Le Canada est-il réellement devenu plus pauvre que l'Alabama?

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cgelinas
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Le débat est parti d’un titre choc du Globe and Mail, publié le 20 février 2026 : « How Canada became poorer than Alabama ».

Le quotidien s’appuie sur des travaux de l’économiste Trevor Tombe, professeur à l’Université de Calgary, qui a comparé le PIB par habitant des provinces canadiennes et des États américains à partir de données du Fonds monétaire international (FMI).

Plusieurs commentaires, ici et ici.

En juin 2024, Trevor Tombe diffuse une analyse montrant qu’en termes de PIB par habitant ajusté pour la parité de pouvoir d’achat, la moyenne des dix provinces canadiennes est tombée au niveau de l’Alabama, puis légèrement en dessous, pour les années 2023 et 2024. Le chiffre pivot évoqué dans ces comparaisons tourne autour de 55 000 dollars américains par personne en 2022, où le Canada et l’Alabama se situent à peu près au même niveau; selon les recalculs du FMI pour 2023‑2024, le Canada recule alors marginalement derrière l’État du Sud.


Cette idée qu’un pays du G7 riche en ressources naturelles puisse se retrouver, sur ce critère précis, au-dessous de l’un des États les plus pauvres des États‑Unis a immédiatement fait le tour des médias et des réseaux sociaux.

Le week‑end suivant la parution de l’article du Globe and Mail, le 23 février 2026, l’émission Power & Politics de CBC consacre un segment intitulé « Did Canada really become poorer than Alabama? », où l’économiste Mike Moffatt vient nuancer cette lecture des chiffres et rappeler les limites du PIB par habitant comme indicateur de richesse réelle pour la population.

Car cette comparaison brute masque plusieurs réalités. L’Alabama reste, en 2026, l’un des États américains avec les pires indicateurs de pauvreté et un salaire minimum fédéral inchangé à 7,25 dollars américains de l’heure, malgré l’afflux de milliards d’investissements industriels dans des secteurs comme l’automobile et l’aéronautique. Le Canada, de son côté, voit son PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat passer d’environ 58 321 dollars américains en 2022 à 57 517 en 2023, puis 56 692 en 2024 selon des séries issues de la Banque mondiale et utilisées dans ces analyses, ce qui alimente l’idée d’un décrochage, mais ne suffit pas à résumer le niveau de vie, l’accès aux services publics ou les inégalités.

Au final, la question « le Canada est‑il plus pauvre que l’Alabama? » repose sur un indicateur unique et sur une période courte, ce que plusieurs économistes jugent trompeur.

Mais il y a du vrai aussi...

La controverse née en février 2026 a toutefois mis en lumière un malaise plus profond : la stagnation de la productivité canadienne, la perception d’un recul face aux États‑Unis et le choc symbolique d’être comparé, chiffres à l’appui, à un État longtemps perçu au nord du 49e parallèle comme « l’un des plus pauvres du pays le plus riche du monde ».



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Source: https://www.imf.org/en/news/articles/2026/01/27/cf-canada-can-grow-faster-by-unlocking-its-own-market
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