Littoral Est: «C’est plus gros que le 3e lien et on n’en parle pas!»

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cgelinas
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Littoral Est: «C’est plus gros que le 3e lien et on n’en parle pas!»

Message par cgelinas »

27 juin 2021


«On parle de 12,5 milliards $ d’investissements prévus d’ici 2035. C’est plus gros que le 3e lien et le Réseau structurant de transport en commun et on n’en parle pas.»

Un gros projet est en cours dans le secteur Maizerets de Québec, dans le quartier de l’incinérateur municipal et de l’hôpital de l’Enfant-Jésus : la Zone d’innovation Littoral Est. Elle est inspirée par le Projet Saint-Laurent du gouvernement de François Legault. Il aimerait transformer la vallée du fleuve en une Silicon Valley francophone.

Selon le document de près de 200 pages expliquant sa vision, la Ville de Québec veut créer un nouveau pôle technologique où s’installeraient quelque 365 entreprises ainsi que des centres de recherche universitaires. Il est question de 15 000 emplois. On veut également faire de la place pour 14 400 résidents. L’échéancier ambitieux vise une réalisation en 2035.

À terme, les terrains et les bâtiments dessus auront une valeur estimée à 12,5 milliards $.

Un gros projet est en cours dans le secteur Maizerets de Québec, dans le quartier de l’incinérateur municipal et de l’hôpital de l’Enfant-Jésus: la Zone d’innovation Littoral Est.

Ça, c’est ce que l’on peut lire. Mais il y a peu d’informations qui filtrent sur l’état d’avancement du dossier, regrette la présidente du conseil de quartier Maizerets, Marie-Hélène Deshaies, en entrevue avec Le Soleil. Et il n’y aurait surtout aucune consultation auprès des citoyens à l’agenda.

À ses côtés, pour échanger sur cette zone d’innovation qui couvrira des centaines de milliers de mètres carrés : Simon Parent, architecte militant. Il est représentant de la Table citoyenne Littoral Est. La citation qui débute cet article est de lui. On voit qu’il veut nous secouer pour que nous nous intéressions à ce projet qui accaparera 15 «immenses» terrains appartenant aux citoyens de Québec, à la Ville.

«IL Y A DES GENS DANS LE COIN»

Marie-Hélène Deshaies a l’impression que Littoral Est est géré en catimini, dans les bureaux gouvernementaux, par des fonctionnaires et élus qui ne sollicitent pas l’opinion des citoyens.

«On nous dit d’attendre pour la consultation, mais les travaux sont en cours», s’inquiète-t-elle. «C’est comme si il n’y avait pas de gens qui vivent ici. […] Il y a des gens qui vivent dans le coin!»

Marie-Hélène Deshaies et Simon Parent voudraient discuter d’enjeux sociaux, d’accès au fleuve, de biodiversité. Ils aimeraient plaider pour plus d’espaces verts : «On est déjà fortement affecté par les industries dans le quartier.» Aussi pour que 50% des futurs logements à construire soient «abordables» ou «communautaires».

Au fil de la discussion, il a également été question d’une participation accrue des citoyens dans la gestion de la zone d’innovation. De transports actifs, de transport en commun également. Et d’agriculture urbaine.

Dés pipés

Mais, pour l’instant, Marie-Hélène Deshaies et Simon Parent ont l’impression que la mairie et le gouvernement de la Coalition avenir Québec ne voient que des terrains techno-industriels à développer.

«Ce qui est le cœur de l’enjeu, c’est la vocation des terrains», lance la première. «On va tout faire pour que ces terrains-là reviennent à la communauté locale», renchérit le second.

«C’EST UNE DÉPOSSESSION»

Les représentants du conseil de quartier et de la Table citoyenne Littoral Est sont suspicieux. Ils redoutent que les 15 grands terrains municipaux qui composeront la Zone d’innovation Littoral Est soient légués à des entreprises privées.

Dans le projet de la Ville, il est indiqué qu’un organisme sans but lucratif chapeautera Littoral Est. Ce sera la Maison de l’innovation. Celle-ci sera créée pour offrir des services aux entreprises de la zone. Elle sera financée par la Ville qui lui redonnera 50% des 28 millions $ qu’elle espère empocher à la vente de parcelles aux promoteurs immobiliers.

Le conseil d’administration sera dominé par les entreprises et les partenaires institutionnels avec 12 sièges. Les citoyens auront un siège. Ils en déduisent que les décisions quant à l’avenir des lots publics seront déléguées au «privé». «C’est comme une dépossession du secteur. On vend les terrains à des entreprises privées», évalue Simon Parent.

D’autres craintes

Nos deux interlocuteurs cultivent d’autres craintes à la lecture de la paperasse municipale. Notamment quand on indique que le futur quartier sera une «zone surveillée en continu». Ou quand on écrit qu’il sera un «laboratoire vivant (living lab) pour l’expérimentation et le déploiement des technologies 5G appliquées au milieu de vie».

Également quand on note qu’«un réseau de capteurs» pourrait être installé afin d’alimenter «des outils d’intelligence artificielle pour suivre les indicateurs environnementaux, de santé durable et de mobilité» dans Littoral Est.

Pour l’instant, Marie-Hélène Deshaies et Simon Parent ont l’impression que la mairie et le gouvernement de la Coalition avenir Québec ne voient que des terrains techno-industriels à développer.

QUÉBEC, VILLE RÉSILIENTE

Ce n’est pas la première fois que Simon Parent propose un concept d’aménagement pour le secteur de Maizerets-d’Estimauville. Nous l’avions rencontré en 2018. Il était finissant d’une «double maîtrise» en architecture et design urbain. Avec son confrère Charles Gosselin-Giguère, il avait présenté au Soleil un projet un peu fou : raser le grand rectangle industriel qui sépare le Vieux-Limoilou de Maizerets pour le remplacer pour un tout nouveau quartier.

À LIRE AUSSI: Et si on rasait un quartier industriel à Québec?

LES DEMANDES DU CONSEIL DE QUARTIER

Le 11 mai dernier, le conseil de quartier de Maizerets a adopté un résolution énonçant ses 6 «revendications citoyennes» dans le cadre du projet de Zone d’innovation Littoral Est.

  1. Mise en place d’un mécanisme concret et réel de gouvernance partagée avec les citoyen.nes pour le développement du Littoral Est;
  2. Mise en place d’un large corridor de biodiversité et de mobilité active sur les terrains du côté sud de La Canardière appartenant à la Ville (ou ceux en voie d’acquisition), du boulevard Henri-Bourassa jusqu’au viaduc des Capucins;
  3. Conversion des sites du garage municipal en OBNL géré par des citoyen.nes permettant la mise en place de projets autogérés (ateliers partagés et services de proximité selon l’inspiration du Bâtiment 7 à Montréal);
  4. Conversion de l’ancien dépôt à neige [d’Estimauville] en espace de régénération et d’accès universel au fleuve;
  5. Renforcement du réseau d’autonomie alimentaire par la conversion notamment et pas exclusivement [d’un des lots disponibles], et des terres des Sœurs de la Charité en zones d’agriculture urbaine de proximité et l’installation de serre sur le toit du garage municipal;
  6. Plan d’action visant la création de logements sociaux et abordables dans Maizerets comportant des objectifs précis et un échéancier défini afin de contrer les phénomènes de gentrification et d’éco-gentrification.

Afin d’atteindre ces objectifs, un moratoire immédiat sur la vente des 15 terrains doit être appliqué par la Ville de Québec.



Des informations supplémentaires sur la vision de la Ville sont disponibles dans le site Web municipal.

Les citoyens opposés à la vision de la Ville pour ce quartier ont également un site Web à découvrir.





Source: MSN / Le Soleil





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© Le Soleil, Patrice Laroche Marie-Hélène Deshaies a l’impression que Littoral Est est géré en catimini, dans les bureaux gouvernementaux, par des fonctionnaires et élus qui ne sollicitent pas l’opinion des citoyens.
© Le Soleil, Patrice Laroche Marie-Hélène Deshaies a l’impression que Littoral Est est géré en catimini, dans les bureaux gouvernementaux, par des fonctionnaires et élus qui ne sollicitent pas l’opinion des citoyens.
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Selon le document de près de 200 pages expliquant sa vision, la Ville de Québec veut créer un nouveau pôle technologique où s’installeraient quelque 365 entreprises ainsi que des centres de recherche universitaires.
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