Le fédéral étudie une aide de 150 M$ pour financer de nouveaux équipements antipollution à Rouyn-Noranda
Le géant suisse Glencore peut maintenant compter sur l’aide d’Ottawa après le récent coup de pouce de Québec pour les activités de sa fonderie de Rouyn-Noranda, au cœur d’un bras de fer sur ses émissions d’arsenic.
Le gouvernement Carney étudie une demande d’aide d’environ 150 M$ pour financer de nouveaux équipements antipollution à la Fonderie Horne, selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg.
Le cabinet de la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a décrit l’installation comme « un actif stratégique au sein de notre base industrielle ».
Glencore s’est dite « ouverte à évaluer d’autres mécanismes, notamment financiers, pour partager les risques », dans une déclaration transmise lundi.
Québec aide Glencore
La fonderie devait atteindre une limite d’arsenic de 15 nanogrammes par mètre cube d’ici 2027. En décembre [2025], Québec avait déjà accordé un premier délai de 18 mois à Glencore.
Cela est insuffisant, a répondu la multinationale: le 3 février, elle a gelé ses 300 M$ d’investissements prévus dans la modernisation de la fonderie et menacé de fermer l’installation en 2027, faute de prévisibilité réglementaire.
Deux jours plus tard, Québec offrait sept ans de prévisibilité à Glencore, à condition que l’entreprise aille de l’avant avec ses investissements. Le conseil municipal de Rouyn-Noranda a emboîté le pas le 10 février.
Puis, au milieu du mois de mars [2026], le gouvernement a glissé un amendement dans son projet de loi omnibus sur l’allégement réglementaire pour concrétiser l’entente.
La loi omnibus dont il est question est le projet de loi n° 11, intitulé formellement « Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins d’allègement du fardeau réglementaire et administratif ».
- https://fqm.ca/medias/communiques/la-fq ... s-regions/
- https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-conte ... e_2025.pdf
- https://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-par ... -43-2.html
Des amendements ont été ajoutés au PL‑11, notamment pour encadrer la situation de la Fonderie Horne à Rouyn‑Noranda et consolider l’entente de sept ans de prévisibilité offerte à Glencore.
La cible de 15 nanogrammes par mètre cube est repoussée de deux ans, à 2029. Le plomb, le cadmium et le dioxyde de soufre obtiennent eux aussi des reports allant jusqu’à 30 mois.
L’autorisation ministérielle de la fonderie est par ailleurs prolongée jusqu’en mars 2033.
Un écosystème industriel sous pression
Même assouplies, ces nouvelles règles restent loin des normes en vigueur ailleurs au Québec. La limite de 15 nanogrammes d’arsenic par mètre cube est cinq fois plus élevée que le seuil jugé sécuritaire par la province.
C’est ce qui alimente depuis des années la colère des résidents de la ville, qui vivent à proximité d’une installation dont les émissions d’arsenic dépassaient encore 43 nanogrammes par mètre cube l’an dernier.
La fonderie de Rouyn-Noranda traite environ 215 000 tonnes métriques de cuivre par année, soit 16 % de la capacité nord-américaine, selon l’U.S. Geological Survey.
Sa disparition entraînerait avec elle la raffinerie montréalaise de Glencore, mettant en péril jusqu’à 3200 emplois directs et indirects.
Le fabricant français Nexans, dont l’usine de la région de Montréal s’approvisionne en cathodes de cuivre auprès de cette raffinerie, se retrouverait aussi dans la tourmente.
« Si vous perdez la Fonderie Horne, vous perdez tout cet écosystème », a résumé Charles Cooper, directeur de la recherche sur le cuivre chez Wood Mackenzie, à Bloomberg.
Glencore en bref
Glencore est l’un des plus grands groupes miniers de la planète.
Le géant est basé en Suisse et ses tentacules s’étendent sur tous les continents.
Il extrait et commercialise du cuivre, du nickel, du cobalt, du charbon et une dizaine d’autres matières premières.
En 2025, l’entreprise a engrangé un bénéfice net de 363 millions de dollars américains, après avoir essuyé une perte de 1,6 G$ l’année précédente. Le cuivre est au cœur de sa stratégie de croissance: Glencore veut doubler sa production de ce métal d’ici 2035, pour la porter à 1,6 million de tonnes par année.
La demande explose, portée par la transition énergétique, l’industrie de la défense et la construction de centres de données liés à l’intelligence artificielle.
Source: Journal de Montréal
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