La grève terminée, la chasse à ceux qui ont franchi la ligne de piquetage est ouverte

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cgelinas
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15 mai 2023


Les personnes qui ont franchi la ligne de piquetage durant la récente grève dans la fonction publique fédérale pourraient faire face à de lourdes amendes, selon ce que prévoient les statuts de l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC).

Plusieurs sections syndicales cherchent à identifier les personnes qui ont franchi la ligne de piquetage durant la grève du mois dernier. L’une d’elles demande même à ses membres de fournir des noms.

Le Syndicat des employé-e-s des Anciens combattants (SEAC) - l'un des 15 syndicats qui composent l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) - affirme que ceux qui ont continué à travailler pendant les 12 jours de grève ont manqué de respect aux autres membres du syndicat.

[Éditeur: c'est vrai mais ils ont peut-être aussi servi les Canadiens, au passage. Tout est une question de point de vue.]

Selon les chiffres du gouvernement, environ 96 % des travailleurs non essentiels du groupe de l'AFPC en grève au Conseil du Trésor ont participé à la grève au cours de la première semaine du mouvement.

Permettez-moi de vous dire à quel point le SEAC et moi-même sommes déçus des membres qui n'étaient pas jugés comme travailleurs essentiels et qui ont pourtant décidé d'aller travailler pendant la grève, que ce soit sur le lieu de travail ou virtuellement, peut-on lire dans une lettre de la présidente nationale du syndicat, Virginia Vaillancourt. Vous avez déshonoré et manqué de respect à vos collègues du SEAC qui ont marché sur la ligne de piquetage tous les jours en votre nom.

Le SEAC prévoit de pénaliser les membres qui ont franchi la ligne de piquetage pendant la grève, au cours de laquelle 155 000 travailleurs du gouvernement fédéral ont débrayé dans tout le pays.

Les statuts de l'AFPC stipulent que les employés qui franchissent la ligne de piquetage, effectuent un travail non requis par la loi ou sont payés par l'employeur pour ne pas participer à une grève peuvent se voir infliger des amendes équivalentes à la rémunération qu'ils ont touchée pendant que d'autres manifestaient.

Le franchissement d'une ligne de piquetage est légal, mais fortement déconseillé par les syndicats, qui considèrent que cela nuit à leurs efforts.

Il est honteux que vous puissiez bénéficier de la persévérance de vos collègues et des équipes de négociation, peut-on lire dans la lettre de Mme Vaillancourt. Le bureau national du SEAC a reçu les noms de membres qui ont franchi la ligne de piquetage et travaillé pour l'employeur pendant la grève légale alors qu’ils n’étaient pas désignés comme travailleurs essentiels, poursuit-elle. Les noms continuent d'arriver au bureau national.

La lettre précise que toute personne ayant des informations sur des travailleurs qui ont rompu avec le mouvement de grève peut les envoyer au bureau national.

Le SEAC a refusé de commenter la situation. Mais ses démarches ne sont pas une initiative de l'AFPC, selon l'un des porte-parole du syndicat.

D'autres syndicats envisagent également des mesures disciplinaires

Le président national du Syndicat des employé-e-s de l'impôt (SEI), Marc Brière, a expliqué que le syndicat s'efforce également d'identifier les membres qui ont franchi la ligne de piquetage ou qui ont travaillé volontairement.

Afin d'offrir aux briseurs de grève potentiels une procédure équitable et la possibilité d'être entendus, le processus peut prendre un certain temps, a-t-il déclaré dans une déclaration envoyée par courriel.

Soyez assurés que le Syndicat des employé-e-s de l'impôt a l'intention d'appliquer dans toute la mesure du possible les dispositions des Statuts de l'AFPC et des Règlements du SEI concernant la question des briseurs de grève.

Membre de l'exécutif national du Syndicat de l'emploi et de l'immigration du Canada (SEIC), Crystal Warner a indiqué que ce sont les petites sections locales qui, en fin de compte, traquent et punissent ces employés.

[Éditeur: traquer et punir, un langage qui ne fait pas exactement honneur aux syndicats. Ça joue dur.]

La direction du SEIC encourage nos sections locales à demander des comptes aux personnes qui ont franchi la ligne de piquetage, a-t-elle expliqué par téléphone, vendredi.

Selon Mme Warner, une autre sanction possible pourrait consister à inviter les membres à une réunion et à leur demander, devant leurs collègues syndiqués, pourquoi ils ont choisi de franchir la ligne de piquetage.

Selon Mme Warner, cette sanction pourrait être suffisante, mais des amendes ou des suspensions de membres sont également envisagées. Elle a également déclaré que le SEIC estime que seul un nombre relativement faible de membres est concerné.

Une syndiquée pas trop inquiète

Une employée qui a travaillé tout au long de la grève a déclaré qu'elle ne s'inquiétait pas trop des répercussions.

L'employée, que CBC a accepté de ne pas nommer, n'est pas membre du SEAC et n'a pas reçu de lettre similaire. Elle dit avoir pris des mesures pour brouiller les pistes pendant qu'elle travaillait.

J'ai travaillé pendant la grève parce que je n'étais pas nécessairement d'accord avec la position du syndicat, a-t-elle justifié. J'avais l'impression qu'ils ne représentaient pas mon point de vue. Et je ne suis pas sûre qu'ils représentaient le point de vue de la majorité des gens, puisque seulement 30 % d'entre eux ont voté.



Source: MSN / Radio-Canada



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Claude Gélinas, Éditeur
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