Des travailleurs temporaires sud-coréens pour bâtir l’usine de batteries Stellantis
Posté : 21 novembre 2023, 14:17
21 novembre 2023
Le projet de construction de NextStar Energy, une usine phare de batteries pour véhicules électriques à Windsor, fait craindre que de nombreux emplois soient confiés à des travailleurs temporaires sud-coréens, ce qui réduirait ceux promis aux Canadiens.
L'usine bénéficie de subventions publiques à hauteur de 15 milliards de dollars.
NextStar Energy, une coentreprise entre le géant mondial de l'automobile Stellantis et le fabricant sud-coréen de batteries LG Energy Solution, est le plus gros investissement de l'histoire du secteur automobile canadien, avec d’importantes subventions fédérales et provinciales.
2500 emplois prévus
L'usine de batteries, dont l'ouverture est prévue pour l'année prochaine, devait créer 2500 emplois à Windsor et dans les environs. La nouvelle a été d'abord largement saluée par les syndicats lors de sa première annonce.
Mais ces derniers et plusieurs députés ont demandé des clarifications après une publication sur les réseaux sociaux de la police de Windsor la semaine dernière.
Après une rencontre entre son chef Jason Bellaire et l'ambassadeur de la Corée du Sud au Canada, Woongsoon Lim, la police a indiqué sur X qu’elle s'attend à ce qu'environ 1600 travailleurs sud-coréens viennent dans la communauté l'année prochaine pour aider à construire l'usine.
Un recours confirmé par le directeur
Dans une déclaration à La Presse canadienne, le directeur général de NextStar Energy, Danies Lee, indique que l'entreprise s'est engagée à embaucher des Canadiens pour pourvoir plus de 2500 emplois à temps plein à l'usine de Windsor et à embaucher jusqu'à 2300 travailleurs locaux supplémentaires pour aider à la construction et à l'installation.
Cependant, M. Lee affirme que la phase d'installation du projet nécessite également du personnel temporaire spécialisé du fournisseur mondial, qui possède des connaissances exclusives et une expertise spécialisée. On ne sait pas exactement combien de travailleurs NextStar Energy prévoit faire venir de l'extérieur du Canada.
Le syndicat Unifor alerte sur l'exploitation
La présidente du syndicat Unifor Lana Payne s'inquiète de cette intention. Nous pensons que le virage vers les véhicules électriques doit permettre de créer de bons emplois pour les travailleurs du Canada, à travers des ententes avec les syndicats. Les travailleurs ne devraient pas être sujets à des programmes d’exploitation comme le programme de travailleurs étrangers temporaires, déclare-t-elle dans un courriel.
En septembre 2023, le rapporteur spécial de l’ONU Tomoya Obokata a estimé, après une visite de terrain, que ce programme canadien créait les conditions favorisant une forme contemporaine d'esclavage.
Lana Payne ajoute cependant que les dernières déclarations de l’entreprise ont atténué les craintes immédiates de notre syndicat.
Le sujet s'invite à Ottawa
Le chef conservateur fédéral, Pierre Poilievre, a réclamé lundi une enquête approfondie sur la question. Il souhaite un engagement à ce qu'aucun financement public ne soit accordé aux travailleurs étrangers.
Le sujet a été évoqué à deux reprises à la Chambre des communes lundi lors de la période des questions.
Le gouvernement libéral et les conservateurs (de l’Ontario, NDLR) de Ford s’étaient engagés à des garanties de formation pour les travailleurs locaux et avaient 18 mois pour s’en assurer, a insisté le député NPD de Windsor-Ouest, Brian Masse.
Les libéraux garantissent-ils que ces emplois seront syndiqués et iront à Windsor, Tecumseh et au comté d'Essex et que pas un seul centime n'ira aux travailleurs étrangers?, questionne-t-il.
Le député conservateur Rick Perkins de South Shore, en Nouvelle-Écosse, estime que chaque Canadien paiera 1000 $ pour employer ces travailleurs étrangers. Il demande lui aussi au premier ministre de s'engager à ce que tous les emplois soient accordés à des Canadiens.
Un seul emploi, selon le gouvernement fédéral
Le secrétaire parlementaire à l’Emploi et au Développement de la main-d'œuvre Irek Kusmierczyk a été chargé de répondre. Nous allons continuer de travailler avec les syndicats et Stellantis pour nous assurer que les travailleurs canadiens locaux ont la priorité, a-t-il déclaré.
Il a défendu les 2500 bons emplois qui seront créés et indiqué qu’à ce stade, une candidature pour un travailleur temporaire a été approuvée. Il a aussi rappelé que le programme des travailleurs étrangers temporaires s’applique seulement quand il n’y a pas de travailleur canadien qualifié ou disponible pour cet emploi.
Source: MSN / Radio-Canada
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Le projet de construction de NextStar Energy, une usine phare de batteries pour véhicules électriques à Windsor, fait craindre que de nombreux emplois soient confiés à des travailleurs temporaires sud-coréens, ce qui réduirait ceux promis aux Canadiens.
L'usine bénéficie de subventions publiques à hauteur de 15 milliards de dollars.
NextStar Energy, une coentreprise entre le géant mondial de l'automobile Stellantis et le fabricant sud-coréen de batteries LG Energy Solution, est le plus gros investissement de l'histoire du secteur automobile canadien, avec d’importantes subventions fédérales et provinciales.
2500 emplois prévus
L'usine de batteries, dont l'ouverture est prévue pour l'année prochaine, devait créer 2500 emplois à Windsor et dans les environs. La nouvelle a été d'abord largement saluée par les syndicats lors de sa première annonce.
Mais ces derniers et plusieurs députés ont demandé des clarifications après une publication sur les réseaux sociaux de la police de Windsor la semaine dernière.
Après une rencontre entre son chef Jason Bellaire et l'ambassadeur de la Corée du Sud au Canada, Woongsoon Lim, la police a indiqué sur X qu’elle s'attend à ce qu'environ 1600 travailleurs sud-coréens viennent dans la communauté l'année prochaine pour aider à construire l'usine.
Un recours confirmé par le directeur
Dans une déclaration à La Presse canadienne, le directeur général de NextStar Energy, Danies Lee, indique que l'entreprise s'est engagée à embaucher des Canadiens pour pourvoir plus de 2500 emplois à temps plein à l'usine de Windsor et à embaucher jusqu'à 2300 travailleurs locaux supplémentaires pour aider à la construction et à l'installation.
Cependant, M. Lee affirme que la phase d'installation du projet nécessite également du personnel temporaire spécialisé du fournisseur mondial, qui possède des connaissances exclusives et une expertise spécialisée. On ne sait pas exactement combien de travailleurs NextStar Energy prévoit faire venir de l'extérieur du Canada.
Le syndicat Unifor alerte sur l'exploitation
La présidente du syndicat Unifor Lana Payne s'inquiète de cette intention. Nous pensons que le virage vers les véhicules électriques doit permettre de créer de bons emplois pour les travailleurs du Canada, à travers des ententes avec les syndicats. Les travailleurs ne devraient pas être sujets à des programmes d’exploitation comme le programme de travailleurs étrangers temporaires, déclare-t-elle dans un courriel.
En septembre 2023, le rapporteur spécial de l’ONU Tomoya Obokata a estimé, après une visite de terrain, que ce programme canadien créait les conditions favorisant une forme contemporaine d'esclavage.
Lana Payne ajoute cependant que les dernières déclarations de l’entreprise ont atténué les craintes immédiates de notre syndicat.
Le sujet s'invite à Ottawa
Le chef conservateur fédéral, Pierre Poilievre, a réclamé lundi une enquête approfondie sur la question. Il souhaite un engagement à ce qu'aucun financement public ne soit accordé aux travailleurs étrangers.
Le sujet a été évoqué à deux reprises à la Chambre des communes lundi lors de la période des questions.
Le gouvernement libéral et les conservateurs (de l’Ontario, NDLR) de Ford s’étaient engagés à des garanties de formation pour les travailleurs locaux et avaient 18 mois pour s’en assurer, a insisté le député NPD de Windsor-Ouest, Brian Masse.
Les libéraux garantissent-ils que ces emplois seront syndiqués et iront à Windsor, Tecumseh et au comté d'Essex et que pas un seul centime n'ira aux travailleurs étrangers?, questionne-t-il.
Le député conservateur Rick Perkins de South Shore, en Nouvelle-Écosse, estime que chaque Canadien paiera 1000 $ pour employer ces travailleurs étrangers. Il demande lui aussi au premier ministre de s'engager à ce que tous les emplois soient accordés à des Canadiens.
Un seul emploi, selon le gouvernement fédéral
Le secrétaire parlementaire à l’Emploi et au Développement de la main-d'œuvre Irek Kusmierczyk a été chargé de répondre. Nous allons continuer de travailler avec les syndicats et Stellantis pour nous assurer que les travailleurs canadiens locaux ont la priorité, a-t-il déclaré.
Il a défendu les 2500 bons emplois qui seront créés et indiqué qu’à ce stade, une candidature pour un travailleur temporaire a été approuvée. Il a aussi rappelé que le programme des travailleurs étrangers temporaires s’applique seulement quand il n’y a pas de travailleur canadien qualifié ou disponible pour cet emploi.
Source: MSN / Radio-Canada
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