La protectrice du citoyen plaide pour une révision immédiate du modèle des CHSLD

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cgelinas
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La protectrice du citoyen plaide pour une révision immédiate du modèle des CHSLD

Message par cgelinas »

23 novembre 2021


Le modèle des CHSLD est à revoir, «entièrement et dès maintenant», conclut la protectrice du citoyen, dans un rapport dévastateur sur la gestion gouvernementale de la première vague de la pandémie de COVID-19, dans ces centres d'hébergement et de soins de longue durée, au printemps 2020.

«Le statu quo est impensable», ce n'est tout simplement pas une option, estime Marie Rinfret, après avoir procédé à une analyse fouillée des causes ayant mené à l'hécatombe observée à ce moment-là dans les centres d'hébergement.

Le rapport spécial produit par le Protecteur du citoyen et déposé mardi à l'Assemblée nationale n'est pas tendre envers le gouvernement Legault et sa façon de gérer la crise sanitaire qui a déferlé dans les CHSLD en 2020, une crise qui a entraîné le décès de plusieurs milliers de citoyens âgés parmi les plus vulnérables de la société, souvent dans des conditions atroces.

Au début de la pandémie, les résidents et le personnel des CHSLD ont été littéralement laissés à eux-mêmes, sans ressources, sans moyens, sans directives claires, écrit en substance Mme Rinfret, dans son rapport final de 75 pages, qui inclut 27 recommandations formulées à l'intention du gouvernement. Un rapport d'étape avait été publié en décembre dernier.

«Il y a urgence de mettre en oeuvre des mesures concrètes, structurantes et durables pour assurer l'avenir des CHSLD», dit la protectrice.

Durant la première vague de la pandémie, soit entre février et juin 2020, la grande majorité (69 %) des personnes décédées de la COVID-19 au Québec vivaient en CHSLD, soit près de 4000 personnes.

On peut résumer ainsi la gestion du gouvernement dans les CHSLD à cette période, selon la protectrice: improvisation dans les décisions, confusion dans le recrutement de renforts et cafouillage dans l'application des directives.

Le portrait paraît d'autant plus troublant, constate-t-elle, quand on rappelle que les problèmes rencontrés alors étaient connus et documentés depuis des années. Et quand elle observe que la grande vulnérabilité au virus des résidents des CHSLD a été largement sous-estimée par les autorités.

Car en mars 2020, la COVID-19 «a pris d'assaut les CHSLD, y multipliant ses victimes dans des conditions révoltantes», malgré le fait que «les failles du système étaient connues bien avant la crise», observe Mme Rinfret, notant qu'à maintes reprises le Protecteur du citoyen avait publié des rapports multipliant les mises en garde, notamment sur le manque criant, chronique, de personnel dans ces établissements.

Avec la pandémie, cette pénurie de personnel, un problème «balayé sous le tapis» par Québec, n'a fait qu'aggraver les choses.

Toute une série d'autres facteurs (l'absentéisme du personnel, le manque d'équipements de protection, la vétusté des lieux, l'absence de connaissance des bonnes pratiques pour lutter contre les infections) ont contribué à aggraver la crise dans les CHSLD, ces «grands absents» des scénarios de planification. L'absence de gestionnaires sur place, dans les CHSLD, a ajouté un obstacle supplémentaire à l'application des consignes gouvernementales.

Au moment de planifier la réponse à la pandémie, le plan de match du gouvernement Legault était centré uniquement sur les hôpitaux, en vue de libérer 6000 lits, de manière à pouvoir accueillir des patients atteints de la COVID-19. Plusieurs personnes âgées qui étaient hospitalisées ont alors été transférées en CHSLD, des établissements qui n'étaient pas du tout équipés, ni préparés, pour gérer cette nouvelle clientèle fragile.

L'impact sur les CHSLD et leurs résidents de la stratégie gouvernementale n'a jamais été évalué, s'insurge Mme Rinfret. «Aucune analyse des risques adaptée au modèle d'hébergement québécois et à ses particularités n'a été réalisée. C'est ainsi que les CHSLD n'ont été pris en compte par aucun scénario» gouvernemental, se désole-t-elle.

Pour éviter qu'un tel scénario se reproduise, la protectrice revendique notamment l'adoption d'une politique visant à évaluer la gestion de risques reliés aux CHSLD, ainsi qu'un plan détaillé de mesures de prévention et de contrôle des infections dans ces lieux d'hébergement.

«La crise aiguë qui a frappé les CHSLD lors de la première vague de la pandémie a démontré, à travers un accablant portrait de situation, l'urgence d'humaniser à la fois les soins aux résidents et résidentes et les conditions de travail du personnel», peut-on lire dans le rapport intitulé «Cibler les causes de la crise, agir, se souvenir».

Mme Rinfret estime que le personnel des centres d'hébergement a vécu «de façon injuste et disproportionnée» les conséquences de «l'inaction des pouvoirs publics face aux lacunes dans les CHSLD».

À partir de là, la gravité de cette crise impose à la société québécoise un devoir de mémoire, conclut-elle, en proposant d'instaurer sur une base annuelle «des actes de commémoration» des morts de la COVID-19 en CHSLD.



Source: MSN / La Presse canadienne



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