Dire bonjour à grand-maman depuis le stationnement de sa résidence "sécuritaire"

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cgelinas
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"Tu iras attendre dans le stationnement avec les enfants et tu feras de beaux bye-bye pendant que je placerai grand-maman à la fenêtre pour qu'elle vous voit"...

Dit la personne proche-aidante qui a précédemment démontré être adéquatement protégée afin d’accéder à l’intérieur du milieu de vie ("RPA", "RI" ou "CHSLD").

Comment a-t-on pu en arriver là, au Québec?

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Ça s'est fait par étapes:

0. Dire aux personnes plus âgées de "se choisir", de "penser à elles", de "se gâter", d'arrêter de "penser aux enfants", de les "laisser vivre leur vie" et de se payer du luxe, lorsque possible -- ce qui a massivement profité aux fournisseurs alimentant ces narratifs;

1. convaincre autant de personnes âgées que possible que leur bonheur se trouve "en résidence" et non "à la maison", avec leurs enfants et leurs petits enfants qui "dérangent" la sérénité promise en "RPA", "RI" ou "CHSLD";

2. sous prétexte d'assurer une sécurité fiable, instaurer des mesures de contrôles des accès à quiconque veut visiter un résident âgé;

2.1. augmenter sans cesse les frais directs et indirects de la vie en résidence, question de satisfaire l'appétit des actionnaires des résidences, à Toronto ou à New York -- question de vider les REÉR et les caisses de retraites;

3. régimenter, segmenter et facturer de nombreux aspects d'une vie historiquement normale afin d'instaurer la normale du tout-facturable et donc, limiter l'accès à la vie, quitte à contraindre (au sens large) et à rendre inaccessible certains aspects de celle-ci;

3.1. s'assurer que l'argent familial n'aille plus dans la famille (ou alors, le moins possible) pour conserver le résident en dépendance perpétuelle des "extras", en résidence (clientèle largement captive, dans un circuit aussi fermé que possible);

3.2. bien connaître la clientèle pour facturer aussi cher que possible, à chaque occasion d'ajouter des "services" présentés comme indispensables;

4. faire peur grâce à une propagande d'État mondialiste soigneusement instaurée et entretenue;

5. utiliser la peur pour multiplier les limitations... pour "protéger" les résidents âgés -- tout en "traitant" quiconque désire les aider ou les fréquenter;


5.1. payer grassement les complices de la peur afin d'entretenir celle-ci;

6. comme en prison, les "proches aidants" qui veulent accéder à un être cher en résidence doivent se soumettre à des directives décrétées secrètement pour ensuite être imposées, de facto, à l'encontre de millions de personnes, en santé.

Comme au Québec, en ce moment, avec les "consignes sanitaires pour les personnes proches aidantes":

https://www.quebec.ca/sante/problemes-d ... sld-ri-rpa

7. donner l'impression que c'est-là une normale qui coule de source et qu'il n'existe aucune alternative -- normaliser l'oppression -- refermer le piège;

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Au final, les familles du Québec auront été nombreuses à faire des bye-bye à grand-manan, depuis le stationnement, pendant qu'elle pleure, de l'autre côté de sa fenêtre de chambre, en résidence.

Qui entendra le dernier soupir de ces être irremplaçables?

Sûrement pas la famille si elle doit rester à faire des bye-bye depuis le stationnement alors on peut imaginer une mort avec des préposés, une infirmière et peut-être même un médecin avec, occasionnellement, un "proche-aidant" adéquatement protégé (l'hypocrisie des mots utilisés par le gouvernement atteint des sommets).

Ça ressemble à la mort d'un prisonnier.

Seul et entouré de professionnels... pour sa "protection".

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Il y a heureusement encore des personnes âgées qui demeurent avec leurs enfants ou des "personnes significatives", pour eux qui arrivent à échapper à ce piège social sans âme.

À force de "protection", COVID ou autre, les personnes âgées se font graduellement asphyxier leur vie sociale, sous leurs yeux.

Certains comprennent et d'autres, non.

C'est bien beau parler à grand-maman au téléphone ou via une tablette mais ce n'est absolument pas comme la puissance de la proximité, du toucher et de l'expérience "en personne".

Même si c'est le COVID qui est présentement visé, c'est l'humain qui est atteint.

Alors c'est un peu comme ça qu'on se retrouve à voir des petits attroupements dans les stationnements de résidences.

Incroyable, non?

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Tout le monde voulait bien faire (sincèrement) mais là, on se retrouve avec un système inhumain.

Est-il encore possible de réorganiser nos vies pour réintégrer nos être chers dans nos "bulles familiales", hors des résidences?

Les personnes âgées elles-mêmes le voudraient-elles ou préféreraient-elles ce qu'elles assimilent à une "protection accrue" dans une résidence?

Socialement, nous n'avons absolument pas fait le tour de ces questions et de bien d'autres parce que par delà les procédures et les protocoles, il y a le facteur humain et à mon sens, il a été volontairement mis de côté, question de faire de la place pour une nouvelle normale qui ne fait qu'ajouter des murs entre les gens, avec des règles, des distanciations, des masques, des plexiglass, des contraventions et plus que tout, de la peur aussi toxique qu'endémique pour ceux qui l'intériorisent, question de justifier (personnellement et) socialement leur docilité.

--

En tant que créateurs, il nous faut considérer nos options.

C'est une personne âgée à la fois que les résidences se sont remplies.

C'est alors peut-être aussi une personne âgée à la fois qu'elles seront partiellement vidées.

Les riches actionnaires de nombreuses grandes résidences du Québec, souvent basées à Toronto, vont fulminer que leurs rivières de bénéfices s'amenuisent mais si grand-maman peut revoir ses petits enfants autrement qu'au loin, dans un stationnement, certains trouveront que ça en aura valu la peine.

Certaines résidences sont formidables et ce texte ne les vise pas, au premier chef. Loin de là, plusieurs administrations de résidences font de leur mieux mais le climat politico-sanitaire est devenu dystopique, au Québec, alors ce genre de constat est inévitable.

On se permet d'imaginer que des personnes incroyables, dans ces résidences, contribueront, à leur manière, à cultiver et à entretenir mille formes d'humanité qui auraient pu disparaître,, n'eut été de leurs choix.

Alors merci à tous ceux qui font avérer la vie.

--

En toutes choses, demeurons des créateurs et travaillons, individuellement et collectivement, à ne pas rester dans un rôle de victime.

Qui plus est, l'amour alimente la vie et l'absence d'amour, la mort.

Choisissons en conscience.





Source: Ma publication, dans Facebook





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