Les Frères musulmans ont infiltré l’État canadien, conclut un rapport
Mercredi le 26 août 2026
Un rapport explosif décrit l’implantation de réseaux islamistes au cœur de l’État fédéral, du milieu associatif et des universités canadiennes. Il dénonce une stratégie d’influence bénéficiant de fonds publics et de la complaisance du pouvoir.
Ils seraient présents dans les couloirs de l’État, actifs dans les campagnes électorales et solidement implantés sur les campus. Au Canada, les réseaux idéologiquement liés aux Frères musulmans ne se contenteraient plus d’agir en périphérie du pouvoir: ils auraient progressivement investi ses institutions.
C’est du moins la conclusion d’un rapport de 200 pages publié par l’Institute for the Study of Global Antisemitism and Policy (ISGAP), un centre de recherche basé aux États-Unis reconnu pour ses prises de position en faveur d’Israël.
Intitulé «Assault on Democratic Values and Principles: How Islamist Entryism Weakens Civil Society and Higher Education in Canada», le document décrit une «stratégie transnationale structurée» visant à acquérir progressivement légitimité, financement public et influence politique.
Les auteurs parlent d’«entrisme»: une méthode consistant non pas à affronter directement les institutions occidentales, mais à les investir et à les influencer de l’intérieur.
Le Canada, soutient le rapport, offrirait un terrain particulièrement favorable en raison de son multiculturalisme officiel, de ses programmes «antiracistes» et de la réticence des autorités à examiner certains réseaux de peur d’être accusées d’islamophobie.
La fonction publique infiltrée?
L’un des chapitres les plus explosifs concerne le Muslim Federal Employees Network, un réseau interne créé en 2021 au sein de la police fédérale de la GRC et regroupant environ 70 fonctionnaires de différents ministères.
Selon des communications internes citées par l’ISGAP, ce réseau aurait fait circuler des documents encourageant l’adoption de perspectives palestiniennes dans la fonction publique.
Un guide destiné aux gestionnaires fédéraux recommandait par ailleurs de tenir compte de certaines prescriptions religieuses, notamment l’interdiction des contacts physiques entre hommes et femmes non apparentés, ainsi que des cinq prières quotidiennes, dont plusieurs peuvent avoir lieu pendant les heures de travail.
Le rapport souligne aussi le rôle joué par Amira Elghawaby, représentante spéciale du Canada chargée de la lutte contre l’islamophobie de 2023 à 2026.
Le bureau de cette représentante controversée serait intervenu auprès de sous-ministres, de l’Agence du revenu du Canada, du ministre de la Sécurité publique et du directeur du Service canadien du renseignement de sécurité afin de soutenir certaines demandes du réseau de fonctionnaires musulmans.
Pour l’ISGAP, ces démarches illustrent le passage de la défense de droits individuels à une forme de «mobilisation politique coordonnée» au sein même de l’appareil fédéral.
Des élections ciblées circonscription par circonscription
Le rapport se penche également sur l’organisation politique du vote musulman. Des groupes comme le Canadian Muslim Public Affairs Council (CMPAC) et The Canadian Muslim Vote auraient concentré leurs efforts sur 60 à 80 circonscriptions où l’électorat musulman pouvait dépasser la marge séparant les principaux candidats.
Pendant les élections fédérales de 2025, trois organisations se sont enregistrées comme tiers auprès d’Élections Canada. La campagne Vote Palestine a obtenu l’adhésion de 344 candidats du Parti libéral, du NPD, du Parti vert et du Bloc québécois.
Le cessez-le-feu à Gaza, la reconnaissance de «l’islamophobie» et l’abrogation de la loi québécoise sur la laïcité figuraient parmi les demandes mises de l’avant.
Un sondage commandé avant les élections par le CMPAC indiquait que 75% des musulmans interrogés considéraient la Palestine comme l’enjeu le plus important pour déterminer leur vote.
La Muslim Association of Canada au centre du réseau
La Muslim Association of Canada (MAC) occupe une place centrale dans le rapport. Cette organisation possède 23 centres communautaires, neuf écoles à temps plein, 20 écoles de fin de semaine et quatre garderies. Elle affirme servir plus de 55 000 personnes chaque semaine.
L’ISGAP soutient que la MAC se trouve «à l’intersection de tous les domaines examinés dans ce rapport». Ses anciens règlements internes rattachaient sa philosophie aux écrits d’Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans. Ces références auraient été supprimées en 2017, dans un contexte de surveillance réglementaire accrue.
Une lettre préliminaire de l’Agence du revenu du Canada datée de 2021 reprochait notamment à la MAC d’avoir favorisé la cause des Frères musulmans, considérée comme un objectif non déclaré et non caritatif.
L’ARC examinait aussi des ressources fournies à IRFAN-Canada, organisme inscrit en 2014 sur la liste canadienne des entités terroristes après avoir perdu son statut d’organisme de bienfaisance.
IRFAN-Canada aurait transféré 14,6 millions de dollars à des partenaires liés au Hamas. Le rapport précise cependant que la MAC n’a pas perdu son statut d’organisme de bienfaisance à la suite de la vérification.
La MAC rejette catégoriquement les conclusions de l’ISGAP. Dans une déclaration transmise à Fox News, elle qualifie le rapport de «ramassis de clichés islamophobes recyclés, déguisés en recherche».
La MAC affirme être une organisation canadienne «entièrement indépendante» et soutient que les interrogations préliminaires de l’ARC concernant d’éventuels liens avec les Frères musulmans n’ont pas été retenues dans les conclusions finales de la vérification.
L’argent du Qatar dans les universités
L’autre grand volet du rapport concerne l’influence du Qatar dans le milieu universitaire canadien. L’ISGAP documente des financements ou des partenariats touchant notamment les universités de Toronto, Waterloo et Toronto Metropolitan.
À Waterloo seulement, les investissements liés à l’État qatari dépasseraient 10,5 millions de dollars lorsqu’on additionne les projets de recherche et les étudiants financés par Doha.
Certains travaux portent sur les réseaux électriques intelligents, les infrastructures énergétiques, les communications sécurisées et d’autres domaines pouvant avoir un double usage civil et stratégique.
Le problème principal, selon les auteurs, réside dans l’opacité des contrats. Les conditions concernant la propriété intellectuelle, l’accès aux données, le transfert technologique et l’utilisation des résultats ne seraient généralement pas accessibles au public.
Le rapport dénonce aussi une «asymétrie»: certaines universités auraient remis en question ou abandonné des partenariats israéliens sous la pression de militants propalestiniens, tout en maintenant leurs relations financières avec des institutions qataries sans examen comparable. Deux poids deux mesures?
Ottawa invité à ouvrir une enquête
Au terme de son étude, l’ISGAP estime que la surveillance canadienne demeure «faible, incohérente et épisodique». Il recommande au gouvernement fédéral et au SCRS d’enquêter officiellement sur les réseaux associés aux Frères musulmans au Canada.
L’Institut réclame également un registre public du financement étranger dans les universités, un contrôle renforcé des organismes de bienfaisance et une vérification de sécurité nationale pour certaines collaborations scientifiques.
Ce nouveau document prolonge un premier rapport-choc de l’ISGAP présenté par Libre Média en juin 2025. Intitulée «We Stand on Guard for Thee?», cette précédente enquête accusait déjà Ottawa de financer des organisations liées aux Frères musulmans et à des réseaux associés au Hamas. Elle avertissait que le Canada risquait de devenir «un État soutenant indirectement le terrorisme».
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