À Québec, des greffés d’une peau totalement reproduite en laboratoire
Posté : 15 décembre 2024, 10:51
15 décembre 2024
Mathieu Houle est un grand brûlé. Il est l’un des 30 patients au Canada à avoir reçu une greffe de peau bilamellaire, c'est-à-dire une peau reconstruite en laboratoire.
En août 2021, il est rentré chez lui après une journée de travail à Drummondville. Le mécanicien est allé se doucher, mais il avait du nettoyant à frein sur lui. Une bougie était aussi allumée dans la salle de bain. Quand les vapeurs sont entrées en contact avec la fumée, il y a eu une explosion dans la pièce. Le corps de Mathieu Houle a été brûlé à 80 % ce jour-là.
Seuls son visage, la paume de ses mains et le dessous de ses pieds ont été épargnés. Il a tout de suite été transféré à l'Hôpital de l’Enfant-Jésus, à Québec. J’ai été déclaré grand brûlé […] ce qui fait que j'ai été un bon candidat pour LOEX.
Le laboratoire LOEX est aussi situé entre les murs de l’immense complexe de l’Enfant-Jésus.
À partir d’un fragment de peau de la personne brûlée, de la taille d’une pièce de 2 $ les chercheurs de Québec ont réussi à reconstruire un tissu proche du tissu d’origine.
Véronique Moulin, chercheuse au Centre LOEX de l'Université Laval depuis 1998 et directrice de l'Axe Médecine régénératrice, fait partie de la quinzaine de chercheurs derrière cette révolution de la médecine régénératrice.
À partir de [ce fragment], on est capable d'isoler les cellules, on les met en croissance et on est capable avec notre méthode de reconstruire une peau qui contient les deux couches de la peau.
Cette technique permet de venir en aide aux personnes qui sont brûlées à plus de 50 %.
Ce sont des patients qui sont tellement brûlés qu'ils n'ont plus assez de peau pour pouvoir faire des autogreffes, donc ils ne sont pas capables d'être guéris, précise la chercheuse.
L’autogreffe constitue la méthode la plus utilisée pour traiter les grands brûlés. Elle consiste à greffer des segments de peau prélevés sur des endroits sains du corps.
Un long processus
Contrairement à l’autogreffe qui peut se faire plus rapidement, la peau bilamellaire prend du temps. Ça prend à peu près deux mois entre le moment où l'on reçoit de la peau en laboratoire et la première greffe, illustre Véronique Moulin.
Plusieurs opérations s'ensuivent. Mathieu Houle a reçu des autogreffes, mais aussi trois greffes de peau bilamellaire. La deuxième opération que j’ai eue, c’était une grande superficie des jambes […]. Le réveil de l’opération a été plus difficile, c’était beaucoup plus douloureux.
La peau bilamellaire est transportée dans de petits contenants, comme un transfert d’organe du laboratoire LOEX jusqu’au chirurgien. Les greffes de peau sont ensuite planifiées chaque semaine.
Une peau fragile
Près de trois ans après ses opérations, Mathieu Houle trouve que sa peau bilamellaire est plus définie, plus souple , mais elle est aussi beaucoup plus fragile.
En effet, on reconstruit de la peau, mais elle n’est pas complète, convient Véronique Moulin.
Mathieu Houle explique qu’il doit l’hydrater beaucoup plus souvent et porter des vêtements anti-UV. Elle est belle, la peau, […] j'appelle ça une peau léopard. Elle est toute tachetée et pigmentée, mais, à part ces détails anodins, j'ai la vie et la santé.
Ils m'ont rendu beau en tant que grand brûlé, ajoute Mathieu Houle, souriant et reconnaissant.
Une trentaine de patients à travers le Canada ont reçu des greffes de peau bilamellaire, dont une quinzaine d’enfants.
Véronique Moulin mentionne que l’une des bonnes surprises avec cette greffe, c’est sa capacité d’étirement, un avantage pour les enfants, dit-elle.
Quand ils grandissent avec l'autogreffe, la peau ne s'étire pas, donc ils retournent régulièrement se faire opérer pour relâcher la peau... Alors que la peau produite est capable de grandir, donc ils n’ont pas besoin de se faire opérer de nouveau.
Le laboratoire de Québec LOEX continue ses travaux de recherches pour essayer de réduire le délai de deux mois pour produire la peau.
Une quinzaine de chercheurs travaillent sur d'autres projets comme la fabrication de l'épithélium [le dessus de la cornée] supervisée par la docteure Lucie Germain. C'est en essai clinique et c'est quelque chose qu'on espère rendre aussi accessible à tout le monde, ajoute Véronique Moulin.
Source: MSN / Radio-Canada
-- -- --
Mathieu Houle est un grand brûlé. Il est l’un des 30 patients au Canada à avoir reçu une greffe de peau bilamellaire, c'est-à-dire une peau reconstruite en laboratoire.
En août 2021, il est rentré chez lui après une journée de travail à Drummondville. Le mécanicien est allé se doucher, mais il avait du nettoyant à frein sur lui. Une bougie était aussi allumée dans la salle de bain. Quand les vapeurs sont entrées en contact avec la fumée, il y a eu une explosion dans la pièce. Le corps de Mathieu Houle a été brûlé à 80 % ce jour-là.
Seuls son visage, la paume de ses mains et le dessous de ses pieds ont été épargnés. Il a tout de suite été transféré à l'Hôpital de l’Enfant-Jésus, à Québec. J’ai été déclaré grand brûlé […] ce qui fait que j'ai été un bon candidat pour LOEX.
Le laboratoire LOEX est aussi situé entre les murs de l’immense complexe de l’Enfant-Jésus.
À partir d’un fragment de peau de la personne brûlée, de la taille d’une pièce de 2 $ les chercheurs de Québec ont réussi à reconstruire un tissu proche du tissu d’origine.
Véronique Moulin, chercheuse au Centre LOEX de l'Université Laval depuis 1998 et directrice de l'Axe Médecine régénératrice, fait partie de la quinzaine de chercheurs derrière cette révolution de la médecine régénératrice.
À partir de [ce fragment], on est capable d'isoler les cellules, on les met en croissance et on est capable avec notre méthode de reconstruire une peau qui contient les deux couches de la peau.
Cette technique permet de venir en aide aux personnes qui sont brûlées à plus de 50 %.
Ce sont des patients qui sont tellement brûlés qu'ils n'ont plus assez de peau pour pouvoir faire des autogreffes, donc ils ne sont pas capables d'être guéris, précise la chercheuse.
L’autogreffe constitue la méthode la plus utilisée pour traiter les grands brûlés. Elle consiste à greffer des segments de peau prélevés sur des endroits sains du corps.
Un long processus
Contrairement à l’autogreffe qui peut se faire plus rapidement, la peau bilamellaire prend du temps. Ça prend à peu près deux mois entre le moment où l'on reçoit de la peau en laboratoire et la première greffe, illustre Véronique Moulin.
Plusieurs opérations s'ensuivent. Mathieu Houle a reçu des autogreffes, mais aussi trois greffes de peau bilamellaire. La deuxième opération que j’ai eue, c’était une grande superficie des jambes […]. Le réveil de l’opération a été plus difficile, c’était beaucoup plus douloureux.
La peau bilamellaire est transportée dans de petits contenants, comme un transfert d’organe du laboratoire LOEX jusqu’au chirurgien. Les greffes de peau sont ensuite planifiées chaque semaine.
Une peau fragile
Près de trois ans après ses opérations, Mathieu Houle trouve que sa peau bilamellaire est plus définie, plus souple , mais elle est aussi beaucoup plus fragile.
En effet, on reconstruit de la peau, mais elle n’est pas complète, convient Véronique Moulin.
Mathieu Houle explique qu’il doit l’hydrater beaucoup plus souvent et porter des vêtements anti-UV. Elle est belle, la peau, […] j'appelle ça une peau léopard. Elle est toute tachetée et pigmentée, mais, à part ces détails anodins, j'ai la vie et la santé.
Ils m'ont rendu beau en tant que grand brûlé, ajoute Mathieu Houle, souriant et reconnaissant.
Une trentaine de patients à travers le Canada ont reçu des greffes de peau bilamellaire, dont une quinzaine d’enfants.
Véronique Moulin mentionne que l’une des bonnes surprises avec cette greffe, c’est sa capacité d’étirement, un avantage pour les enfants, dit-elle.
Quand ils grandissent avec l'autogreffe, la peau ne s'étire pas, donc ils retournent régulièrement se faire opérer pour relâcher la peau... Alors que la peau produite est capable de grandir, donc ils n’ont pas besoin de se faire opérer de nouveau.
Le laboratoire de Québec LOEX continue ses travaux de recherches pour essayer de réduire le délai de deux mois pour produire la peau.
Une quinzaine de chercheurs travaillent sur d'autres projets comme la fabrication de l'épithélium [le dessus de la cornée] supervisée par la docteure Lucie Germain. C'est en essai clinique et c'est quelque chose qu'on espère rendre aussi accessible à tout le monde, ajoute Véronique Moulin.
Source: MSN / Radio-Canada
-- -- --