote de recherche sur les maladies infectieuses (IIDR) de l’université McMaster, l’essai multicentrique évaluera le nouveau vaccin dans un vaste groupe d’étude, tout en confirmant l’innocuité.
Bon...
Ça, c'est le "pitch" officiel.
En marge de cette info, il y a de plus en plus de publications qui dénoncent ce "vaccin" inhalé en prétendant que ce serait lié à l'ARNm... ce qui n'est pas le cas (et je vais vous expliquer pourquoi... ce n'est pas "mieux", ce n'est juste pas de l'ARNm).
https://x.com/liz_churchill10/status/19 ... 2143268086
Pour expliquer qu'il ne s'agit pas d'ARNm, lisez ce qui suit.
AeroVax (ChAd-triCoV/Mac) n'est pas un vaccin à ARNm.
Il s’agit d’un vaccin à vecteur viral faisant usage d'un adénovirus de chimpanzé pour délivrer des antigènes du SRAS-CoV-2.
Comme je l'écrivais, ce n'est pas "mieux" mais ce n'est pas de l'ARNm, si l'on se fie à ce qui a été publié dans des sources dites "officielles".
Cette distinction est essentielle.
Certaines publications vont encore plus loin en pressentant que ce type de "vaccin" aérosolisé pourrait être utilisé de manière plus large...
https://x.com/richstucky/status/1918306029265436830
Ce n'est évidemment pas l'objet de l'étude mais à ce point-ci, personne ne peut deviner les usages futurs qui pourraient être faits d'une telle technologie qui, pour l'instant, vise les gens déjà vaccinés (au moins 3 fois) et qui auraient besoin d'une "protection" plus ciblée, pour les poumons.
Concrètement, l'étude d'AeroVax (à ce point-ci) est un essai clinique de phase 2 qui évalue l’innocuité et l’immunogénicité d’un "vaccin" contre la COVID-19 inhalé de nouvelle génération nommé ChAd-triCoV/Mac, soit un vaccin à vecteur viral utilisant un adénovirus de chimpanzé déficient en réplication (ChAd) pour délivrer des gènes codant pour 3 protéines du SRAS-CoV-2 (domaine S1 de la glycoprotéine Spike, nucléocapside et ARN polymérase ["RdRp, RNA-dependent RNA polymerase"]). Le vaccin est administré via un nébuliseur à jet soit un dispositif qui délivre une fine brume inhalée pendant 2 minutes, ciblant les poumons pour induire l’immunité des muqueuses.
Pour être parfaitement clair, contrairement aux vaccins à ARNm (comme ceux de Pfizer ou Moderna) qui utilisent une molécule d’ARN messager pour instruire directement les cellules humaines à produire une protéine virale, AeroVax livre un fragment d’ADN encapsulé dans l’adénovirus. Cet ADN est transcrit en ARNm dans les cellules humaines mais le mécanisme est distinct, à savoir que le vecteur viral agit comme un "transporteur" stable et non comme un ARNm synthétique.
Qui plus est, l’ARN polymérase mentionnée dans la description d’AeroVax fait référence à une protéine virale du SARS-CoV-2 (RdRp) et non à un composant du vaccin lui-même. Le SARS-CoV-2 utilise cette ARN polymérase pour répliquer son génome viral dans les cellules infectées. AeroVax inclut le gène codant pour cette protéine comme l’un des 3 antigènes pour stimuler une réponse immunitaire.
En d’autres termes, le "vaccin" entraîne le système immunitaire à reconnaître l’ARN polymérase virale (ainsi que la Spike et la nucléocapside) pour offrir une protection plus large contre le SARS-CoV-2 mais il ne contient pas d’ARNm comme principe actif.
Voilà.
Et juste pour que ce soit super-clair pour tout le monde, à propos des "vaccins" à vecteur viral, ils utilisent un virus modifié (ici, un adénovirus) pour livrer un ADN codant pour des protéines virales. Cet ADN est transcrit en ARNm dans le noyau cellulaire puis traduit en protéines, par exemple: AstraZeneca, Johnson & Johnson, AeroVax.
Donc...
AeroVax est plus proche du "vaccin" d'AstraZeneca que des "vaccins" à ARNm (de Pfizer et de Moderna), en termes de technologie.
Je considère important de bien clarifier ces points parce que c'est important de comprendre la nature de l'étude en cours, à McMaster.
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À propos des sources de financement...
Parce qu'on se demande tous qui se cache derrière ce genre d'étude où la nébulisation pourrait éventuellement servir de "transport" à bien plus que ce "vaccin"-COVID.
Pour l'heure, il y a des subventions gouvernementales et publiques, des dons philanthropiques (d'individus liés historiquement à McMaster) et des réseaux et initiatives de recherche comme le "Canada’s Global Nexus for Pandemics and Biological Threats" et le "Canadian Pandemic Preparedness Hub".
https://globalnexus.mcmaster.ca/
https://www.uottawa.ca/research-innovat ... edness-hub
Mais il y a aussi des partenariats industriels potentiels car bien que le laboratoire soit principalement académique, il a des antécédents de collaboration avec des partenaires industriels. Par exemple, des vaccins antérieurs développés par l’équipe de McMaster (comme un vaccin contre la tuberculose) ont été soutenus par CanSino Biologics, une entreprise chinoise. Aucun partenariat industriel spécifique n’est mentionné pour AeroVax mais de tels accords pourraient émerger si le vaccin atteint la phase de commercialisation.
C'est donc un dossier à suivre.
Mais ne vous laissez pas tromper par ceux qui prétendraient, à tort qu'il s'agirait d'ARNm inhalable. Ça viendra peut-être à ça un jour et les raisons de s'en inquiéter sont multiples mais pour l'heure, ce n'est pas ça.
À mon sens, les fonds publics seraient bien mieux utilisés ailleurs mais là, on est devant un fait accompli alors il faut redoubler de vigilance pour voir la direction que pourrait prendre l'étude et ses suites.
Source: Ma publication, dans Facebook
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