La DPJ de Drummondville dans la tourmente

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cgelinas
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8 mai 2023


Le nombre de jeunes de moins de cinq ans pris en charge par la DPJ de Drummondville est de 40% supérieur à la moyenne régionale, toute proportion gardée.

Pendant que les autorités des services sociaux peinent à expliquer la disproportion des données, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) confirme que l’enquête qu’elle mène depuis trois mois sur l’organisation a pris une dimension systémique.


«Bien que le nombre de jeunes nécessitant des services (prise en charge) de la direction de la protection de la jeunesse (DPJ) soit préoccupant pour l’ensemble de la région, nous constatons en effet que c’est un peu plus marqué pour le RLS de Drummond», écrit le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec en réponse à nos demandes d’éclaircissement sur ses données.

«Sans pouvoir identifier une cause en particulier, des facteurs socio-économiques, environnementaux et populationnels peuvent avoir un impact sur la situation. À titre d’exemple, la forte croissance démographique», avance-t-on par ailleurs.

[Éditeur: à l'évidence, le CIUSSS fait exprès de ne pas pointer la DPJ du doigt. Ça donne l'impression d'un aveuglément volontaire.]

Les pistes d’explications sont tout aussi vagues du côté syndical. «Je sais qu’on a manqué beaucoup d’intervenants au cours des dernières années», pointe Véronique Neth, présidente de l’APTS MCQ, qui représente les intervenants DPJ de la région. Il faudrait départager ce qui relève de mesures volontaires et ce qui relève d’ordonnances de la cour, et le cas échéant, se pencher sur la prévalence des ordonnances du tribunal d’un endroit à l’autre, évoque-t-elle.

Mme Neth observe par ailleurs que de manière générale, le travail des intervenants de Drummondville semble soumis à une tension plus aigüe que dans d’autres milieux.

«Je n’ai pas tout vu passer, mais une balle dans une vitre de char, des intervenants menacés, du monde qui se faisait suivre, des publications sur Facebook... tout ça j’en ai eu à Drummondville, puis j’en n’ai pas tant eu ailleurs.»

— Véronique Neth, présidente de l’APTS MCQ, qui représente les intervenants DPJ de la région.

Au Centre d’assistance et d’accompagnement aux plaintes - Mauricie et Centre-du-Québec (CAAP), on indique, sans s’avancer sur les causes, que la DPJ de Drummondville est l’objet de nombreuses insatisfactions de la part des usagers.

Les échos du terrain laissent entendre que les tensions qui agitent le réseau ne sont peut-être pas étrangères à l’engorgement apparent du système. Il ressort également qu’après avoir traité un certain nombre de plaintes, la CDPDJ a jugé bon étendre l’enquête déclenchée en mars dernier, dans la foulée d’allégation de parjure et de malveillance généralisée à la DPJ de Drummondville. La démarche revêt désormais un caractère systémique, a-t-on confirmé vendredi au Nouvelliste.

[Éditeur: l'appauvrissement de la population québécoise, via notamment l'inflation et l'immigration massive (record, en fait) engendre de la violence et des troubles sociaux. C'est connu et attendu... normalement.]

La CDPDJ demeure cependant discrète sur les modalités de ses investigations. Il semblerait toutefois qu’en plus de traiter les signalements qui lui sont faits, la Commission ait demandé d’examiner un important échantillon de dossiers pour étoffer ses constats. La dernière fois que la CDPDJ s’était penchée sur les activités de la DPJ dans la région, l’enquête s’était échelonnée sur une période de quatre ans, de janvier 2013 à décembre 2016.

S’il faut attendre de voir ce qui découle de l’enquête pour connaitre les recommandations qui pourraient être formulées, la CDPDJ note déjà dans ses publications qu’à «un phénomène de nature systémique, il faut proposer des solutions systémiques et structurelles».

Au tableau, et en marge de l’enquête, s’ajoute une modulation de services que le CIUSSS compte opérer dans le secteur jeunesse pour la période estivale. Les services touchés relèvent davantage d’interventions de nature préventive, mais soulèvent néanmoins l’indignation dans le milieu.

«Condamnés d’avance»

«Les intervenantes visées par l’enquête [de la CDPDJ] sont encore là, et les familles vivent du harcèlement», s’indigne Michelle Manseau, éducatrice spécialisée qui accompagne bénévolement les familles dans leurs démarches avec la DPJ en Mauricie et Centre-du-Québec. Elle constate que la culture organisationnelle qui prévaut à Drummondville contraste avec celle qui anime Trois-Rivières.

[Éditeur: ça, c'est une preuve que la DPJ cache quelque chose parce que sinon, elle aurait retiré les "intervenantes visées" des dossiers et même, de leurs postes, le temps de faire enquête. Et on se demande comment il se fait qu'une enquête n'était pas déjà en cours.]

Mme Manseau raconte qu’une famille qu’elle soutient dans ses démarches est en proie à des abus systématiques de la part d’une intervenante mal intentionnée. Il s’agirait de la même intervenante que dans le dossier de la petite Alice, dont l’histoire relatée par Le Nouvelliste avait eu des échos jusqu’à Québec et aurait mené la CDPDJ à ouvrir une enquête.

«Ils ont tout perdu, la garde de leurs enfants, leur travail. Ils essayent d’aller à Trois-Rivières, c’est là que leurs enfants sont placés, ils veulent sortir de leurs griffes, mais ils refusent de transférer leur dossier», dénonce Mme Manseau.

L’éducatrice spécialisée avance que de manières répétitives, la DPJ saisit la cour en urgence du dossier de la famille, court-circuitant ainsi l’occasion qu’elle aurait d’organiser sa cause et de prouver au juge qu’elle s’est reprise en main après une parenthèse plus difficile.

Encore vendredi après-midi, les parents recevaient une correspondance de l’équipe d’intervention de la DPJ. «Je vous relance à nouveau concernant l’importance de se parler de nouveau rapidement concernant [vos enfants]. Nous avons besoin de vous faire part de certains événements qui vont avoir un impact sur [eux]. Nous devons saisir le tribunal et si nous ne nous parlons pas, vous allez malheureusement être informés à cette date», les a-t-on avisés.

Pire, Michelle Manseau avance que le tribunal jeunesse de Drummondville paraît accorder systématiquement plus de poids aux thèses de la DPJ que de crédit à des familles qui tentent de faire valoir qu’elles sont aptes à prendre soin de leur progéniture.

[Éditeur: la DPJ agit dans un système d'injustice systémique et il faut se demander qui a avantage à ce qu'on tel système soit perpétué. L'enfant? Vraiment?]

Si la chose s’avérait, elle pourrait contribuer à expliquer le nombre disproportionné d’enfants pris en charge par la DPJ à Drummondville par rapport aux autres secteurs de la région. Pour les parents, la cause semble entendue. Et la motivation de certains de voir leur dossier transféré dans une juridiction voisine est d’autant plus grande, soutient Mme Manseau.

[Éditeur: c'est majeur et ça devrait engendrer une enquête interne de toutes les DPJ, au bas-mot et une exigence de transparence accrue pour éviter que ce genre de sale secret ne puisse prendre pied, nulle part, au Québec.]

Les propos de l’éducatrice spécialisée rejoignent les constats de la collègue chroniqueuse au Soleil, Mylène Moisan, qui a déjà relevé que «dans les coulisses des palais de justice, c’est un secret de Polichinelle, certains juges penchent presque toujours du même côté».

Au CIUSSS MCQ, on ne s’avance pas en pareille analyse. «Nous poursuivons nos démarches pour agir en amont et en prévention afin de diminuer la nécessité de recourir aux services de la DPJ. Notre priorité demeure le bien-être des enfants. Comme DPJ, il faut intervenir lorsque la sécurité et le développement d’un enfant sont compromis. Nos équipes sont soucieuses d’offrir les services pour bien soutenir les enfants et les familles de la région», écrit-on.

[Éditeur: essentiellement, le CIUSSS s'en lave les mains, c'est regrettable de voir un tel comportement de leur part. Ils se protègent, eux et non les enfants ou les parents qui se retrouvent dans les griffes de la DPJ.]

Notons ici que chaque publication du Nouvelliste sur le sujet donne lieu à une avalanche de témoignages, qui donne à penser que les intentions affichées par l’établissement sont accueillies avec un sourd bémol dans le milieu.



Source: Le Nouvelliste



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Véronique Neth, présidente de l'APTS Mauricie-Centre-du-Québec. (Stéphane Lessard, Archives Le Nouvelliste/Stéphane Lessard, Archives Le Nouvelliste)
Véronique Neth, présidente de l'APTS Mauricie-Centre-du-Québec. (Stéphane Lessard, Archives Le Nouvelliste/Stéphane Lessard, Archives Le Nouvelliste)
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Des familles aux prises avec la DPJ de Drummondville vivent du harcèlement, soutient Michelle Manseau, éducatrice spécialisée. (Sylvain Mayer/Le Nouvelliste)
Des familles aux prises avec la DPJ de Drummondville vivent du harcèlement, soutient Michelle Manseau, éducatrice spécialisée. (Sylvain Mayer/Le Nouvelliste)
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Claude Gélinas, Éditeur
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