«Home exchange» avec son logement de fonction: le PQ retire la candidature de Vincent Marissal dans Taschereau

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cgelinas
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26 août 2026


La Commissaire à l'éthique et à la déontologie de l'Assemblée nationale du Québec ouvre une enquête


Le Parti Québécois retire la candidature de Vincent Marissal dans la circonscription de Taschereau. Notre Bureau parlementaire a appris que le député s’est servi de son logement de fonction à Québec pour faire du « home exchange » avec sa conjointe afin d’obtenir des hébergements à l’étranger.

L’actuel député de Rosemont et sa conjointe, Catherine Richer, affichaient le logement de l’avenue des Érables, dans le quartier Montcalm à Québec, sur la plateforme HomeExchange.

Une pratique qui contreviendrait au Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale. La Commissaire à l’éthique a d’ailleurs ouvert une enquête de son propre chef, a-t-on appris.

Notre Bureau parlementaire a pu confirmer ces informations grâce à des témoignages, des procès-verbaux de copropriété et des courriels.

L’information a été portée à l’attention du PQ.

Le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a décidé de retirer la candidature de M. Marissal.

« Selon toute vraisemblance, cette situation ne résiste pas à l’examen de notre code d’éthique comme élu, lequel nous interdit strictement de tirer un profit ou un avantage à même les allocations de l’Assemblée nationale », a-t-il écrit les réseaux sociaux.

« Dans ces circonstances, même si j’ai beaucoup de respect pour Vincent Marissal, je me dois appliquer les principes qui guident le Parti Québécois, sans jamais faire aucune exception, a-t-il ajouté. »

M. Marissal a pris la parole sur les réseaux sociaux mercredi soir pour indiquer « qu’il a offert toute sa collaboration » à la Commissaire à l’éthique.

Loué jusqu’à 10 fois par année

Vincent Marissal devait être candidat pour le Parti Québécois dans la circonscription de Taschereau, où se trouve son ancien logement.

L’appartement pouvait être loué jusqu’à dix fois par année, selon nos sources.

Le condo du quartier Montcalm a été acheté en 2019 au nom de l’épouse de Vincent Marissal pour 181 000 $.

Catherine Richer louait ensuite le logement à son mari.

Élu pour la première fois en 2018 dans la circonscription de Rosemont, à Montréal, M. Marissal utilisait l’appartement lors de ses séjours à Québec pour les travaux parlementaires.

Les frais étaient couverts par l’allocation de logement versée par l’Assemblée nationale.

Cette allocation, destinée aux députés dont la résidence principale se trouve à l’extérieur de la région de Québec, peut atteindre 21 000 $ par année.

Frictions avec la copropriété

Le couple ne procédait pas à des échanges de maison directement avec des familles européennes.

Selon nos informations, il utilisait plutôt le logement en échange de « guest points », accumulés grâce à l’hébergement de voyageurs, puis échangés contre des séjours ailleurs, notamment en Europe.

L’annonce indiquait que six personnes pouvaient dormir dans le 4 1/2, ce qui permettait d’accumuler davantage de points.

« Parfois, on voyait entrer jusqu’à dix personnes dans l’appartement », affirme une source qui a requis l’anonymat.

Nos sources soutiennent également que le député et sa conjointe ne s’impliquaient pas dans la vie de la copropriété.

La situation a fini par provoquer des tensions au sein de la copropriété de huit unités.

À l’été 2024, plusieurs copropriétaires ont ouvertement dénoncé la situation, évoquant notamment les déchets laissés dans les espaces communs, le va-et-vient constant des voyageurs, certains bris et le bruit.

À tel point qu’en février 2025, les copropriétaires ont adopté un règlement interdisant ce type de location.

Vente du condo

Déçu, le couple a vendu le condo pour 255 000 $ en juin 2025. Catherine Richer a ainsi réalisé un gain d’environ 75 000 $.

« Ensemble (...) ils s’en sont servis pour financer leurs voyages en Europe », dénonce une source proche du dossier.

Rappelons qu’en vertu de l’article 36 du Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale, « un député doit utiliser et permettre l’usage des biens de l’État, y compris des biens loués par l’État, pour des activités liées à l’exercice de sa charge de député ».

Mme Richer a racheté un condo dans le quartier Saint-Roch pour 330 000 $ en octobre 2025. Elle l’a revendu huit mois plus tard au prix de 355 000 $.

Notre Bureau parlementaire a tenté de joindre à de nombreuses reprises Vincent Marissal, par téléphone et messages textes, afin d’obtenir sa version des faits. Le député n’a pas répondu à nos demandes.



Source: Journal de Québec



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Claude Gélinas, Éditeur
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