Réfection du tunnel L.-H.-La Fontaine : les travaux se prolongent d’une année

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cgelinas
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8 juin 2024


Le ministère des Transports du Québec a confirmé vendredi matin l’information obtenue par La Presse voulant que la fin des travaux de réfection du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine soit reportée d’au moins un an.

Commencés en 2019, les travaux destinés à restaurer cette infrastructure majeure de l’est de Montréal, qui ont pris de l'ampleur avec la fermeture de trois voies sur six en 2022, devaient se terminer en novembre 2025.

Or, en raison d’imprévus et de l’état de dégradation de certaines composantes, notamment le système de ventilation du tunnel, les travaux devront être prolongés au moins jusqu’à l’automne 2026.

En point de presse, la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, a évoqué trois raisons pour expliquer ce délai :

  • D'abord, la complexité plus importante que prévu des travaux qui sont exécutés pour la première fois dans ce type de structure au Québec.
  • Ensuite, l'état de détérioration avancé des tours de ventilation du tunnel, qui nécessitera qu'on les change, alors qu'on ne prévoyait pas devoir le faire à l'origine.
  • Finalement, des enjeux de main-d'oeuvre et de santé et sécurité au travail ayant aussi contribué à ralentir la cadence des travaux.

La fermeture de trois des six voies du tunnel, qui met à rude épreuve la patience de milliers d’automobilistes pris chaque jour dans les bouchons ainsi que celle de résidents qui doivent endurer le détournement de la circulation dans leurs rues, devra donc être maintenue pour deux autres années.

Le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine est un axe routier majeur dans l’est de la région métropolitaine; il est emprunté chaque jour par environ 120 000 véhicules, dont 13 % de camions.

On le savait, il y a des problèmes supplémentaires sur le chantier. [...] Donc, tout ça s’empile sur un chantier qui se complexifie systématiquement depuis sa première annonce, a expliqué l’expert en planification des transports Pierre Barrieau, de l’Université de Montréal, sur les ondes d’ICI RDI.

Les coûts du projet reflètent la complexité du chantier.

À l’origine, Québec et Ottawa avaient investi 500 millions de dollars dans la réfection du tunnel. En août 2022, la facture avait déjà augmenté de 900 millions de dollars, portant l’addition à plus de 1,4 milliard.

Depuis que les travaux ont commencé en 2019, on parlait d’un chantier de quelques centaines de millions de dollars qui permettrait de sauver beaucoup d’argent à l’État versus la construction d’une nouvelle infrastructure, sachant que les réfections sont bonnes pour une quarantaine à une cinquantaine d’années versus un nouveau pont qui aurait duré 150 années.

Le délai additionnel d’un an confirmé aujourd’hui risque fort de faire encore augmenter la facture en plus d’allonger significativement la congestion routière dans le secteur. Le tout sans exclure la possibilité que la fin du chantier soit encore reportée.

Aussi cher qu'un nouveau pont?

À ce compte, Pierre Barrieau se demande pourquoi Québec n’a pas tout simplement opté pour un nouveau pont d’une durée de vie de 150 ans, ce qui aurait au moins épargné toute cette congestion routière.

D’un point de vue plus global, les retards sur le chantier du pont-tunnel L.-H.-La Fontaine bousculeront aussi l’échéancier des travaux de réfection prévus sur la portion aérienne de l’autoroute Métropolitaine. Cette artère routière majeure d’une dizaine de kilomètres de long nécessitera aussi beaucoup d’argent et de patience des citoyens.

Ce n'est pas tout: l'échangeur Saint-Pierre [dans l'arrondissement de Lachine] devra aussi être reconstruit dans les prochaines années, de même qu’une partie de l’autoroute 138 et possiblement l’un des deux ponts Honoré-Mercier aussi, souligne Pierre Barrieau.

Déficit de maintien des actifs

Devant une telle liste de travaux majeurs, la ministre Guilbault a déploré le laisser-aller des gouvernements antérieurs en matière de réfection des grandes infrastructures.

Si on est dans cette situation-là avec le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, a-t-elle déclaré, c’est parce qu’il y a eu un tel déficit de maintien des actifs au Québec, de maintien des infrastructures, notamment routières, qu’on est obligés en urgence de faire des travaux dans des structures névralgiques, donc ça fait en sorte que ça coûte cher et on ne peut pas reporter les travaux.

En plus de devoir construire de nouveaux ponts en urgence, comme celui de l'Île-aux-Tourtes, Québec doit aussi payer pour maintenir l'ancien pont en état le temps qu'on construise le nouveau.

Les responsables de cette situation, selon Geneviève Guilbault, sont tous les gouvernements avant nous qui ont repoussé le problème jusqu’à ce qu’on se retrouve dans une situation urgente comme dans le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, comme dans le pont de l’Île-aux-Tourtes où on a été obligés de fermer en urgence, comme dans le pont de l’Île d’Orléans qu’on va payer 2,8 milliards parce qu’on ne peut pas se permettre le luxe de repartir les processus.



Source: MSN / Radio-Canada



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Claude Gélinas, Éditeur
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